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Programme pionnier, budget ESS, appel aux territoires : bilan du French Impact

Programme pionnier, budget ESS, appel aux territoires : bilan du French Impact

Fairphone, l'entreprise sociale qui veut révolutionner l'industrie électronique

Fairphone, l'entreprise sociale qui veut révolutionner l'industrie électronique

[SHOPPING] New Movements, la marque de sneakers éco-responsables

[SHOPPING] New Movements, la marque de sneakers éco-responsables

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

[DERNIÈRE MINUTE 46] Les brèves mécénat, associations et intérêt général

[DERNIÈRE MINUTE 46] Les brèves mécénat, associations et intérêt général

Toutes les infos en bref qui font rayonner l’intérêt général ! Cette semaine, l’annonce de la création d’une Cité des Femmes à Paris, la semaine européenne de la réduction des déchets, la Journée mondiale de l’enfance et le lancement de la Fondation Yvette Roudy.

 

 

 

 

Enfance et jeunesse

 

Pour la journée mondiale de l’enfance, qui sera célébrée le 20 novembre, l’actrice Millie Bobby Brown s’est unie à Orlando Bloom, Liam Neeson et Lilly Singh, Ambassadeurs itinérants de l’UNICEF, ainsi qu’à Dua Lipa, compositrice-interprète, et aux artistes du Blue Man Group dans une nouvelle vidéo publiée par l’UNICEF pour mobiliser le grand public sur la cause de l’enfance et des droits de l’enfant.

 

La Fondation d’entreprise FDJ s’engage en faveur des “NEETs”, ces jeunes qui ne sont ni étudiants, ni employés, ni stagiaires, en soutenant et finançant le dispositif “Pas à pas” des Apprentis d’Auteuil. Ce programme vise à accompagner, pendant environ 6 mois, des jeunes de 16 à 30 ans vers l’emploi.

 

Le 21 novembre prochain au Ground Control à Paris se tiendra le 5e apéro de Paumé·e·s, le collectif des jeunes en quête de sens pour leur avenir. Cette nouvelle édition s’intéressera au “slasheur”, celui qui cumule plusieurs métiers dans une même journée. Inscription ici.


 

Expositions

 

Du 30 novembre 2018 au 3 février 2019, retrouvez l’exposition “Light Matters” de l’artiste autrichien Erwin Redl à la Fondation Groupe EDF à Paris. Une expérience immersive, sensorielle et numérique unique pour la première exposition parisienne de l’artiste.

 

Le groupe Crédit du Nord soutient l’exposition Monet-Clemenceau qui se tient jusqu'au 11 mars 2019 au musée de l’Orangerie. Cette exposition est labellisée par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale dans le cadre de l’année Clemenceau “Père de la victoire” 1918-2018.


 

Écologie

 

Du 17 au 25 novembre, c’est la semaine européenne de la réduction des déchets. Les thèmes de cette édition 2018 : l’alimentation durable et la mode responsable. Toutes les infos et l’agenda des événements ici.


 

Solidarité

 

Le 18 novembre se tiendra pour la 2e année consécutive, la Journée Mondiale des Pauvres, à l’initiative du pape François. Sur les cinq continents, des diocèses organiseront des événements avec et pour les personnes en situation d’exclusion ou de grande précarité. En France, les villes de Paris et Lyon se mobilisent. Un banquet de 600 personnes aura lieu à l’Eglise Saint Eustache.

 

Record de dons pour le marathon de jeux vidéo ZEvent : l’évènement de gaming caritatif a récolté plus d'un million d'euros pour Médecins Sans Frontières en une cinquantaine d’heures pendant le weekend du 10-11 novembre, soit plus du double par rapport à la précédente édition.


 

Droit des femmes

 

Yvette Roudy, première ministre des femmes de 1981 à 1986 sous la présidence de Mitterrand, a officiellement lancé, le 13 novembre, sa fondation en faveur du droit des femmes, la Fondation Yvette Roudy, abritée par la Fondation de France. Elle attribuera chaque année un prix à une association ou à une personnalité pour ses actions en faveur des femmes. Le prix 2018 a été attribuée à Michèle Loup, présidente de l’association Du côté des femmes et vice-présidente de la Fédération nationale Solidarités Femme.

 

La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé au Conseil de Paris du 15 novembre la création d'une Cité de l'Égalité et des Droits des femmes à Paris, un projet porté par la Fondation des Femmes depuis plusieurs années.

 

Dans une tribune publiée sur L’Obs, 28 femmes entrepreneures demandent que soit rendue publique la liste des entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale femmes-hommes.


 

Internet

 

Facebook a annoncé le lancement en France d'un “Fonds pour le civisme en ligne”, doté de 1 million d'euros pour 2019, et qui soutiendra des projets de la société civile contre le harcèlement chez les jeunes.




