Associations : comment bénéficier des moteurs de recherche écolo et solidaires ?

Associations : comment bénéficier des moteurs de recherche écolo et solidaires ?
Lilo, Écosia, Écogine : ces trois moteurs de recherche “alternatifs” ont été créés avec l’idée de faire d’un acte banal du quotidien, la recherche sur internet, un vecteur de générosité grâce aux revenus générés par la publicité. Qu’elles soutiennent des projets solidaires ou environnementaux, de plus en plus d’associations bénéficient de ce concept, qui récolte aujourd’hui des millions d’euros par an.


 

 

Les revenus publicitaires pour la bonne cause

 

En 2017, Google a gagné 95,4 milliards de dollars, soit 86 % de ses revenus, grâce à la publicité. Face à ces montants vertigineux, qui ne cessent d’augmenter, l’idée de capter une partie du chiffre d’affaires des moteurs de recherche au profit de projets d’intérêt général, a émergé en France et en Europe dès le milieu des années 2000. Si les débuts ont été hésitants (Ecocho, Veosearch, Hooseek ou encore Zutopi, ont vite disparu), le concept est aujourd’hui porté par plusieurs moteurs de recherche bien connus : Écosia (anciennement Ethicle), Lilo et Écogine.

 

Ces méta-moteurs de recherche redirigent l’internaute, sur un fonctionnement similaire d’extension web, vers des résultats tirés des moteurs de recherche classique (Google, Bing, Yahoo!...). Les revenus perçus par la publicité sont reversés, en tout ou partie (70 % pour Écogine, entre 30 et 50 % pour Écosia et 50 % pour Lilo) à plusieurs dizaines d’associations, d’ONGs ou de fondations qui oeuvrent pour une cause solidaire et/ou environnementale : handicap, maladies, enfance, reforestation, protection de la faune et de la flore…


 

Un levier de financement gratuit pour les internautes

 

Pour sélectionner les structures qui bénéficieront des dons, pas d’opération d’audit ni de label, mais plutôt “des critères de bon sens”, explique Hélène Lecomte, chez Lilo, où les associations partenaires sont choisies par le biais d’un questionnaire. “On ne veut pas écarter des projets qui, tout en ayant de l’impact, n’ont pas beaucoup de moyens et ne peuvent donc pas s’engager sur une méthodologie trop lourde”. Idem pour Écosia, entreprise labellisée B-corp, dont l’équipe expérimentée choisit les structures et les projets en fonction de leur dimension écologique, économique et de leur ancrage local : “On est là pour restaurer rapidement les écosystèmes, pas pour avoir un label. Le moteur de recherche reste un moyen”, explique Ferdinand Richter, responsable France d’Écosia. 

 

Les trois moteurs de recherche ont également choisi de donner aux internautes la possibilité de suggérer eux-mêmes des projets. Chez Lilo et Écogine, ce sont même eux qui ont le dernier mot sur les bénéficiaires des dons : avec un vote annuel chez Écogine, qui récompense les trois projets les plus plébiscités, et par choix individuel parmi 150 projets pour Lilo, qui permet à ses utilisateurs d’accumuler avec leurs recherches des “gouttes d’eau” convertibles en argent. “C’est l’un de nos critères chez Lilo, les projets que nous soutenons doivent être déjà suivis par une communauté de 2000 personnes environ. Nous voulons que Lilo soit un levier de financement gratuit pour les projets que veulent soutenir les internautes”, explique Hélène Lecomte.


Depuis leur création, ces moteurs de recherche affichent des scores plus que respectables : à raison de plusieurs centaines de milliers d’euros distribués chaque mois, Écosia a pu planter mi-février, son 50 millionième arbre ; quant à Lilo, qui a atteint le million d’euros récolté en juillet 2018 après trois ans d’existence et revendique aujourd’hui 700 000 utilisateurs, elle vise, d’ici cet été, les 2 millions d’euros. Autant d’argent qui ne reviendra pas aux géants des GAFAM.

 

Article modifié le 21/02/2019

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