[LU] L’Observatoire des inégalités s’interroge sur l’égalité des chances

[LU] L’Observatoire des inégalités s’interroge sur l’égalité des chances
L’Observatoire des inégalités, dans le cadre de son rapport publié le 30 mai dernier, s’interroge sur la situation de l’éducation en France. « L’école amplifie-t-elle les inégalités ? », la question est posée et les conclusions peu encourageantes. Le système éducatif doit encore s’améliorer pour assurer l’égalité des chances.




1 enfant d’ouvrier sur 10 est étudiant

Si l’accès à l’enseignement supérieur se démocratise, ce dernier demeure très inégalitaire en fonction de l’origine sociale. Alors que 30 % des jeunes de 18 à 23 ans sont enfants d’ouvriers, seulement 11 % d’entre eux sont étudiants. Un déséquilibre significatif qui témoigne des inégalités à l’oeuvre dans l’enseignement supérieur. Ces dernières sont d’autant plus visibles au sein des filières d’excellence (écoles d’ingénieurs, écoles de commerces, classes préparatoires), qui restent très majoritairement composées d’enfants issus de cadres supérieures. Les CPGE atteignent près de 50 % d’élèves issus de milieux favorisés, contre seulement 7 % issus de familles d’ouvriers. Le rapport souligne notamment : « La part, dans les classes préparatoires aux grandes écoles, des enfants d'ouvriers et d’employés, n'a pas changé depuis la fin des années 1990. » Un constat alarmant qui met en lumière l’écart entre principes et réalités dès lors qu’on parle d’égalité des chances. 

 

La France : championne des inégalités ?

Les premières conclusions semblent être en défaveur de la France. Par ailleurs, la dernière enquête PISA, développée par l’OCDE et menée auprès des jeunes de 15 ans, faisait état d’un système éducatif parmi les plus inégalitaires. Un bilan à nuancer selon l’Observatoire des inégalités qui, s’il ne remet pas en cause les failles de ce dernier, veut aussi rappeler que l’école joue malgré tout son rôle. Son directeur, Louis Maurin, interrogé par Le Monde, mentionne ainsi : « Si l’on observe non pas les résultats mais les diplômes obtenus et le lien avec le milieu social des parents, notre pays est l’un de ceux où le décrochage scolaire est parmi les plus faibles. L’un de ceux, aussi, où les enfants de parents peu diplômés s’en sortent mieux que la moyenne. » Comment dès lors faire la part des choses entre ces différentes analyses ? À défaut d’un bilan unique, la comparaison des multiples études menées demeure une de solutions les plus fiables,  afin d’en décrypter les grandes tendances et de mieux appréhender les défis auxquels l’école est confrontée. 

 

Le secteur de l’intérêt général engagé pour l’égalité des chances

À défaut d’un remède miracle, les acteurs de l’intérêt général s’engagent au quotidien pour permettre l’égalité des chances. La Fondation égalité des Chances, dont Edgar Morin occupe la Présidence d’Honneur et née de l’initiative commune de 7 grandes entreprises françaises (Coca-Cola, HSBC, Total, Veolia…), finance de nombreux programmes destinés à encourager la mobilité sociale et à l’insertion des jeunes issus des zones les plus défavorisés. 43 internats de la réussite ont par exemple pu voir le jour grâce à ses subventions. La Fondation France Télévisions fait également de son cheval de bataille la lutte pour l’insertion des plus jeunes. Elle s’engageait  il y a peu à accompagner 10 nouveaux projets pour permettre à des jeunes défavorisés d’accéder au secteur du journalisme. Quant au monde associatif, lui-aussi offre des solutions. Prométhée Éducation agit ainsi au coeur des lycées pour guider les élèves dans leur orientation et pour favoriser l’accès aux Grandes Écoles, via des cours de soutien ou des dispositifs d’accompagnements personnalisés. Télémaque se veut quant à lui un programme visant à accompagner les jeunes élèves dans leurs choix d’orientation grâce à des professionnels qui leur parlent de leurs expériences et de leur métier. 

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