 

[QUOI DE NEUF ?] Actualités, évènements du mécénat & des assos (16-25 novembre)

[QUOI DE NEUF ?] Actualités, évènements du mécénat & des assos (16-25 novembre)

Quelle est l’actualité du mécénat et du non-profit en ce mois de novembre ? Carenews vous présente l’actualité solidaire, les évènements, remises de prix ou encore appels à projets qui rythment le calendrier du secteur de l’intérêt général, de la philanthropie et de la RSE.

 


 

 



 

En novembre

 

Movember :  les hommes sont invités à se laisser pousser la moustache. Movember récolte des fonds et sensibilise le grand public aux maladies masculines (cancer de la prostate, cancer des testicules) et à la santé psychique (prévention du suicide).

 

Du 19 au 25 novembre 2018

 

Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées. L’édition 2018 se concentre sur la thématique des femmes en situation de handicap et l’emploi. Suivez l’évènement sur les réseaux sociaux : #SEEPH2018

 

Mardi 20 novembre 2018

 

Journée mondiale de l’enfance. Participez à l’opération mondiale de l’UNICEF et habillez-vous “en bleu pour chaque enfant”.

 

2e édition du Global Positive Forum, sur le thème : “Les citoyens au cœur de la gouvernance mondiale”. Ce rendez-vous international a pour objectif de concrétiser les engagements des leaders de la vie politique et économique, en appliquant les 20 propositions recueillies par Positive Planet auprès des citoyens.

 

Mercredi 21 novembre 2018

 

Fin de l’appel à solutions de la Fondation Groupe France Télévisions pour soutenir les projets d’innovation sociale au service de l’égalité des chances via l’audiovisuel et le numérique.

 

Jeudi 22 novembre 2018

 

Solidatech fête ses 10 ans à la Maison des Associations de Solidarité de Paris.

 

Vendredi 23 novembre 2018

 

Green Friday, mouvement citoyen anti Black Friday en faveur d’une consommation responsable.

 

Samedi 24 novembre 2018

 

Début de l’opération Chefs solidaires, mobilisation des professionnels des métiers de bouche pour la lutte contre le SIDA aux côtés du Sidaction.

 

[CHIFFRE] 72 % des étudiants travaillent pour subvenir à leurs besoins

[CHIFFRE] 72 % des étudiants travaillent pour subvenir à leurs besoins

Le Secours populaire français a récemment publié son sondage Ipsos/Secours populaire sur les jeunes Européens et la précarité. Mené auprès d’un échantillon de 2 500 personnes représentatif de la population âgée de 15 à 25 ans (1 000 en France, 500 en Grande Bretagne, 500 en Italie et 500 en Pologne), il dresse un état des lieux des situations de précarité, mises en relief avec le désir d’engagement des jeunes.

 

 

La précarité inquiète la jeunesse européenne

 

Près de trois quarts des étudiants sondés sont contraints de travailler en plus de leurs études afin de subvenir à leurs besoins, tandis que 68 % des jeunes Européens, étudiants ou non, comptent sur l’aide financière de leur parents. Une réalité qui s’inscrit dans un climat de confiance générale plutôt morose, puisque plus de la moitié des interrogés ressent une hausse de la précarité au sein de l’Union Européenne et de leur pays. En France, ils sont 64 % à craindre pour l’avenir économique de l’Hexagone. Cette précarité a d’ailleurs déjà infiltré leur quotidien, puisque la moitié des jeunes Britanniques a déjà rencontré des difficultés financières pour se procurer une alimentation saine, alors que 48 % des Français ont eu du mal à s’offrir des “vêtements convenables”, et que près d’un jeune sur cinq n’a accès à internet que via un débit réduit ou le Wi-Fi.

 

Malgré tout, les jeunes ne sont pas moins solidaires : les trois quarts d’entre eux ont déjà offert un verre à leurs amis, alors qu’il sont presque autant à avoir déjà refusé de participer à des sorties pour des raisons financières. Par ailleurs, ils se sentent concernés par les problèmes de société : parmi les causes les plus enclines à les mobiliser, l’accès au sport et à la culture (41 %), la préservation de l’environnement (39 %) et la lutte contre les discriminations (33 %) arrivent en tête de leurs préoccupations.

 

350 jeunes à Bruxelles au Festival des solidarités

 

En marge de la publication de son sondage, le Secours populaire français a réuni 350 jeunes engagés à Bruxelles durant le Festival des solidarités, qui se tenait du 19 au 21 octobre 2018 avec le soutien de la Fondation Total. Venus de différents pays européens, ils ont exposé à travers des ateliers ou des sessions de partage d’expériences, échangé leurs visions de la solidarité et réfléchi ensemble à des pistes d’action.

