[L'INSTANT ESS] L’ESS et l’installation des paysans

[L'INSTANT ESS] L’ESS et l’installation des paysans
Quitter la vie urbaine pour exercer une activité agricole est un choix de plus en plus partagé aujourd’hui en France, mais il n’est pas sans soulever des questions pour les « néo-paysans » qui se lancent. S’ils pourraient représenter 30 % des agriculteurs de France d’ici 2020, le Labo de l’ESS s’interroge : « Comment devient-on agriculteur et en quoi les acteurs de l’économie sociale et solidaire développent-ils des outils pertinents pour l’accompagnement à ces nouvelles installations ? »


 

 

Qui sont ces nouveaux agriculteurs ?

 

Pour Liliane Piot, co-présidente de Terre de Liens Pays de la Loire, « le renouvellement des générations de paysans se fait de moins en moins de père en fils, mais par l’installation de personnes non issues du milieu agricole, désireuses, le plus souvent, de travailler en agriculture biologique ». Et alors que la France se vide de son tissu paysan avec trois départs pour une seule installation, un tiers de ces installations se fait par des nouveaux entrants soucieux, pour la grande majorité, de développer une agriculture durable, bio et locale.

 

Changer de profession, qui plus est pour celle-là, implique cependant un certain nombre de difficultés : comment accéder au foncier  et avec quel financement ? Ces deux questions sont peut-être les premières qui se posent aux « néo-paysans ». Mais parce qu’il s’agit aussi d’un changement de vie, l’insertion professionnelle et sociale est également un enjeu important dans la réussite du projet. Pour  les aider «  des paysans et des citoyens ont créé des organisations innovantes s’inscrivant pour la plupart dans le champ de l’Économie Sociale et Solidaire, » explique  Liliane Piot.

 

L’économie sociale et solidaire les accompagne et les sécurise

 

Beaucoup de dispositifs d’aide à l’installation des nouveaux agriculteurs sont le fruit de structures de l’ESS présentes dans les territoires. Le Labo de l’ESS nous en donne des exemples : En Ile-de-France, la couveuse et coopérative d’activités agricoles et rurales « Les Champs des Possibles » a mis sur pied un dispositif « d’espace test agricole » pour les porteurs de projet qui souhaitent s’essayer aux activités agricoles. Depuis sa création, 29 personnes ont pu « tester » leur activité, parmi lesquelles 19 sont aujourd’hui installées.

 

En plus de l’accompagnement, les structures de l’ESS concernées créent également des dispositifs de sécurisation des parcours, tout aussi importants. La Coopérative d’installation en agriculture paysanne (CIAP) Pays-de-la-Loire a, par exemple, adapté le modèle des coopératives d’activité et d’emploi (CAE) aux métiers agricoles, pour permettre à l’agriculteur de bénéficier d’un hébergement juridique, fiscal et comptable. Des dispositifs que Liliane Piot encourage : « Porteuses de nouvelles pratiques ces initiatives méritent, comme toute innovation, d’être confortées et soutenues pour se développer et se démultiplier ».





 

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