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[Lauriers 2016] Des adolescentes créent un club de hip hop dans les Hautes Alpes

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HandiDon, le jeu solidaire organisé par l'Association des Paralysés de France

HandiDon, le jeu solidaire organisé par l'Association des Paralysés de France

Appel à projets de la Fondation Groupama pour encourager l’innovation sociale

Appel à projets de la Fondation Groupama pour encourager l’innovation sociale

 [ENTRETIEN] T. de Saint Simon, communication & développement durable Aviva

[ENTRETIEN] T. de Saint Simon, communication & développement durable Aviva

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

Frédéric Rouzaud récompensé par le Prix Montblanc des Arts et de la Culture

Frédéric Rouzaud récompensé par le Prix Montblanc des Arts et de la Culture

Mercredi 14 septembre, le Prix Montblanc des Arts et de la Culture fêtait ses 25 ans. Pour cette édition spéciale, le lauréat français était Frédéric Rouzaud PDG de Louis Roederer et président de la Fondation Louis Roederer.

L’engagement de la Maison Louis Roederer pour le création artistique est depuis longtemps réputé. Nommée Grand Mécène de la Culture et portée par Frédéric Rouzaud, la Maison se dote d’une fondation en 2011 qui, depuis, poursuit sa politique de mécénat. 

La Fondation Louis Roederer soutient les artistes confirmés et émergeants comme les grandes institutions culturelles (partenaire des expositions Seydou Keïta au Grand Palais, Jean-Michel Alberola et Michel Houellebecq au Palais de Tokyo, ou encore Richard Avedon à la Bibliothèque nationale de France) mais également des festivals ou évènements culturels (Planche(s) Contact à Deauville et le Festival International d’art lyrique d’Aix-en-Provence). La fondation a également maintenu la Bourse de recherche pour la photographie mise en place en 2004 en partenariat avec la BnF. À travers le prix décerné à Frédéric Rouzaud, c’est l’engagement de la Fondation Louis Roederer qui est récompensé.

Le Prix Montblanc pour les Arts et la Culture est décerné chaque année à 12 mécènes et personnalités de tous horizons impliqués de manière significative dans la promotion de la culture et la création artistique. Cette année, le prix a été décerné dans 16 pays : Brésil, Chine, Colombie, France, Allemagne, Grèce, Italie, Japon, Corée du Sud, Mexique, Russie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni, États-Unis et même Hong Kong. Pour cette édition, le prix était placé sous le « patronage » de Peggy Guggenheim, figure emblématique du collectionneur mécène du 20è siècle.

 

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[ENTRETIEN] T. de Saint Simon, communication & développement durable Aviva

 [ENTRETIEN] T. de Saint Simon, communication & développement durable Aviva

À 34 ans Thibault de Saint Simon est déjà un spécialiste de la stratégie de développement durable des entreprises. En une dizaine d’années,  il a su engager le groupe Aviva en France comme en Europe dans une vraie démarche de responsabilité sociale désormais intégrée à la communication globale de l’entreprise.

Comment êtes-vous arrivé à la fonction que vous occupez aujourd’hui ?

La fondation Aviva m’a offert en 2007 mon premier job exercé en alternance dans le cadre d’un Master II à Dauphine. Il s’agissait d’un travail opérationnel de responsable du développement durable en lien avec le comité exécutif du groupe. J’assurais les relations avec les associations et j’apportais mon aide aux opérations « Coup de pouce » alors montées par la fondation pour venir en aide aux personnes les plus fragilisées, enfants et personnes âgées. Puis la responsabilité sociale des entreprises (RSE ou CSA en anglais) devenant un sujet de plus en plus important, la maison mère de Londres m’a demandé de structurer toutes les initiatives de la fondation, mais aussi de l’entreprise dans le domaine du développement durable permettant au groupe de devenir un assureur responsable. Et ce dans tous les métiers du groupe amenant par exemple à proposer une tarification allégée aux détenteurs de voitures hybrides ou aux détenteurs de cartes de transport en commun. Mon rôle consistait surtout à structurer le sujet pour embarquer l’entreprise dans la démarche, mais aussi sensibiliser le top management. Nous avons vite progressé si bien  qu’il m’a été demandé en 2009 de développer en Europe ce qui avait été fait en France. J’ai alors intégré les équipes de communication du Groupe Aviva plc pour définir et mettre en oeuvre la stratégie de développement durable d’Aviva en Europe. Il s’agissait de trouver un équilibre entre les objectifs de développement durable et les enjeux locaux. Je travaillais un peu comme un consultant interne avec un rôle proche d’un directeur de la communication y compris auprès des dirigeants. Car le rôle d’un responsable du développement durable est d’influencer en interne. Le challenge de ces trois dernières années se situait aussi au niveau des relations presse et de la communication externe qui constitue une porte d’entrée plus légitime auprès des dirigeants. Je suis donc particulièrement heureux d’avoir été nommé directeur de la communication et du développement durable d’Aviva France en juillet dernier. En lien direct avec le directeur général Nicolas Schimel.