 

 

[SHOPPING] New Movements, la marque de sneakers éco-responsables

[SHOPPING] New Movements, la marque de sneakers éco-responsables

Les grandes marques de sneakers ne sont pas vraiment connues pour leur éthique et leur action pour l’environnement… La jeune marque norvégienne New Movements a décidé d’agir pour conjuguer mode et impact écologique en créant une ligne de sneakers conçue écologiquement, et dont l’achat participe au nettoyage des océans, en particulier la pollution plastique.


 

Des sneakers éco-responsables de la conception à la distribution

 

L’objectif de la marque New Movements est simple : proposer des produits pour “Marcher avec impact, pour un futur meilleur et plus écologique”. Grâce à une campagne réalisée avec succès sur Kickstarter, New Movements va lancer, d’ici début 2019, une ligne de sneakers qui répond à son objectif écologique, de sa conception à sa distribution, en passant par sa production. La semelle extérieure est composée à 70 % de caoutchouc recyclé, et les lacets sont faits à 100 % à partir de bouteilles plastique recyclées. L’intérieur est composé d’un mélange de laine et de latex naturel. L’emballage est totalement composé de cartons recyclés et exempt de plastique.

 

La marque s’engage également à proposer des produits entièrement conçus en Europe, dans le respect des normes environnementales (matières, processus de fabrication), et des normes sociales (conditions de travail et salaires) européennes, pour une qualité “faite pour durer”. Les ateliers sont situés au Portugal afin de réduire l’acheminement, et la marque s’engage à utiliser des énergies renouvelables dans le processus de fabrication des produits. Enfin, le design des chaussures se veut intemporel et unisexe, pour passer outre les injonctions de la fast fashion.


 

New Movements s’engage contre la pollution plastique

 

L’impact des produits New Movements dépasse le simple stade de l’achat. Tout en proposant des produits éco-responsables, la marque s’engage à œuvrer activement pour la dépollution des océans, en ciblant plus particulièrement la pollution plastique, face au constat qu'il y a “plus de micro-plastiques dans les océans que d’étoiles dans la voie lactée”. Pour chaque paire de chaussures achetée, la marque s’engage donc à retirer des océans une livre (environ un demi-kilo) de déchets plastiques des océans.

 

Pour mener à bien ces opérations de nettoyage, New Movements s’est associée à Empower, une startup également norvégienne qui mène des actions de nettoyage partout dans le monde grâce à un réseau d’ambassadeurs, et qui a également la particularité d’utiliser la technologie blockchain pour inciter les citoyens norvégiens à recycler le plastique.


 

Fairphone, l'entreprise sociale qui veut révolutionner l'industrie électronique

Fairphone, l'entreprise sociale qui veut révolutionner l'industrie électronique

Si l'industrie électronique a le vent en poupe, l'impact environnemental des mastodontes du secteur est une problématique d'ampleur, et les conditions de fabrication des produits des nouvelles technologies restent questionnables, lorsqu'elles ne sont pas totalement opaques. Une chaîne de production et d'approvisionnement que veut mettre en lumière Fairphone, une entreprise sociale néerlandaise qui œuvre pour une industrie électronique plus éthique et plus responsable. Après 5 années d'existence, le constructeur mobile militant a su faire ses preuves en dépassant la barre des 200 000 unités vendues, et surtout en bouclant une campagne de crowfunding sans précédent dans l'histoire des Pays-Bas. Fairphone a également été récompensé par la première place du Guide de l'électronique verte publié en 2017 par Greenpeace.


 

La question épineuse du smartphone et de son impact éthique et écologique


 

Le sujet est devenu banal : les nouvelles technologies ont un impact environnemental désastreux. D'autres enjeux se superposent aussi à une industrie de plus en plus compétitive : obsolescence programmée, traçabilité éthique des matières premières, conditions de travail des ouvriers qui participent à l'assemblage... Le smartphone s'est imposé en indispensable du quotidien, au prix de conditions de fabrication et d'une empreinte carbone parfois obscures.

 

Née en 2010 d'une campagne de sensibilisation des organisations Waag Society et Action Aid, Fairphone devient, en 2013, une entreprise sociale avec un objectif ambitieux : créer un smartphone responsable pour défendre l'idée d'une industrie plus équitable et plus durable, en révélant l'intégralité de la chaîne de valeur depuis l'extraction minière, jusqu’à l'assemblage, et le cycle de vie.


