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Par RIVE NEUVE - Publié le 13 juillet 2022 - 09:03 - Mise à jour le 13 juillet 2022 - 09:03
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Yannick Servant (Convention des Entreprises pour le Climat) : « La transformation sincère des modèles d’affaires doit d’abord passer une transformation personnelle de chacun »

Portée par plus de 150 dirigeantes et dirigeantes, la Convention des Entreprises pour le Climat est née d’un constat : l’urgence climatique impose aux entreprises de concevoir et mettre en œuvre des solutions capables de réconcilier l’économie et l’écologie. Son cofondateur, Yannick Servant, revient sur cette initiative et ses enjeux.

Yannick Servant (Convention des Entreprises pour le Climat) : « La transformation sincère des modèles d’affaires doit d’abord passer une transformation personnelle de chacun ». Crédit photo : profil LinkedIn.
Yannick Servant (Convention des Entreprises pour le Climat) : « La transformation sincère des modèles d’affaires doit d’abord passer une transformation personnelle de chacun ». Crédit photo : profil LinkedIn.
  • Comment est née la Convention des Entreprises pour le Climat ?

 

C’est une initiative spontanée et privée, qui s’inspire directement de la Convention Citoyenne pour le Climat. Dans ses travaux, la Convention appelait le monde de l’entreprise à prendre toute sa part dans la transformation écologique. Cela nous a interpellé et avec un collectif de six personnes réuni autour d’Eric Duverger, nous avons décidé d’agir. Nous avons donc créé notre Convention en recrutant 150 dirigeants d’entreprises de toute la France, représentatifs de tous les secteurs, pour réfléchir ensemble à un nouveau modèle économique soutenable et régénératif. C’est un programme de 12 jours répartis sur 10 mois, qui alterne des plénières où interviennent des experts scientifiques et économiques et des sessions de travail en sous-groupe.

 

  • Comment sensibilisez-vous les chefs d’entreprise aux enjeux climatiques ?

 

La plupart des dirigeants de cette première session étaient déjà sensibilisés aux sujets. Et pourtant, même pour eux, la première session, consacrée à l’impasse de notre modèle de développement a fait l’effet d’une vraie « claque environnementale ». Notre conviction, c’est que la transformation sincère des modèles d’affaires doit d’abord passer une transformation personnelle de chacun. Il faut ressentir cette urgence dans ses tripes et en comprendre pleinement les enjeux avant de pouvoir agir.

 

  • Justement, comment agir ?

 

Nous n’avons pas encore toutes les réponses, mais nous savons que ce sera difficile, complexe et parfois douloureux. Mais c’est la seule voie possible. Pour nous, tout l’enjeu est de remettre des perspectives désirables, de rendre ce défi « attractif ». Il faut sortir de l’opposition binaire « amish contre techno-solutionnistes ». Nous avons en ce moment 150 entreprises qui réfléchissent chacune à leur feuille de route opérationnelle. À partir de ce travail, nous ferons rapidement des recommandations qui pourront être déployées par tous.

 

  • Les entreprises, seules, peuvent-elles réussir à relever le défi climatique ?

 

Les entreprises ont toute leur part à prendre, mais elles doivent être soutenues par le politique. D’ailleurs, dès le lancement de l’association, nous avons souhaité travailler en co-construction avec les pouvoirs publics. En septembre, à l’issue de la première session de la Convention, nous remettrons officiellement une plateforme de propositions. Nous en avons déjà partagé certaines : former correctement les décideurs aux enjeux climatiques, changer les règles comptables pour inclure les externalités négatives, mettre en place un plan de transition ambitieux pour l’emploi.

  • Comment envisagez-vous les prochains mois ? Êtes-vous optimiste pour la suite ?

 

Au niveau de la Convention des Entreprises pour le Climat, il y a une énergie et une envie d’agir incroyables ! Des conventions vont se déployer en régions dans les prochains mois, et nous travaillons sur une CEC européenne, car c’est la bonne échelle pour faire évoluer les réglementations.

Maintenant, l’enjeu c’est d’aller vite pour toucher les bonnes personnes et atteindre la masse critique qui fera bouger les lignes. Il reste énormément de chemin à parcourir, mais quand je vois tout ce que nous avons déjà réalisé en 18 mois, je me dis que rien n’est impossible.

 

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