 

Comment se matérialise l’engagement sociétal d’Aviva France

Un des positionnements importants dans la démarche citoyenne d’Aviva est qu’une politique de développement durable est pertinente seulement si elle nourrit le business de l’entreprise. Notre groupe est un assureur généraliste qui exerce son activité aussi bien dans le domaine de l’assurance-dommage, que celui de l’assurance-vie ou encore de l’assurance santé. Mais en créant la Fabrique Aviva, nous avons souhaité choisir un axe prioritaire, celui des entrepreneurs, en particulier ceux ayant une capacité à innover dans la sphère citoyenne. Elle offre une aide de 1 million d’euros aux bonnes idées entrepreneuriales répondant à l’un des quatre enjeux de société: soutenir l’emploi, renforcer le lien social, protéger l’environnement, agir pour une santé durable. Plus de 1 000 entreprises ont posé leur candidature afin de recevoir une aide allant de 5000 à 50 000 euros. À l’issue d’un vote des internautes, 200 projets sont arrivés en finale et 64 ont été retenus par un jury d’experts. L’opération est menée en partenariat avec le Mouvement des entrepreneurs sociaux.

Nous avons aussi été le premier assureur à développer un fonds d’investissement AIIF (Aviva Impact Investing France) ayant pour but le financement d’entrepreneurs dont l’activité a un impact économique et social. Il a été doté de 10 millions d’euros en 2014 et de 30 millions aujourd’hui destinés à une vingtaine d’entreprises. En bénéficient des entreprises d’insertion comme La Varappe, mais aussi Phenix qui donne une deuxième vie aux produits invendus alimentaires ou non, ou encore l’ ALYL spécialisée dans la sécurité incendie qui emploie 14 salariés tous au chômage auparavant.

 

Quel regard portez-vous sur l’ évolution de l’engagement sociétal des entreprises ?

Le développement durable est devenu un enjeu incontournable en partie grâce à la société civile et les consommateurs devenus « consommacteurs ». Pour eux les produits et services porteurs de sens sont devenus un vrai critère de choix.

Le développement durable est aussi devenu une vraie source d’inspiration pour l’innovation, car il est à la croisée des enjeux numériques, des enjeux de société et des enjeux d’un business pertinent. L’entreprise qui veut avoir de la visibilité à long terme doit penser à long terme.

L’engagement sociétal concerne aussi l’engagement interne. Il est un sujet d’attractivité, mais aussi de rétention des talents. Ce sont de vrais sujets aujourd’hui. Les élèves sortant des grandes écoles à la génération précédente visaient les grandes entreprises où se faisaient les belles carrières. Aujourd’hui, ils se lancent bien plus souvent dans l’entrepreneuriat, car ils ne sont plus à la recherche d’une « étiquette », mais d’un véritable épanouissement professionnel.

HandiDon, le jeu solidaire organisé par l'Association des Paralysés de France

HandiDon, le jeu solidaire organisé par l'Association des Paralysés de France

L'Association des Paralysés de France (APF) lance une nouvelle édition du HandiDon, un jeu solidaire qui permet de venir en aide aux handicapés moteurs et aux aidants. Pour cette 3e édition parrainée par le présentateur Thierry Beccaro, l’association bénéficie du soutien de PriceMinister.