 

Un téléphone modulaire qui revendique sa longévité


 

C'est devenu le nouvel axe de sensibilisation de Fairphone : la durée de vie de nos téléphones portables. Oscillant entre 20 et 24 mois selon les pays (Kantar Worldpanel, 2017), les raisons pour lesquelles nous remplaçons nos smartphones ne sont pas toujours très avouables. L'effet de mode actionne une bonne partie de nos motivations : on parle d'obsolescence esthétique. Une forme d'obsolescence programmée purement réflexive, située à l'opposé de l'obsolescence technique et/ou logicielle, pointée du doigt par les collectifs de consommateurs, qui rendent un produit électronique inutilisable en raison de la durée de vie de l'un de ses composants, inaccessible sur le marché, ou d'une nouvelle version d'un logiciel incompatible avec les anciens appareils.

 

La longévité du produit constitue, pour le Fairphone 2, un élément central de sa démarche militante. Entièrement modulable, il a été conçu pour pouvoir être réparé facilement par l'utilisateur lui-même, grâce à des guides de réparation open-source et une boutique en ligne de pièces détachées.


 

Un projet à impact massivement soutenu


 

Désormais âgée de 5 ans, l'entreprise qui voulait révolutionner l'industrie électronique semble avoir plutôt bien réussi son pari. Classée en tête du dernier Guide de l'électronique verte publié par Greenpeace, Fairphone a su également se constituer une communauté de plus de 200 000 consommateurs engagés, nouant notamment des partenariats avec d'importants opérateurs mobiles, à l'instar du français Orange.

 

Le constructeur mobile boucle une campagne de levée de fonds inédite aux Pays-Bas par son ampleur et son taux d'engagement : en moins d'un mois, le projet de crowdfunding supporté par la plateforme à impact OnePlanet Crowd a rassemblé plus de 1 800 investisseurs, avec un ticket d'entrée à 250 euros. Une récolte de 2,5 millions d'euros, pour un objectif fixé à un million, qui permettra à l'entreprise d'élargir sa visibilité et d'optimiser son impact social, avec l'ambition de franchir le pallier des 500 000 utilisateurs à l'horizon 2020.

 

 

Programme pionnier, budget ESS, appel aux territoires : bilan du French Impact

Programme pionnier, budget ESS, appel aux territoires : bilan du French Impact

Programme Pionniers, Appel aux Territoires, hausse du budget de l’ESS (économie sociale et solidaire)... Près d’un an après le lancement officiel du French Impact, quelles sont les premières retombées du mouvement gouvernemental qui opère désormais en tant qu’association ? Impliqué dès la création du label auprès de Christophe Itier, Thibaut Guilluy fait le point pour Carenews.

 

 

 

 

L’association French Impact

 

L’annonce de Christophe Itier le 12 juin dernier de la création de l’association French Impact était passée relativement inaperçue. Quelques mois plus tard, la toute jeune structure dévoilait le nom de sa directrice générale, Stéphanie Goujon, ex-Agence du Don en Nature. “C’est davantage un moyen de mettre les choses en opération qu’une pure ambition du French Impact”, précise Thibaut Guilluy, président de l’association et directeur général d’Ares. Ce nouveau statut permet au French Impact de mieux assumer sa fonction opérationnelle en matière d’animation et de coordination auprès des acteurs de l’ESS et de mobiliser de nouvelles ressources ne provenant pas de financements publics. En devenant juridiquement une structure de l’intérêt général, le French Impact inscrit par ailleurs son action “dans une vision de l’innovation sociale à long terme, qui dépasse le temps politique.” Aujourd’hui, tous les dispositifs mis en place par le French Impact transitent par cette nouvelle structure.  

 

Un budget au service de l’impact

 

Si Christophe Itier a annoncé vouloir mobiliser un milliard d’euros par le biais du French Impact lors de sa création, la priorité du mouvement reste l’action sur le terrain. “On ne suit pas un compteur”, stoppe net Thibaut Guilluy. Il cite le programme Pionniers, pour lequel le French Impact dispose d’une enveloppe de 7,5 millions d’euros destinés à accompagner le changement d’échelle. “Au-delà de cela, il est possible de relier certains dispositifs de financement des différents ministères. Les 7,5 millions d’euros sont là, mais pour ensuite accompagner le développement il faut connecter les porteurs d’initiatives aux différentes politiques publiques susceptibles de les soutenir. ” Quitte à soulever quelques interrogations dans le secteur, French Impact, qui se veut avant tout accélérateur de l’ESS, maintient sa position : l’impact prime. “C’est pour cela que dans le cadre de notre Appel aux Territoires, nous laissons une latitude très importante aux acteurs sur le territoire afin de constituer leur collectif selon le format qui leur paraît le plus pertinent. Ils définissent également leurs besoins. Souvent, l’argent n’est pas leur priorité.”

