Sécurité alimentaire : greniers alimentaires d’Entrepreneurs du Monde au Sénégal

Sécurité alimentaire : greniers alimentaires d’Entrepreneurs du Monde au Sénégal
Dans la région de Matam au Sénégal, l’insécurité alimentaire grandit. Sont en cause le réchauffement climatique qui affecte la capacité de production des agriculteurs et une croissance démographique des zones rurales. Avec le projet Fawrou Remobe, Entrepreneurs du Monde, avec le soutien de la Fondation Groupe EDF, lance une solution développée pour aider ces populations à mieux gérer leur stock de récolte. Elle est expérimentée sur la culture des oignons : la création de greniers alimentaires refroidis grâce à l’énergie solaire.


 

 

L’insécurité alimentaire, fléau en croissance en région sahélienne

 

72 % des ménages des zones rurales du Sénégal pratiquent l’agriculture et 50 % d’entre eux vit dans une situation d’insécurité alimentaire élevée ou de sécurité alimentaire limite. Ceci est dû aux conséquences du réchauffement climatique, notamment la hausse des températures et la courte durée des moussons, qui entraînent une réduction des récoltes. Les producteurs doivent se tourner vers des produits de rente (destinés à la vente), principalement l’oignon. Une fois à maturité, ils ne peuvent être conservés et sont commercialisés simultanément. Ce phénomène cause un effondrement annuel des prix et de larges pertes.

 

Une innovation 360° aux impacts économiques et écologiques

 

Entrepreneurs du Monde est une ONG qui, depuis 1998, accompagne des personnes vulnérables dans l’entrepreneuriat et l’accès à l’énergie dans une dizaine de pays. Depuis 2018, elle  renforce son appui aux agriculteurs en zone rurale. Elle a notamment élaboré cette solution de greniers permettant la conservation longue des oignons, pour les vendre quand les prix sont intéressants. Avec une large capacité de stockage, des coûts de construction réduits et un modèle économique viable, ils permettent d’assurer la pérennité du dispositif. Ils pourront maintenir jusqu'à 50 tonnes de récoltes dans l’obscurité et à température rafraîchie (25/28°C), de jour comme de nuit. Une entreprise sociale portera le dispositif localement et accompagnera en parallèle les producteurs dans le développement de leurs productions. Dans la région de Matam, cela représente 2 800 productrices qui cultivent pour leur subsistance et  4 320 producteurs d’oignon (hommes et femmes) membres de l’Association des Producteurs d’Oignons de la Vallée.

 

Ils seront formés aux pratiques d’agroécologie afin d’abandonner progressivement les produits chimiques, apprendre à reproduire eux-mêmes des semences paysannes et atteindre l’autonomie alimentaire. L’entreprise sociale veillera également de bénéficier  des meilleurs prix de vente des productions via un suivi constant des prix des marchés. Enfin, les bénéficiaires pourront accéder à des microcrédits pour financer les campagnes agricoles, la période de stockage et s’assurer des revenus tout au long de l’année.

 

Une expérimentation lancée en 2019 avec un premier grenier

 

Depuis mars 2018, les équipes d’Entrepreneurs du Monde travaillent à la conception du programme d’accompagnement et l’élaboration du modèle de grenier dont les innovations techniques ont notamment été développées avec le programme de Solidarité Internationale de la Fondation Groupe EDF. « On a pu bénéficier de l’appui d’équipes de R&D d’EDF qui sont spécialisées sur la thermique du bâtiment, qui sont des compétences très rares, se réjouit Eric Eustache, coordinateur du programme. Son rôle est de nous accompagner sur les questions de production d’énergie, de froid et d’instrumentation du bâtiment. »

 

Depuis quelques semaines, le premier grenier est construit et les 30 premières tonnes d’oignons sont stockées. « L’objectif c’est de garder le stock jusqu’à la fin du mois d’août et de le commercialiser à ce moment-là, explique Eustache. Cela va nous permettre de vérifier que les oignons sont en bon état et de négocier avec des grands commerçants. » Cette phase pilote s’étendra jusqu’à 2020. Le but sera ensuite de déployer le dispositif dans toute la région avec la construction de 30 greniers et toucher à terme près de 35 000 bénéficiaires indirects.




 

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