Une initiative solidaire soutenue par des partenaires de renommée

Depuis le 1er septembre et jusqu’au 1er décembre, l'Association des Paralysés de France a officiellement lancé son troisième HandiDon, un jeu solidaire qui permet de récolter des dons destinés à soutenir les handicapés moteur et leur famille. L’édition 2016  est parrainée par Thierry Beccaro et Charles Rozy, champion paralympique de natation.PriceMinister a également tenu à apporter sa pierre à l’édifice en ouvrant une « Super Boutique », une plateforme qui héberge le jeu en ligne.

Comment participer au HandiDon ?

Pour participer, il suffit de se rendre sur www.handidon.fr et d’acheter un ou plusieurs tickets-dons dont la valeur varie entre 2 et 100 euros. Après avoir acheté ses tickets, chaque donateur reçoit un numéro-chance. Il lui permettra de participer à un tirage au sort qui aura lieu en décembre prochain. Tous les dons seront directement reversés à l'Association des Paralysés de France. Ils serviront à financer des actions de proximité, des campagnes de sensibilisation et d’autres initiatives (accès à l’emploi, activités diverses…). Plusieurs prix seront remis aux numéros gagnants dont une voiture, un vélo électrique, plusieurs séjours et des smartphones. Les tickets sont disponibles à l’unité ou par carnets de dix unités. Les numéros sont ensuite envoyés par email.

 

Crédit photo : PriceMinister

[CARENEWS INSIDE] Laurent Terrisse, Limite et le Mécènes Forum de l'Admical

[CARENEWS INSIDE] Laurent Terrisse, Limite et le Mécènes Forum de l'Admical

Appel à projets de la Fondation Groupama pour encourager l’innovation sociale

Appel à projets de la Fondation Groupama pour encourager l’innovation sociale

La Fondation Groupama lance un appel à projets pour soutenir financièrement les organisations qui mènent des actions en faveur des personnes atteintes de maladies rares et de leur entourage. Le lauréat se verra remettre une enveloppe de 20 000 €. Les candidats ont jusqu’au 16 octobre pour envoyer leur dossier.

Objectif et critères d’éligibilité

Le Prix de l’Innovation Sociale créé par la Fondation Groupama a pour objectif de venir en aide aux structures qui mettent en place des projets destinés aux personnes qui souffrent d’une maladie rare et à leur famille. Pour être retenus, les projets doivent cibler une maladie rare reconnue par l’OMS. Ils doivent contribuer à l’accès à l’emploi des malades, à la lutte contre l’isolement ou au tissage de liens sociaux. Les participants doivent être en mesure de justifier leur existence en France métropolitaine. D’autres critères seront pris en considération par le jury composé de représentants de Groupama et du milieu associatif, notamment la viabilité du projet, son évaluation et sa mise en œuvre.

Modalités

Les porteurs de projet ont jusqu’au 16 octobre (minuit) pour soumettre leur proposition en ligne. Le jury procédera à une première sélection. Le lauréat sera désigné lors du Conseil d’administration de fin d’année et rendu public en décembre prochain. Le Prix de l’Innovation sociale sera décerné le 23 février 2017, dans le cadre de la cérémonie annuelle de la Fondation Groupama pour la santé. Si vous désirez un complément d’information avant d’envoyer votre candidature, vous pouvez vous adresser par courrier électronique à la Fondation Groupama à l’adresse suivante : info@fondation-groupama.com.

[MERCREDI EN IMAGE] Mécénat culturel : Sodexo soutiendra la Nuit Blanche à Paris

[MERCREDI EN IMAGE] Mécénat culturel : Sodexo soutiendra la Nuit Blanche à Paris

Sodexo a signé un partenariat avec la Mairie de Paris pour accueillir plusieurs évènements et permettre aux visiteurs de naviguer gratuitement sur la Seine lors de l’édition 2016 de la Nuit Blanche à Paris, qui aura lieu le 1er octobre prochain.