 

Créer des synergies sur le territoire, la priorité numéro un du French Impact

 

Ces priorités relèvent d’enjeux opérationnels qui se manifestent par un besoin “de fluidifier les rapports avec l’administration”. Thibaut Guilluy espère ainsi pouvoir multiplier les coopérations entre territoires matures, à l’instar des modèles de “R&D territoriale” – instaurés par Romans, Lons-le-Saunier ou Strasbourg – où les entrepreneurs, supplantant les initiatives des pouvoirs publics, jouent eux-mêmes les défricheurs d’innovations. “Ces territoires sont en demande pour partager leurs expériences, et d’autres ne savent pas comment s’y prendre. C’est un point de départ pour construire une réponse”, ajoute-t-il. Compte tenu de son caractère évolutif, le financement du mouvement global de développement que souhaite accompagner le French Impact est difficilement chiffrable. “ L’objectif c’est que les démarches innovantes mises en place par les acteurs de l’ESS qui font leurs preuves soient généralisées au niveau des politiques publiques.”

 

Agenda des prochains mois et perspectives pour l’ESS

 

Comme annoncé, les premières labellisations de l’Appel aux Territoires auront lieu avant la fin de l’année 2018. 49 contributions sont à l’étude, le temps d’instruction s’achèvera fin novembre. “Nous labelliserons ensuite selon les niveaux de maturité”, indique Thibaut Guilluy, rappelant que le French Impact assume un rôle de “catalyseur” sans pour autant “énoncer des règles du jeu homogènes pour chaque territoire”. L’objectif est également de faire basculer ces initiatives régionales vers une perspective nationale. “Nous espérons lancer nos premiers défis nationaux dès 2019. Les premiers devraient être énoncés en début d’année.” Car le French Impact, s’il assure prendre soin de s’inscrire dans le cadre de l’appel aux Territoires dans “le temps de la co-construction”, veut aller vite. “Nous n’avons pas peur, promet-il. Nous préférons apprendre sur le terrain et nous améliorer avec le temps.” Dans l’ensemble, Thibaut Guilluy se félicite donc de la montée en puissance du secteur, qui distille progressivement ses modes opératoires et ses valeurs dans les plans d’action du gouvernement. “Aujourd’hui, la plupart des mesures s’appuient sur des idées ou l’expérience des acteurs de l’ESS”, rappelle-t-il. En témoigne notamment le récent plan pauvreté dévoilé à la rentrée par Emmanuel Macron, mais aussi l’essor de l’économie circulaire, ou les politiques liées au logement social. La hausse du budget de l’ESS, qui vient de grimper de 25 % pour atteindre les 20 millions d’euros en 2019 ? “Un signe de la transformation écologique et sociale de notre modèle économique”. Pour autant, le plus dur reste à faire. Pour devenir l’économie de demain, l’ESS devra en effet passer par un changement de paradigme. “Nous ne sommes pas encore organisés pour favoriser l’innovation sociale, souvent, celui qui innove en paye le prix. Il faut changer cela. C’est notre ambition avec le French Impact, c’est pour ça que l’on se présente aussi comme une bannière. Nous voulons montrer aux citoyens, aux pouvoirs publics et aux responsables politiques que l’ESS est une nécessité fondamentale dans la société.”

[ENTRETIEN] Patricia Benchenna, directrice Corporate Philanthropie, Schneider

[ENTRETIEN] Patricia Benchenna, directrice Corporate Philanthropie, Schneider

Arrivée il y a 15 ans chez Schneider Electric, Patricia Benchenna a assisté au développement de toutes les structures d’engagement du groupe : la fondation en 1998, puis le pôle développement durable quelques années plus tard. Passée elle-même par les deux structures, elle est aujourd’hui directrice de la Philanthropie et du programme Précarité Énergétique. Pour Carenews, elle décrit les passerelles qui relient le groupe à sa fondation et qui font aujourd’hui de Schneider Electric une entreprise “porteuse de solutions”, fière de sa “très faible empreinte environnementale”. Fonds d’investissement, programmes de formation et dispositifs d’évaluation de performance sur-mesure, les outils ne manquent pas chez Schneider Electric qui se veut précurseur d’un nouveau modèle d’entreprise engagée : une entreprise à l’écoute de sa société, capable de mesurer et de déployer sa performance en mobilisant toutes ses parties prenantes.

 

 

Quel a été votre parcours chez Schneider Electric ?

 

J’y ai passé presque toute ma carrière. J’ai eu une expérience associative juste après mes études, au Comité National des Régies de Quartier. J’ai ensuite été embauchée chez Schneider à la communication interne. J’ai évolué vers la production de contenu éditorial, et, dans ce cadre, j’ai très rapidement travaillé avec la fondation. Quand je suis arrivée, le groupe Schneider se concentrait sur les activités d’énergie. La fondation a été créée en 1998 avec comme prisme de démarrage l’insertion des jeunes, puis petit à petit nous avons embrassé toutes les thématiques environnementales et les questions d’éthique. La fondation a en quelque sorte été le levier de la création du pôle développement durable, que j’ai rejoint en 2002.

