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[ÉCLAIRAGE] 2018, année charnière de la générosité des Français ?

[ÉCLAIRAGE] 2018, année charnière de la générosité des Français ?
L’étude Recherches & Solidarités nous donne, chaque année, les chiffres de la générosité des Français. L’année 2017 s’avère, dans l’ensemble, plutôt positive avec une hausse globale du montant des dons déclarés par les particuliers. Mais cette tendance pourrait bien s’inverser dès l’année 2018, au regard des différentes réformes fiscales entérinées ou prévues par le Gouvernement, qui inquiètent profondément le secteur associatif ; ce qui devrait favoriser l’émergence et la généralisation des “nouvelles” formes de dons.


 

Des dons en hausse en 2017

 

Chaque année en novembre, à l’approche des fêtes de fin d’année et des grandes collectes médiatiques, le réseau associatif d’experts Recherches & Solidarités publie une étude sur la générosité des Français, pour donner des repères aux professionnels du fundraising et du monde associatif : qui donne, combien, comment, pourquoi. Cette année, l’étude de Recherches & Solidarités a porté sur plus de 5,2 millions de foyers fiscaux ayant déclaré des dons aux associations sur la période de mai-juin 2018.

 

Cette étude permet plusieurs constats. Tout d’abord, le nombre de foyers fiscaux déclarant des dons aux associations continue de diminuer : après une forte baisse en 2016 (-4,2 % de foyers par rapport à 2015) la tendance se maintient avec une diminution de 1,1 % en 2017. Si les dons se concentrent donc sur une part de plus en plus réduite de foyers fiscaux, le montant des dons a lui, en revanche, continué d’augmenter (+4,2 % par rapport à 2016), confirmant la tendance des trois dernières années. Les Français les plus déterminés dans leurs dons se montrent également plus généreux que l’année précédente, et le montant moyen du don affiche une nette progression (+5,3 %), atteignant 497 euros (contre 472 euros en 2016).


 

Une générosité incertaine à l’avenir

 

Les différentes réformes fiscales prévues par le Gouvernement n’ont pas manqué d’inquiéter le secteur associatif. Si l’étude Recherches & Solidarités parue en novembre 2018 n’a pu encore prendre en compte les effets de la réforme de l’ISF, ni anticiper l’impact du prélèvement à la source qui doit être effectif à compter du 1er janvier 2019, elle servira assurément de référence pour évaluer les conséquences de ces différentes réformes sur la générosité des Français.

 

Selon l’étude Recherches & Solidarités publiée cette année, les foyers les plus aisés (plus de 78 000 euros de revenus annuels) regroupaient, en 2017, 15 % des donateurs et plus de 33 % des dons déclarés, et la tendance est plutôt dans la stabilité de leurs donations année après année ; mais la réforme de l’ISF risque de changer la donne pour l’année 2018 et celles à venir. Si les dons déclarés au titre de l’ISF ne représentent pas une part prépondérante dans les donations des particuliers (“seulement” 9,5 % des dons en 2017), les professionnels du monde associatif et de la philanthropie prévoient que les dons réagiront très fortement à la réforme ISF/IFI. Pierre Siquier, président de France Générosités, estimait récemment, dans un article du journal La Croix, une perte de 150 millions d’euros suite à la réforme ISF/IFI.

 

Les réformes fiscales touchant au revenu, et en particulier la hausse de la CSG effective depuis le 1er janvier dernier, risquent également d’affecter fortement les dons de l’année 2018. Les responsables associatifs, à l’instar de Marie-Carmen Carles, directrice générosité au Secours catholique, pointent du doigt l’inquiétude qu’a suscitée cette hausse auprès des retraités quant à leur pouvoir d’achat ; un constat qui préoccupe le secteur associatif à son tour, alors que les plus de 70 ans représentaient, d’après l’étude Recherches & Solidarités, près d’un tiers des donateurs en 2017 (32,3 %) avec un don moyen de 572 euros.


 

Vers le développement des nouvelles formes de dons ?

 

Face à de telles perspectives, le monde associatif trouvera peut-être son salut dans les “nouvelles” formes de dons, en particulier, le micro-don et l’arrondi (en caisse ou sur salaire), que le gouvernement a annoncé vouloir déployer dans le cadre du Pacte ESS, par la mise en place d’une stratégie globale de développement. Ces formes de dons, qui peuvent sous certaines conditions faire l’objet d’une déduction d’impôt, s’intègrent de plus en plus dans les habitudes des Français et plus particulièrement auprès des moins de 35 ans, plus sensibles au don immédiat et dématérialisé, qui apparaît plus adapté à leurs modes de consommation.

 

Cette “générosité embarquée” affiche déjà des résultats remarquables, eu égard à son fonctionnement qui se base, par nature, sur de très faibles donations : en 2017, selon le baromètre 2018 de microDON, 762 500 euros (soit +64 % par rapport à l’année précédente) auraient été récoltés grâce à l’arrondi sur salaire, et en 2016, l’arrondi en caisse aurait permis de récolter 759 460 euros au profit de 135 associations. Très récemment, les magasins Franprix ont annoncé avoir dépassé la barre du million d’euros récoltés grâce à l’arrondi en caisse, permettant de soutenir plus de 400 associations.




 

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