Un mécène d’exception à la hauteur de l’évènement

La 15ème édition de Nuit Blanche, qui sera organisée à Paris le 1er octobre prochain, promet d’être longue. Cette année, la Mairie de Paris comptera sur un partenaire de poids, Sodexo. Le groupe accueillera deux évènements presse et soutiendra « Allégorie du monde marin », un spectacle visuel et sonore créé par l’artiste britannique Oliver Beer qui se tiendra sous le Pont des Arts. Les Parisiens auront le privilège d’apprécier cette œuvre depuis la Seine sans débourser le moindre centime. En effet, le service Batobus sera exceptionnellement ouvert jusqu’à 5 heures du matin, gratuitement. Par ailleurs, les bateaux Sports et Loisirs de Sodexo participeront à la parade fluviale.

Sodexo souhaite asseoir sa domination sur la Seine

A travers ce partenariat, Sodexo cherche à conforter sa place de leader. Le groupe domine actuellement les activités fluviales touristiques et évènementielles sur le fleuve parisien, s’adjugeant près de 60 % des parts de marché. Avec ses marques glamour telles que Les Bateaux Parisiens, les Yachts de Paris et Le Lido, Sodexo est omniprésent dans la capitale. Le groupe mise non seulement sur le mécénat culturel, mais aussi sur les évènements sportifs internationaux comme le Tour de France ou Roland-Garros.

La salle du Jeu de Paume du château de Fontainebleau menacée

La salle du Jeu de Paume du château de Fontainebleau menacée

Sport royal aujourd’hui oublié, le Jeu de Paume réunit tout de même toujours des adeptes et pas n’importe où, dans la mythique salle dédiée au jeu du château de Fontainebleau. Construite en 1601 et ayant eu plusieurs vies, la salle a aujourd’hui besoin d’un coup de jeune.

Son sol a été foulé par les plus grands monarques français depuis Henri IV, par les blessés de la Première Guerre Mondiale et de grands compositeurs du XXè siècle, la salle du jeu de paume a retrouvé son usage originel depuis 1990. Réouverte et portée par des passionnés, elle est aujourd’hui le théâtre de compétitions nationales et internationales.

Seulement, quatre siècles d’exploitation en tout genre laissent des traces et des travaux de restauration sont nécessaires pour les murs et le sol qui n’a pas été rénové depuis 15 ans. Eric Delloye, maître paumier, est un peu l’ambassadeur de cette salle historique et se bat pour qu’elle retrouve son éclat. 

Grâce à l’association Le cercle du jeu de paume de Fontainebleau, des fonds ont déjà pu être levés pour rénover les murs de la galerie mais pas suffisamment pour couvrir le coût des travaux. Ce coût se retrouve d’ailleurs majoré du fait que la salle soit située dans l’enceinte du château de Fontainebleau car cela nécessite l’intervention d’artisans spécialisés en bâtiments de France.

Tout autant que le château, la salle de Jeu de Paume de Fontainebleau est un morceau du patrimoine français et il est tout aussi important de la sauvegarder. Une campagne de dons à été lancée par la Fondation du Patrimoine afin que les balles des paumiers de tout le pays et d’ailleurs puissent continuer de résonner dans ce lieu chargé d’Histoire.

 

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L’association ATD Quart Monde lance deux nouveaux mécanismes de financement

L’association ATD Quart Monde lance deux nouveaux mécanismes de financement

ATD Quart Monde vient de déployer le livret et la carte Agir, deux outils bancaires solidaires qui facilitent la réalisation de dons pour soutenir les actions de l’association. La mise en place de ces deux nouveaux produits a été rendue possible grâce à un partenariat avec le Crédit Coopératif.

Un compte sur livret et une carte bancaire solidaires

Il existe plusieurs façons de faire preuve de générosité et d’encourager la réalisation de dons. L’association ATD Quart Monde dispose désormais de deux nouveaux produits, le livret et la carte Agir. Le premier est un livret qui prélève tous les ans la moitié des intérêts et la reverse automatiquement à l’association sous forme de don.  Le deuxième est une carte Visa qui prélève entre 5 et 12 centimes d’euros à chaque retrait et les reverse à l’association sous forme de micro-don. Ces deux formes particulières de financement sont facilitées par le Crédit Coopératif, qui a signé une convention de partenariat avec ATD Quart Monde. Toutes les sommes reversées sous forme de dons bénéficient d’une réduction d’impôts. Les clients intéressés peuvent acquérir ces produits dans les agences du Crédit Coopératif.

