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[ENTRETIEN] Cécile Vic, déléguée générale de la Fondation Air France

[ENTRETIEN] Cécile Vic, déléguée générale de la Fondation Air France
La Fondation d'entreprise Air France, qui a fait de l'enfance son principal axe d'intervention, a soufflé l'an dernier sa 25e bougie. C'est l'heure du bilan : 1 338 projets ont été soutenus, sur cinq continents. Place désormais aux nouveaux objectifs. La fondation, dotée de deux millions d'euros par an, va élargir son champ d’action dans de nouveaux pays, et financer des projets plus importants, notamment par le biais d'un club créé par sa déléguée générale, Cécile Vic. Fière du passé mais le regard déjà tourné vers l'avenir, elle raconte son arrivée au sein de la fondation il y a 15 ans, les défis du quotidien et ceux de demain.


 

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ? Quand avez-vous rejoint la fondation Air France, et quelles ont été vos motivations ?

 

J’ai commencé ma carrière à la DRH d’Air France, aux relations sociales. À titre personnel, je faisais partie d’une association qui oeuvrait pour les enfants en Roumanie. C’est ainsi que j’ai eu connaissance de l’existence de la fondation, en présentant un dossier au nom de cette association. Nous avons obtenu une petite subvention qui a permis de concrétiser notre projet de l’époque : créer un espace de jeu dans le plus grand hôpital pédiatrique de Bucarest. Quelques temps plus tard, j’ai reçu un appel me proposant un poste à la fondation. J’avais choisi Air France comme entreprise, et soudain, on me proposait de pouvoir marier mes ambitions personnelles et professionnelles. Je n’ai pas hésité, c’était une évidence.  
 

La fondation a fêté ses 25 ans en fin d’année dernière. Quels ont été vos temps forts ?

Tout d’abord, d’avoir réussi à structurer et développer la fondation. Aujourd’hui, nous sommes six employés, c’était loin d’être le cas il y a quinze ans ! Plus spécifiquement, le prix de la Fondation Air France est toujours un moment important. Bien sûr, chaque départ en mission est un moment fort, car je découvre ce que les associations ont réalisé grâce à notre financement. J’étais il y a quinze jours au Cameroun et j’ai pu assister à la fin du développement de notre complexe scolaire qui était une école de 68 élèves il y a une dizaine d’années et qui accueille aujourd’hui 2 000 élèves jusqu’au baccalauréat. C’est toujours très fort, de suivre un projet pendant plusieurs années, car les équipes sont très motivées sur place, et il n’y a rien de tel que de constater de belles réussites. Je suis convaincue que l’éducation peut changer le monde.

 

Pourquoi ce thème de l’enfance est-il si cher à la Fondation ?

Car c’est celui qui compte le plus pour nos collaborateurs ! Il y 25 ans, nous avons mené un sondage auprès du personnel pour savoir ce que voulaient les salariés. Pourquoi ? Peut-être parce que le personnel d’Air France voyage beaucoup et que cela permet d’avoir davantage conscience de certaines réalités... 

 

Quels sont les objectifs et priorités de la fondation pour les prochaines années ?

Pour les cinq ans à venir, l'objectif est de pérenniser les gros projets auxquels nous avons participé. Nous envisageons également des financements dans des pays ou des départements comme la Guyane, où nous avons été peu présents jusqu’à présent. L’idée est donc d’élargir notre champ d’action et d’essayer de financer des projets plus importants. Pour cela, j’ai créé un club des fondations, avec notamment les fondations ELLE, Carrefour, ADP, Total, Chanel… Nous sommes plus de 40 fondations au total et nous échangeons ensemble pour financer collectivement certains projets.

 

La fondation encourage l’implication de ses salariés en prêtant une attention particulière aux projets qu’ils présentent. Comment vous positionnez-vous en terme d’engagement de vos collaborateurs ?

Principalement par l’intermédiaire de notre réseau des Amis de la Fondation. Nous proposons des actions de bénévolat au profit de la fondation. Nous nous assurons d’une bonne circulation de l’actualité de la fondation grâce à nos 250 ambassadeurs chargés de démultiplier l’information auprès de leurs collègues, ce qui les sensibilise à intervenir de manière un peu plus soutenue. Depuis cette année, la DRH du groupe organise également deux journées durant lesquelles 1 000 salariés peuvent prêter main forte à une association. Ce programme a pour vocation à se développer. Et en complément, nous proposons des missions de bénévolat toute l’année, avec nos associations partenaires, ou selon les besoins de la fondation. Nous avons par exemple réalisé une collecte auprès du personnel l’an dernier : huit tonnes de jouets, de matériel scolaire ou encore de produits de puériculture vont être envoyées à Madagascar.

 

Air France se présente comme pionnière dans le domaine des fondations d’entreprise. Comment avez-vous perçu l’évolution du secteur depuis 25 ans ?

Quand la Fondation Air France a été créée, il y avait très peu de fondations. En 2003, la nouvelle loi (ie : relative au mécénat, aux associations et aux fondations, dite "loi Aillagon") a permis à d’autres fondations de voir le jour, grâce à une fiscalité avantageuse. Mais aujourd’hui encore, le mécénat n’est pas toujours une évidence. Tous les cinq ans, il faut prouver sa valeur ajoutée, car on peut être remis en cause. Mais les évolutions sont réelles. ll y a quinze ans, on retrouvait souvent les mêmes profils à la tête des fondations : des femmes pas très jeunes, ou des hommes en fin de carrière ; c’était une sorte de placard. Aujourd’hui les choses ont terriblement changé ! On retrouve désormais beaucoup de jeunes femmes qui font carrière, cette évolution là est très nette. Mais en tant qu’outil, la fondation d’entreprise reste merveilleuse pour une entreprise. En interne, elle est excellente pour la cohésion sociale. Je vais vous raconter une anecdote : nous cherchions dans le cadre d’une action de bénévolat des binômes. Un jeune pilote était avec un agent de piste, deux mondes totalement différents ! Pourtant ils se sont entendus à merveille, alors qu’ils ne se seraient jamais rencontrés au sein de l’entreprise. Le mécénat permet des rencontres, il permet de valoriser son personnel, mais aussi de montrer une image plus humaniste en externe. Les directions ne réalisent pas tout le temps l’intérêt d’une fondation d’entreprise, et c’est bien dommage, car il est immense.

 

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