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[CHIFFRE] 74% des pays posent problème pour la liberté de la presse

[CHIFFRE] 74% des pays posent problème pour la liberté de la presse
Reporters sans frontières (RSF) a publié son Classement mondial de la liberté de la presse, qui évalue chaque année la situation du journalisme dans 180 pays. Et il n’est pas franchement optimiste. L’ONG veut alerter l’opinion publique et les décideurs : l“hostilité revendiquée” envers les médias n’est plus seulement l’apanage des dictateurs ou des régimes totalitaires. Aujourd’hui, Reporters sans frontières estime que la situation des journalistes n’est appréciable que dans 26% des pays.


 

La presse menacée par tous les gouvernements

 

Dans désormais 38% des pays du globe, la situation de la presse est jugée “difficile” ou “très grave”, et le chiffre grimpe à 74% si l’on inclut les pays rencontrant des “problèmes significatifs”. Conclusion, le métier de journaliste s’exerce désormais dans un climat de haine croissant, qui dépasse le cadre des régimes totalitaires. Difficile de ne pas penser aux relations houleuses qu’entretient notamment le président de la première puissance mondiale, Donald Trump, avec la presse. Les Etats-Unis chutent d’ailleurs de deux places dans le classement (45e). RSF déplore d’ailleurs la multiplication d’“hommes forts” au pouvoir, comme Vladimir Poutine en Russie (148e) ou Xi Jinping en Chine (176e), qui en verrouillant l’information par leurs propres canaux paralysent la liberté de la presse. “La libération de la haine contre les journalistes est l’une des pires menaces pour les démocraties, explique le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire. Les dirigeants politiques qui alimentent la détestation du journalisme portent une lourde responsabilité, car remettre en cause la vision d’un débat public fondé sur la libre recherche des faits favorise l’avènement d’une société de propagande. Contester aujourd’hui la légitimité du journalisme, c’est jouer avec un feu politique extrêmement dangereux.”
 

La violence prend un autre visage

 

Reporters sans frontières souligne également un glissement de la brutalité verbale vers la brutalité physique de plus en plus courant, en rappelant le cas des Philippines (133e, -6), où le président Rodrigo Duterte a proféré des menaces à l’envers des médias, tandis qu’au moins quatre journalistes ont été abattus en Inde (138e, -2). En Europe, continent chéri de la liberté de la presse, les violences verbales venant des leaders politiques se sont multipliées, notamment en République tchèque, (34e, -11), ou en Slovaquie (27e, -10), où un journaliste a été assassiné au mois de février 2018. De fait, le continent observe les plus gros taux de chute du classement… bien que la France se hisse de six places, jusqu’à la 33e position. La Norvège et la Corée du Nord conservent quant à eux respectivement leur première et dernière place.

 

L’intégralité du classement est disponible : ici

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