ATD Quart Monde, 60 ans de lutte contre la pauvreté

Créée en 1957, ATD Quart Monde œuvre depuis près de 60 ans en faveur des populations défavorisées afin de lutter contre la pauvreté. Elle agit directement sur le terrain, auprès des institutions et du grand public à travers des campagnes de sensibilisation. L’association est aujourd’hui présente dans plus de 30 pays.

[ Dis Flavie ] C’est quoi les contrats à impact social (social impact bonds) ?

[ Dis Flavie ] C’est quoi les contrats à impact social (social impact bonds) ?

Au printemps dernier, un nouveau format d’engagement a intégré le monde de l’intérêt général. Entre le mécénat et l’investissement, les contrats à impact social viennent de vivre leurs premiers mois en France. Ces financements d’un nouveau genre sont le pendant des social impact bonds anglo-saxons qui sont basés sur le payement (ou remboursement) en fonction des résultats obtenus. Des besoins de la société sont traités par des acteurs sociaux avec des fonds qui viennent d’investisseurs privés. Ils seront remboursés par l’État (avec une prime) en cas de succès.

C’est en mars 2016 que Martine Pinville, secrétaire d'État chargée de l'économie sociale et solidaire a annoncé la création de contrats à impact social. Il s’agit, pour des investisseurs privés, de financer des programmes sociaux et, en cas de succès, d’être remboursés par l’État. L’exemple choisi sur le site dédié est parlant : « Un contrat peut porter par exemple sur un programme d’accompagnement de mères célibataires en difficultés ou de réduction du taux de récidive de détenus à leur sortie de prison. » Pour l’État, l’avantage est clair : ne plus avancer les fonds et pousser les acteurs sociaux au succès via l’accompagnement d’un investisseur qui perdra sa mise en cas d’échec. Pour l’instant, la prudence est de mise, « il est probable que les projets de taille modeste et économes soient les plus fréquemment retenus » précise le site.

Les étapes des contrats à impact social sont simples. Un besoin social est identifié (par les acteurs sociaux ou les autorités publiques). Un acteur social propose une solution. Les investisseurs privés financent le programme. Un évaluateur indépendant rend un rapport de mesure. En cas de succès, l’État rembourse les financeurs, qui reçoivent en plus une prime.

Afin d’encadrer cette pratique novatrice, un appel à projets est mis en place en continu jusqu’en janvier 2017, pour l’instant. C’est l’État qui choisit les projets et qui encadre ce dispositif tri partite. Les contrats à impact social font appel à des évaluateurs externes en déterminants en amont les critères de réussite du projet.  Il n’y a, pour l’instant, pas de certifications de ces évaluateurs.

On peut y avoir des dangers et des limites dans l’énoncé. Celui d’une privatisation des projets associatifs, dénoncée entre autres par Loi 1901. Et plus généralement, un risque inhérent au mécénat, à l’investissement social ou à l’engagement dit d’impact, celui du choix des projets soutenus et de la partialité de ces bailleurs d’un nouveau genre. Le risque du « on ne prête qu’aux riches », et donc de laisser de côté des projets intéressants, mais peu ou moins rentables est également évoqué.

De manière plus globale, le champ du non-lucratif est de plus en plus associé à l’évaluation, à l’impact et à la performance. Et si impact social et « mécénat performant » ne sont plus des oxymores, faisant profiter l’intérêt général de l’efficacité de l’entreprise ; ces expressions et dispositifs interrogent en se multipliant les modalités théoriques et fiscales, bien souvent dépendantes du caractère désintéressé du mécénat. Avec les contrats à impact social, la prime de réussite (incitative) introduit la lucrativité.  Ces innovations de cas comme de vocabulaire offrent de concrètes pistes de réflexion sur le renouveau de l’engagement des entreprises et sur les relations entre le public et le privé. On pourrait même, devant les contradictions soulevées par le dynamisme du secteur et par les projets qui parfois bousculent la théorie, porter nos interrogations vers une refonte du système juridique et fiscal de la philanthropie en général…