 

Vous avez rejoint Schneider Electric il y a déjà 15 ans. Quelles ont été les évolutions marquantes au sein de l’entreprise en termes d’engagement sociétal ?

 

J’ai passé sept ans au développement durable avant de rejoindre la fondation. Je suis arrivée au moment où elle évoluait plus en cohérence avec les métiers de Schneider. Au niveau du développement durable, nous avons mis en place en 2008 notre programme d’accès à l’énergie, dans lequel la fondation contribue fortement en finançant des programmes de formation professionnelle aux métiers de l’énergie, ou d’entrepreneuriat. C’est aujourd’hui le gros programme de la fondation, il capte environ 75 % de nos contributions (4 millions d’euros par an de dotation). C’est une étape importante, de passer d’une fondation d’engagement à une fondation en synergie avec le développement durable. L’autre point important, c’est l’engagement des collaborateurs. La fondation a ses délégués dans chaque pays (130 dans 75 pays), nommé tous les deux ans avec une fiche de mission spécifique. Nous avons aussi mis en place une campagne mondiale d’une semaine tous les ans dédiée à la mobilisation des collaborateurs, “Luli”. En 2012, nous avons décidé de créer notre propre structure associative, Schneider Electric Teachers, pour structurer l’engagement des collaborateurs. Son objectif était de cibler les besoins de nos partenaires afin d’offrir à nos collaborateurs la possibilité d’effectuer des missions proches de chez eux ou à l’international. Enfin, nous venons de décider d’une nouvelle évolution vers une dimension plus opérationnelle, avec l’idée d’embrasser tout l’engagement des collaborateurs et d’ouvrir les possibles en dehors du champ de la fondation.

 

Pouvez-vous nous présenter les principaux programmes du pôle Philanthropie ?

 

Depuis son rapprochement avec les équipes du développement durable, la fondation porte le pôle “développement des compétences” pour l’accès à l’énergie, une business unit a été créée pour les offres d’accès à l’énergie, un fonds d’investissement solidaire capte l’épargne salariale des collaborateurs mais peut aussi prendre des parts auprès d’entrepreneurs. Cet écosystème est complémentaire. Nous avons également le programme Précarité Énergétique, initié en 2013 suite à une étude menée avec Ashoka et le cabinet Ylios. Elle a donné naissance à un appel à projets en 2015, puis un second en 2017 qui couvre aujourd’hui 11 pays et vise à identifier les pépites et mettre en lien les entrepreneurs sociaux avec notre écosystème. Ils sont accompagnés durant six mois par Ashoka, et nos collaborateurs se pluggent sur des problématiques spécifiques. Nous sommes également en lien avec des associations comme ArtofChange 21, Atelier 2 et Ticket for Change sur des projets innovants autour du développement durable. La synergie entre la fondation et le pôle développement durable est tellement importante pour nous que nous avons mis en place un outil qui mesure nos performances en fixant un plan de progrès autour de quatre objectifs, dont au moins un doit être lié aux activités de la fondation (aujourd’hui : le nombre de jeunes formés sur trois ans et le nombre de jours de volontariat des collaborateurs). Et nous communiquons ces résultats en même temps que nos résultats financiers.

 

Quel être votre rôle au quotidien ?

 

Je coordonne l’ensemble des programmes. Je suis plus opérationnelle sur la précarité énergétique – un sujet qui me passionne – et l’engagement des collaborateurs, mais y a également un travail d’animation à faire sur le réseau des délégués et les autres fondations qui existent au sein de Schneider (une en Amérique du nord, une en Inde). En tant que directrice Philanthropie, je dois garder un œil aussi bien sur notre véhicule fondation que nos autres initiatives en France et dans le monde.

 

Quel est plus globalement votre regard sur le mécénat aujourd’hui ?

 

Les fondations n’ont jamais autant collaboré entre elles, mais également avec les fonds d’investissement et les entrepreneurs sociaux. Pour moi, c’est l’un des phénomènes les plus forts. La Fondation Sanofi Espoir propose par exemple aux fondations de discuter sur des projets en commun, c’est assez nouveau ! Aujourd’hui, on part des enjeux et on cherche à créer les contributions les plus adéquates pour répondre à un besoin ou un projet. C’est vrai chez Schneider, nous sollicitons parfois des partenaires économiques, nous sommes rentrés dans le fonds de dotation des Petites Pierres, avons collaboré à un appel à projets avec AG2R La Mondiale sur la précarité énergétique… Les fondations sont aussi assez décomplexées sur les sujets qu’elles défendent. Loin des métiers, proche des métiers… J’ai l’impression qu’il s’agit plutôt de trouver des solutions. Chez Schneider, la fondation nous permet d’être dans l’expérimentation.


