[POSITIVONS] Voix en développement : le chant pour aider les plus fragiles

[POSITIVONS] Voix en développement : le chant pour aider les plus fragiles
Depuis près de 20 ans, “Voix en Développement” aide les personnes fragilisées à se reconstruire grâce à la pratique du chant. Les programmes, ouverts à toutes les tranches d’âges, s’articulent autour d’une pédagogie mêlant technique vocale et psychologie et visant à redonner confiance aux participants, mais aussi une structure et une discipline propres à l’apprentissage de la musique classique. Piloté par la cantatrice Malika Bellaribi le Moal, cofondatrice de l’association, le projet a profité depuis 2000 à environ 12 500 adolescents, dans des centres sociaux, des écoles, des lycées ou dans diverses associations.


 

 

Une pédagogie développée pour redonner confiance aux personnes fragilisées

 

Plus qu’une initiation à la musique classique, “Voix en développement” est un projet éducatif et social. Il rassemble dans les quartiers dits difficiles des personnes de tous les âges autour d’ateliers dédiés à la pratique du chant. Une initiative de la cantatrice Malika Bellaribi le Moal, qui a mis au point une pédagogie basée sur la technique et la psychologie. Elle le met en pratique dans le cadre d’ateliers de chant hebdomadaires de deux heures à  Paris, Grigny (91), Bondy (93), Villeurbanne (69) et Vaulx-en-Vélin (69). Les participants ont ensuite l’occasion de prolonger l’expérience autour de week-ends ou semaines de répétitions, et enfin de de monter sur scène aux côtés de chanteurs et de musiciens professionnels. “Quand on travaille le chant, on travaille sur l’ouverture du corps et les muscles, explique-t-elle. Se faisant, la personne apprend à gérer la conduite de son corps et à se responsabiliser. Progressivement, elle va prendre confiance, exprimer ses ses besoins plus facilement, se redresser, discuter, assumer des opinions, puis faire confiance aux autres”. Si les résultats prennent du temps, “sept à huit mois”, et demandent de l’assiduité, les ateliers sont ouverts à tous. “Les gens qui chantent faux sont des gens qui respirent mal”, recadre Malika Bellaribi le Moal, et sont gratuits. “Nous accueillons toutes sortes de personnes, des malades de cancer aux enseignants en passant par les personnes sans-abri ou plus fortunées. Le corps est sans frontière, la classe sociale n’est pas importante”, ajoute-t-elle”, même si l’association “privilégie ceux qui sont en difficulté”.

 

Prévalence à l’autofinancement et à l’indépendance

 

Si l’association est notamment soutenue par le groupe Clarins (Malika Bellaribi le Moal a d’ailleurs reçu le prix Clarins de la femme dynamisante en 2011), elle reconnaît qu’une grande partie des fonds provient de l’autofinancement “grâce aux concerts ou aux projets artistiques”, et que l’association n’hésite pas à avoir recours au “système D” : “Quand nous jouons les opéras, nous sommes souvent hébergés chez l’habitant, ou nous trouvons des gîtes”. Une stratégie qui permet à “Voix en développement” de conserver son indépendance et ses valeurs. “Nous sommes axés sur la recherche action, nous réfléchissons beaucoup sur la pédagogie”, explique Malika Bellaribi le Moal, qui prolonge par ailleurs toute l’année son action auprès d’écoles ou de centres sociaux. Je dois m’adapter aux gens avec lesquels je travaille. J’ai été élevée en bidonville puis chez les religieuses dans les châteaux, donc je mesure l’importance de créer les ponts. Et l’engouement de plus en plus fort des professionnels pour le projet témoigne de l’intense bonheur que provoque cette rencontre de deux mondes qui semblaient s’opposer”. L’action de l’association s’amplifiant, elle forme depuis quelques années de nouveaux chanteurs, qui la secondent dans les ateliers. “Des gens dans l’empathie”, comme elle aime à les décrire,  “même s’ils restent des professionnels”. “Il faut être dans la bienveillance. Nous avons besoin de gens sincères, avec du fond”.

 





 

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