Boris Mittermüller et l'engagement de Foodora auprès des Restos du cœur

Boris Mittermüller et l'engagement de Foodora auprès des Restos du cœur

Comme Carenews vous l’a annoncé, depuis le 4 septembre, et jusqu’au 2 octobre 2016, Foodora mène une action de solidarité au profit des Restos du Cœur. Foodtech présente dans de nombreux pays (Australie, Autriche, Canada, Finlande, Allemagne, Italie, Norvège, Suède, Pays-Bas), la plateforme de livraison de repas à domicile à destination des particuliers et des entreprises est implantée en France à Paris, Lyon et Bordeaux. « En septembre, Foodora roule pour les restos du cœur » est le nom de cette opération de solidarité qui se déroule sur Paris. Pour chaque kilomètre pédalé par ses livreurs - qui porteront un brassard aux couleurs des Restos du Cœur -, un euro sera reversé aux Restos du Cœur, soit l’équivalent d’un repas offert. De plus, les clients peuvent également décider de faire don d’un euro complémentaire aux Restos du Cœur, en validant leur commande sur le site ou l’application de Foodora, grâce à l’installation d’un bouton spécifique. L’opération permet ainsi aux Restos du Cœur de faire face au ralentissement saisonnier de ses ressources pendant l’été et la rentrée.

Boris Mittermüller, directeur général de Foodora, est un habitué des projets généreux puisqu’il a déjà développé un projet avec l'Ordre de Malte en Allemagne lors de son poste précédent au sein du cabinet Mac Kinsey. Il souhaite que ce partenariat solidaire au profit des Restos du Cœur, qui se déroule pendant un mois sur Paris, se pérennise et se développe dans les autres villes de France où Foodora est présente. Boris Mittermüller a accepté de répondre à nos questions et d’exposer à Carenews les dessous de cet engagement solidaire.

Carenews : Comment vous est venue l’idée de cette action solidaire auprès des Restos du Coeur ?

Boris Mittermüller : J’adore le cyclisme. En m’entraînant l’été dernier, j’ai observé que les plus démunis sont souvent oubliés pendant la période estivale. J’ai eu l’idée qu’il y avait quelque chose à faire entre notre service de livraison et une association caritative. Et j’ai immédiatement pensé aux Restos du Cœur. C’est une institution qui colle très bien avec notre activité et ils font face à cette période creuse dans leur récolte de fonds. Nous nous adressons à des clients qui, justement, peuvent payer les repas qu’ils commandent chez nous : ce qui est beau, c’est de partager un peu de notre succès. J’ai soumis l’idée à mon équipe qui a adhéré aussitôt. »

Carenews : Comment avez-vous conçu puis mis en œuvre le projet ? Avez-vous fait appel à des prestataires externes (agences de conseil, de communication) ?

BM : Le projet a été entièrement développé en interne, à l’exception du recours à une agence de relations presse pour les communiqués de presse. C’est l'équipe de Foodora qui a travaillé sur ce projet le week-end et le soir en plus des horaires de travail : toute l’équipe a porté le projet. Tous les départements de notre start-up ont été impliqués : marketing, opérations (gestion des coursiers), sales, account management, … Les aspects techniques sur notre site ont été pris en charge par nos développeurs à Berlin. Nous avons voulu mettre en place une mécanique très simple : 1 km pédalé par nos coursiers = 1 euro = 1 repas distribué par les Restos du Cœur. Un mois nous semblait la période adéquate pour une phase de test, mais si nous rééditons l’opération, nous la proposerons certainement plus en juin ou en début d’été.

Carenews : Quel a été le process avec l’association bénéficiaire ? Les Restos du Cœur se sont-ils impliqués dans le projet ?

