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Fondation Groupe ADP : retour sur le colloque dédié à l'illettrisme au travail

Fondation Groupe ADP : retour sur le colloque dédié à l'illettrisme au travail
La Fondation du Groupe ADP a fait de la question de la lutte contre l'illettrisme un enjeu prioritaire. Alors que la moitié des personnes confrontées à ce fléau sont en emploi, soit 1,25 millions de Français, elle a tenu à organiser un colloque sur le thème de l'illettrisme en milieu professionnel. Une grande première. Car jamais jusqu'à présent cette question n'avait été abordée ouvertement. L'événement, programmé dans le cadre des 5e Journées nationales d'action contre l'illettrisme et en partenariat avec l'Agence Nationale de Lutte contre l'Illettrisme (ANLCI) et l'association #STOPILLETTRISME, s'est tenu le 13 septembre dernier, sous le haut patronage de Muriel Pénicaud, Ministre du travail, au ministère de la Transition écologique et solidaire.


Pendant trop longtemps, la question de l'illettrisme en milieu professionnel a été ignorée, sinon niée. Tout simplement parce qu'"aborder cette question se révèle bien souvent ardu, constate Laure Kermen-Lecuir, Déléguée générale de la Fondation du Groupe ADP. Travaillés par un sentiment de honte ou la peur d'être stigmatisés au sein de leur entreprise, les salariés en situation d'illettrisme adoptent généralement des stratégies de contournement pour cacher leurs lacunes. Ils se font aider par des collègues discrets et bienveillants ou par leurs enfants qui leur expliquent le soir venu la note écrite ramenée à la maison."

Tout l'enjeu de ce colloque était donc de sensibiliser et d'informer les acteurs du monde professionnel pour leur permettre de briser ce tabou et d'explorer des solutions concrètes permettant un accompagnement adapté. "Si une entreprise est capable de bien prendre en charge la question de l'illettrisme au travail, il y a de fortes présomptions qu'elle soit capable de bien prendre en charge l'employabilité, la formation et l'amélioration de la condition de chacune et chacun de ses collaborateurs, a souligné Augustin de Romanet, PDG du Groupe ADP et Président de la Fondation. Tout au long de cette journée, une trentaine d'intervenants se sont succédés sur scène et tous n'ont pas manqué de rappeler que la mobilisation face à ce fléau doit être générale. "C'est un effort qui doit être collectif, a martelé Nicolas Bourgerie, président de Very Up, Teach Up et Methodia, trois sociétés qui proposent des méthodes d'apprentissage innovantes. Ce projet d'accompagnement de salariés qui sont en difficultés, qui ne sont pas autonomes dans les savoirs de base, doit être porté par le directeur général, par le DRH, par les managers. C'est un engagement qui doit être sincère."

A la base de cet engagement, une posture de bienveillance, véritable fil conducteur du processus d'identification des salariés concernés. "Il faut veiller à trouver les bons mots, a insisté Samira Djouadi, présidente de #STOPILLETTRISME, une association créée en 2013 réunissant un réseau d’entreprises engagées qui entendent lutter contre l’illettrisme et l'analphabétisme dans le monde professionnel en  proposant des formations aux compétences de base grâce à un dispositif de tutorat. A aucun moment nous leur disons qu'ils vont apprendre le français. Ce que nous leur disons, c'est que nous leur proposons d'aller en formation pour progresser professionnellement. C'est différent parce que là il y a un objectif, il n'y a aucun jugement quant aux lacunes qu'ils ont. Il faut aussi que cela se fasse sur la base du volontariat. A aucun moment, nous imposons aux bénéficiaires de participer parce qu'autrement l'effet ne serait pas le même."

L'un de ces bénéficiaires était justement présent. Agent d'entretien pour la société GSF Trévise, Almamy Diallo est courageusement venu témoigner de son parcours et des progrès qu'il a accomplis depuis qu'il a croisé le chemin de Laurent Clavier, salarié du Crédit Agricole Assurances devenu son tuteur. "Avant la formation, je ne savais pas lire les notices des produits que j'utilise tous les jours, a-t-il expliqué. J'avais tendance à me méfier de certains de ces produits même si je pouvais les utiliser. Maintenant que je suis plus à l'aise avec la lecture, je peux me dire : "ça, c'est bon, je peux le prendre". Et puis quand je vais dans les magasins, je n'ai plus besoin de personne pour comprendre ce que j'achète." Lui aussi présent, Laurent Clavier est notamment revenu sur les raisons de son engagement. "J'avais envie de m'impliquer dans la solidarité au sens large, mais sans avoir vraiment d'idées précises. Et lorsque Crédit Agricole Assurances a demandé à des volontaires salariés d'accompagner des personnes qui allaient suivre ce programme de formation, j'ai tout de suite saisi cette occasion. La lecture, c'est quand même indispensable dans la vie. Et pas que professionnelle d'ailleurs. Je pense que pouvoir lire, ça change tout."

Car, bien sûr, au-delà de l'entreprise, la lutte contre l'illettrisme répond à un enjeu de société majeur. "Investir dans les compétences de base, c'est permettre à des personnes de retrouver confiance dans leurs capacités et d'être plus autonomes, a insisté Hervé Fernandez, directeur de l'Agence Nationale de Lutte contre l'Illettrisme (ANLCI). Après ça, il y a réellement la possibilité d'évoluer, de maitriser son avenir, de faire face aux transformations de l'entreprise, au projet de l'entreprise. Quand les personnes suivent des formations, elles peuvent ensuite suivre plus facilement des formations techniques. Elles peuvent aussi améliorer le fonctionnement de l'entreprise, contribuer à son amélioration. Elles peuvent progresser, et en progressant, elles progressent avec leur entourage, leur famille. Et c'est comme ça qu'on prévient des situations de pauvreté, des situations d'exclusion. Elles sont alors plus à l'aise avec les savoirs de base, les parents sont aussi plus à l'aise avec leurs enfants qui vont rentrer dans les premiers apprentissages."

La transformation numérique de la société, au cœur des grands bouleversements planétaires, était bien sûr à l'ordre du jour de ce colloque.  Les nouvelles technologies bousculent les habitudes et les comportements de chacun. Et encore plus de celles et ceux pour qui la lecture est un calvaire. Mais elles peuvent être aussi un allié précieux dans leur combat pour la maîtrise des compétences de base. Grâce notamment à ce que Nicolas Bourgerie appelle l'adaptive learning. "En fait, il s'agit d'utiliser des algorithmes pour capter l'intelligence de chacun et donc pour former les individus. A chaque fois que quelqu'un interagit avec un écran, à chaque fois qu'il apprend, à chaque fois qu'il répond à une question, l'algorithme va pouvoir détecter la manière dont cette personne apprend nous permettant ainsi d'identifier des chemins d'apprentissage pour chaque individu."

Répondant à l'appel à l'action lancé par ce colloque, une quinzaine d'entreprises, parmi lesquelles le Groupe ADP, ont, pour terminer cette journée, signé la charte de #STOPILLETTRISME, s'engageant ainsi à mettre en place au sein de leurs entités des actions de lutte contre l'illettrisme.

En savoir plus sur la charte en cliquant ici

 

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