 

 

 

[#STREET] De la vapeur d’eau pour la sécurité routière

[#STREET] De la vapeur d’eau pour la sécurité routière

Nombreux sont les piétons qui traversent la rue en ignorant délibérément le petit bonhomme rouge, malgré les risques bien réels d’accident. Le problème est pris très au sérieux en Chine. Pour sensibiliser les piétons aux dangers de la route et lutter contre leurs comportements imprudents, un dispositif particulièrement efficace a été mis en place dans certaines grandes villes : tout piéton qui tente de traverser au rouge se verra arrosé de vapeur d’eau ! Une méthode pour le moins radicale, qui semble néanmoins faire ses preuves.

 

 

 


 

Piéton arrosé, piéton protégé

 

En Chine, on emploie les grands moyens pour résoudre le problème des accidents de circulation. Dans l’Empire du Milieu, qui regroupe des mégalopoles de plusieurs dizaines de millions d’habitants, la circulation et le trafic sont particulièrement denses et plus susceptibles d’engendrer des accidents mortels. Plusieurs villes ont donc installé un système innovant pour lutter contre les comportements imprudents des piétons : installés au bord des routes, des poteaux équipés d’un laser détectent la présence du piéton qui franchit le trottoir au mauvais moment grâce à un marqueur au sol, et projettent sur celui-ci des grands jets de vapeur pour l’inciter à reculer.

 

Dans la ville de Daye, dans la province de Hubei, le dispositif va encore plus loin. Les poteaux installés par la ville ne se contentent pas de projeter des jets d’eau sur les piétons qui tenteraient de traverser au rouge, ils diffusent aussi des messages de prévention pour dissuader de tels comportements. Un système de reconnaissance faciale photographie le fautif et envoie sa photo aux services de police pour vérifier son identité et prendre des sanctions le cas échéant.


 

Quelle sécurité pour les usagers fragiles en France ?

 

En France, les dispositifs sont loin d’être aussi coercitifs. Les acteurs de la sécurité routière et piétonne tablent davantage sur des campagnes de sensibilisation. À l’occasion du passage à l’heure d’hiver fin octobre, l’association Sécurité Routière a relancé, avec la Fédération nationale des syndicats d’agents généraux d’assurance (Agéa) et France Bleu, sa campagne intitulée “Bien vu ensemble” pour sensibiliser les piétons et les cyclistes sur l’importance d’être bien visibles sur la chaussée, particulièrement la nuit.

 

Néanmoins, on voit de plus en plus émerger des initiatives plus concrètes pour la sécurité routière : dans la capitale, en région parisienne et dans plusieurs villes de France (Clermont-Ferrand, Lyon, Limoges...), des passages piétons peints avec un “effet 3D”, censés inciter les voitures et les piétons à ralentir, seront expérimentés jusqu’en 2020. L’idée provient de l’Inde, où elle a été testée avec succès ; mais elle ne semble pas donner les résultats escomptés en France.

 

Une récente étude de l’ONISR indiquait que que 484 piétons et 173 cyclistes avaient perdu la vie dans un accident de la route. Si la mortalité des piétons est en baisse par rapport à l’année 2016 (-13,4 %), celle des cyclistes connaît une augmentation notable (+6,8 %). Plus de 25 % des piétons et cyclistes tués en 2017 ont été tués de nuit, principalement pendant l’hiver, et en dehors de passages piétons.

 

Le micro-don voyage avec “Un rien c’est tout” et OUI.sncf

Le micro-don voyage avec “Un rien c’est tout” et OUI.sncf

Depuis fin septembre, les voyageurs qui embarquent avec le nouveau service OUI.sncf peuvent conjuguer voyage et solidarité en ayant la possibilité de donner, à l’occasion de l’achat d’un billet, 1 euro ou plus au profit d’une association ou d’un projet solidaire. Une initiative portée par “Un rien c’est tout”, une association bordelaise.

 

 

1 euro, plus 1 euro, plus 1 euro...

 

 

Avec plein de “un petit peu”, on peut faire beaucoup : c’est le leitmotiv de l’association “Un rien c’est tout”. Cette jeune association bordelaise, créée en septembre 2016, oeuvre, dans la lignée des entreprises sociales microDON, Heoh et Common cents, pour diffuser la pratique du micro-don et pour sensibiliser les Français à cette façon de donner, qui a la particularité et l’avantage de s’opérer en quelques secondes à l’occasion des transactions du quotidien. En ajoutant 1 euro ou 2 euros à son ticket de caisse au profit d’une association, le don est quasiment indolore pour le consommateur… Mais conjugué à tous les micro-dons, il peut atteindre une somme suffisante pour soutenir la création ou le développement d’un projet solidaire. Pourquoi 1 euro ? “Un euro, c’est symbolique, c’est rond, c’est simple” explique Cécile Duffau, la fondatrice de l’association, en précisant que “les gens peuvent donner le montant qu’ils veulent”.