BM : Nous avons soumis le projet aux Restos du Cœur il y a un an. Nous sommes très fiers qu’ils l’aient accepté, car ils reçoivent et refusent beaucoup de propositions. Le projet était bien ficelé quand nous sommes allés leur présenter, avec l’idée de base du « 1km = 1 euro » et la mobilisation de nos investisseurs et de nos coursiers. Ce sont eux qui nous ont incités à élargir cette implication à l’ensemble de notre écosystème en incluant les clients puis les restaurateurs : c’était une très belle idée de leur part. Ils nous ont aussi guidés et conseillés sur les procédures en interne et les contraintes à respecter pour passer les étapes de validation de notre projet et nous avons rédigé les communiqués de presse ensemble.

Carenews : Quels sont les objectifs que Foodora a fixés pour cette action ?

BM : Nous avons deux objectifs. D’abord, l’enjeu principal est de parvenir à lever des fonds pour les Restos du Cœur à un moment creux de l’année.  Notre objectif est de pouvoir distribuer 30 000 repas, mais nous espérons le dépasser. Ensuite, l’objectif pour Foodora était de parvenir à mobiliser tout notre écosystème : les investisseurs (avec le 1km = 1 euro), les coursiers (qui portent les brassards de l’opération et qui pédalent), les clients (avec le bouton de don direct) et les restaurateurs, que nous impliquerons encore davantage sur une prochaine édition.

Carenews : Est-ce que ce type d’opération est courant dans votre secteur ?

BM : On peut dire que c’est assez novateur pour une start-up de mettre en place ce type d’opération solidaire. On voit davantage cela pour les entreprises du CAC 40 ou plus tard dans la vie des entreprises. Nous avons beaucoup de chance : Foodora cartonne, l’équipe est dynamique et nous avions vraiment envie de partager un peu de notre chance auprès de ceux qui en ont moins. Nous sommes aussi précurseurs parmi les autres structures européennes de Foodora qui suivent cette action avec beaucoup d’intérêt.

Carenews : Comment avez-vous communiqué en interne auprès de vos équipes ?

BM : Nous sommes une start-up ultra dynamique, tout doit aller très vite. Tous les matins, j’ai un check in, un meeting avec les cinq directeurs de département. Lorsque je les ai informés de l’idée du projet, tout le monde était très motivé et trouvait ça vraiment « cool ». Puis ils ont à leur tour informé et impliqué de vive voix leurs équipes. Cela s’est fait de manière assez informelle. Le projet est un fort facteur de motivation interne, les équipes ont été partantes tout de suite et l’ont montré en se mobilisant aussi pour les collectes nationales au profit des Restos du Cœur.

Carenews : Quelle stratégie de communication externe avez-vous adoptée ?

BM : Nous communiquons sur l’action sur notre site internet et nos réseaux sociaux, notamment notre page Facebook, et nous en avons parlé dans notre newsletter à destination de nos partenaires. Nous avons diffusé un communiqué de presse et j’accorde des entretiens aux médias. Les retombées presse sont bonnes avec des parutions dans Le Figaro, Elle… et une interview sur BFM dans l’émission À But non lucratif.                           

Carenews : Quels sont les indicateurs de mesure-projet que vous suivez ?

BM : Le premier indicateur que nous suivons est celui des fonds levés pour les Restos du Cœur. Ensuite, nous suivons également les retombées presse pour vérifier que l’information sur l’action est bien diffusée et impliquer le plus de personnes possible. Nous cherchons également à savoir si l’action plaît, nous suivons ce qui se dit sur les réseaux sociaux : est-ce que les gens sont aussi enthousiastes que nous sur ce projet, est-ce qu’il y a des axes d’amélioration ? Nous vérifions le feedback de nos clients qui peuvent s’exprimer sur nos actions dans un espace libre à cet effet sur le questionnaire que nous leur envoyons toutes les deux ou trois semaines de manière aléatoire. Enfin, nous nous attachons à ce que les Restos du Cœur soient contents et qu’ils aient envie que ce cela devienne un rendez-vous annuel.

Carenews : Qu’est-ce qui ferait de cette opération une réussite ?

BM : Premièrement, que nous atteignions notre objectif de levée de fonds « 30 000 euros = 30 000 repas distribués ». Deuxièmement, rendre tous ceux qui ont été impliqués dans le projet suffisamment heureux et suffisamment impliqués pour qu’ils aient envie de recommencer l’année prochaine !

Crédit photo : Foodora

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