 

Depuis sa création, l’association Un rien c’est tout s’appuie sur des partenaires, principalement de grandes enseignes françaises, et sur l’engagement de leurs clients avec le soutien de parrains très médiatiques : le footballeur Antoine Griezmann, qui se lance à cette occasion dans le parrainage d’association, et l’acteur Vincent Lindon, qui s’engage pour de nombreuses causes en France. La Fnac est la première chaîne de magasins à avoir fait le pari du micro-don avec Un rien c’est tout, dès mars 2017, sur le site internet puis dans les magasins physiques, permettant de récolter plus de 100 000 euros la première année. Fin septembre, l’association a signé son deuxième partenariat, cette fois avec OUI.sncf, le nouveau service de vente de la SNCF. L’association espère ainsi bénéficier du trafic important du site internet pour faire voyager la pratique du micro-don dans toute la France.


 

Soutenez quatre grandes causes avec OUI.sncf

 

 

Depuis le 25 septembre sur le site de OUI.sncf, il est désormais possible d’effectuer le don d’une somme d’1 euro, ou plus, à une association au choix parmi quatre causes : le droit à la dignité, l’enfance et l’éducation, la santé, ou l’environnement. Des causes que les fondateurs de l’association ont choisies pour permettre à la générosité de s’exprimer le plus largement possible, sans être limitée à certains domaines. L’association Un rien c’est tout sélectionne un projet solidaire pour chacune des causes par le biais d’appels à projet, qui se renouvelle dès lors que l’objectif de financement, fixé entre 5 000 et 20 000 euros, est atteint.

 

En ce moment, il est donc possible avec la SNCF de développer un réseau solidaire de services gratuit pour les sans-abris à Toulouse avec Le Carillon (droit à la dignité), financer l’accompagnement d’élèves en difficulté scolaire avec l’association ZupDeCo (enfance et éducation), offrir des voitures électriques aux enfants hospitalisés avec Le Défi de Fortunée (santé), soutenir la Surfrider Foundation Europe dans le lancement d’une campagne de sensibilisation à la lutte contre le plastique (environnement).

 

Il y a une semaine, Un rien c’est tout officialisait un nouveau partenariat avec 350 magasins Darty en France pour financer les projets de l’association SOS Villages d’enfants.

 

 

La Fondation Cognacq-Jay remet son prix à l’issue des Rencontres solidaires 2018

La Fondation Cognacq-Jay remet son prix à l’issue des Rencontres solidaires 2018

La Fondation Cognacq-Jay investira en s’appuyant sur son Laboratoire des Solidarités le CENTQUATRE-PARIS le 30 novembre prochain pour un double évènement : les secondes Rencontres Solidaires 2018 sur le thème de l’attention à l’autre se tiendront durant la journée, et seront suivies de la soirée de remise du troisième Prix Fondation Cognacq-Jay.

 

 

Des initiatives solidaires et innovantes venues du monde entier

 

 

L’après-midi sera l’occasion de mettre en valeur les initiatives d’entrepreneurs sociaux et de porteurs de projets solidaires à travers des ateliers et des prises de parole. Après la présentation d’une série d’innovations sociales par ANTROPIA ESSEC, partenaire de la fondation, Thando Bezana du Kliptown Youth Program (Afrique du Sud) dévoilera son projet de résilience communautaire par la danse. Linda Hershon (Sur la Pointe des Pieds, Canada) et Raphaël Besson (Les Laboratoires Citoyens, Espagne) lui emboîteront le pas. Le Laboratoire des Solidarités de la fondation fera également un état des lieux des travaux enclenchés en 2018, en dévoilant les nouvelles ressources de la base de connaissances Solidarum.org ainsi que le nouveau numéro de la revue papier annuelle “Visions solidaires pour demain”.

 

 

Dix lauréats pour le Prix Fondation Cognacq-Jay

 

 

Les lauréats et finalistes du Prix Fondation Cognacq-Jay 2018 seront également présents durant l’après-midi, et disponible pour des échanges. L’Équipée, Informatique / personnes âgées, Faire Avec et Quasar seront soutenus dans la création de leur projet, tandis que Champ Libre, I Wheel Share (pour le projet Wilson), The Ink Link, Ma paroles doit compter !, Passe la parole et Rob’Autisme recevront une aide afin d’accompagnement un nouveau développement. La dotation de 15 000 euros par lauréat sera répartie ainsi : un tiers en don numéraire, un tiers sous forme d’accompagnement par un partenaire incubateur, et un tiers sous forme d’accompagnement presse et communication.

 

 

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat média.

 

 

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