Nouveaux modèles socio-économiques : soyons pragmatique !

Nouveaux modèles socio-économiques : soyons pragmatique !
Il n’y a pas que le numérique dans la vie ! Même si les usages sont profondément transformés par les formidables apports concrets du numérique, et que les investissements en « infrastructure » sont colossaux, il n’est pas cohérent de se limiter à analyser que cela. C’est comme si, au moment de la 1ère révolution industrielle, l’économie d’alors s’était limitée à la construction des lignes de chemins de fer et à leur utilisation.


Attention que l’arbre ne cache pas la forêt ! Alors comment élargir le débat ? Une fois encore l’actualité « discrète » en donne des clés de lecture pour ceux qui savent lire les « signaux faibles ».

Du côté des structures d’intérêt général, après l’Assemblée Générale du FONJEP qui a partagé les résultats de différents travaux de recherche sur les spécificités des modèles socio-économiques associatifs. De plus, PIE, l’ADASI et Le RAMEAU ont expérimenté de nouveau outils au service des structures d’intérêt général de terrain. Le partage d’expériences et la capitalisation des pratiques innovantes permet en effet d’outiller les acteurs de terrain, mais aussi les têtes de réseau au travers de « parcours d’expériences » tels que celui réalisé durant 9 mois avec 12 têtes de réseau de proximité (régionales ou départementales). Les enseignements sont éclairants. Le 5 septembre prochain lors du Forum Mondial Convergences, seront lancés un référentiel sur les modèles socio-économiques d’intérêt général publié chez Juris Associations, ainsi qu’un MOOC réalisé en partenariat avec l’ESSEC.

Du côté des investisseurs sociétaux publics et privés, les avancées sont aussi significatives. Qu’il s’agisse des formes d’accompagnement, des modes d’investissement, des capacités d’articulations avec les territoires ou des nouveaux modes d’évaluation et de valorisation, le Cercle des « investisseurs sociétaux » initié par la Caisse des Dépôts en partenariat avec Le RAMEAU éclaire sur les nouvelles pratiques. Au-delà de l’interconnaissance et de l’émergence de nouveaux dialogues avec les accompagnateurs et les territoires, ce sont de nouvelles solutions telles que le nouveau fonds d’ingénierie pour le changement d’échelle de l’innovation sociétale qui naissent des démarches de co-construction entre « pairs pionniers ».

Du côté des entreprises, elles sont aussi à la manœuvre. Elles avancent à grands pas. Il ne s’agit pas seulement de nouvelles démarches d’engagement des grandes entreprises, mais aussi de celles des PME qui co-construisent territorialement de véritables réponses concrètes aux besoins locaux. Le voyage d’étude réalisé à Montargis à l’initiative du groupe A-BELL du Cercle RSE & Partenariats illustre parfaitement comment certaines entreprises transforment leur propre modèle socio-économique pour devenir des moteurs de la transformation sociétale.

Du côté des institutions, les lignes bougent également à un bon rythme. Cette semaine le Haut-Commissaire à l’ESS et à l’Innovation Sociale réunira les groupes de travail de la dynamique « 10% pour tout changer » pour un premier travail collectif. De son côté, Jacqueline GOURAULT recevra l’équipe de préfiguration de la Fondation des Territoires. Troisième exemple, Gabriel ATTAL, qui inaugurera le 5 septembre prochain le référentiel et le MOOC sur les modèles socio-économiques d’intérêt général, agit activement pour promouvoir et préserver un mécénat d’entreprise au service de l’intérêt général.  Il est intéressant de souligner que ces trois dynamiques sont profondément complémentaires. Elles abordent chacune l’un des 3 angles d’une vision systémique. La première, par la priorisation des domaines, invite à se mobiliser sur les transformations structurelles à l’œuvre. La seconde rappelle l’importance de se doter d’une vision transversale des territoires pour appréhender le « 1er kilomètre » des besoins. La troisième met l’accent sur une catégorie particulière d’acteurs structurants pour l’avenir : les structures d’intérêt général.

Du côté des acteurs académiques, de nombreuses initiatives émergent pour valoriser le rôle des nouvelles alliances, troisième levier des modèles socio-économiques. Des exemples ? Le CRESO – CEntre de Recherche sur l’Entreprenariat SOcial- de l’UCLY (Université Catholique de Lyon) rédige les Actes de son Colloque PART’Innov sur les impacts managériaux, AgroParisTech lance une chaire sur les nouveaux métiers de la co-construction territoriale et le Catalyseur de l’université Paul Sabatier à Toulouse structure une réponse sur le rôle des acteurs académiques en matière de nouvelles alliances locales.

De leur côté, les territoires se préparent eux-aussi comme le montre la 5ème Rencontre des pionniers des Alliances en territoire ou la Rencontre nationale de l’ANPP. Une 3ème ingénierie territoriale, celle de la « catalyse territoriale » pour faciliter et animer la co-construction, se développe aux côtés de l’ingénierie de gestion et de celle du management de projet. Là encore, l’émergence de nouveaux modèles socio-économiques collectifs est inspirante pour comprendre les évolutions structurelles de notre écosystème.

Face à la convergence de toutes ces démarches, comment ne pas être enthousiaste sur notre capacité à inventer des modèles socio-économiques de demain pour un XXIème siècle plus équitable, fraternel et durable ? La condition sine qua non est de comprendre que loin de vouloir trouver LE modèle le plus performant, il nous faut défiir collectivement LES modèles les plus pertinents. C’est dans ce sens que ceux qui proviennent de la (R )évolution numérique peuront être réellement au service de la co-construction du bien commun. C’est en effet dans ce cadre que l’économie numérique révèlera son plein potentiel de valeur socio-économique.

Dans ce contexte Le RAMEAU insiste sur l’importance d’étudier particulièrement les modèles socio-économiques des structures d’intérêt général. Ce sont par nature les plus complexes. En les comprenant bien, il est possible d’inventer des solutions qui sont utiles non seulement pour ces acteurs, mais plus largement pour tous les acteurs économiques publics et privés. Pour faire une comparaison, c’est comme l’AFM-Téléthon avec la médecine de demain. C’est parce qu’ils ont étudié les plus complexes des maladies rares qu’ils ont trouvé des solutions pour les maladies fréquentes, et que la France est aujourd’hui leader mondial des biothérapies.

Pour vous en convaincre, vous pouvez découvrir la présentation faite par Le RAMEAU sur la diversité des modèles socio-économiques et la place spécifiques des modèles d’intérêt général, partagée lors du voyage d’étude du Cercle RSE & Partenariats à Montargis. Nous vous invitons aussi à vous procurer le prochain numéro de Juris Associations dans lequel vous retrouverez un dossier spécial sur les fruits de 10 ans de recherche empirique sur les spécificités de ces modèles socio-économiques.

Pour partager ces convictions étayées par la pratique, nous vous invitons à participer à la conférence sur les modèles socio-économiques qui aura lieu le 5 septembre prochain à 11h, au Palais Brongniart dans le cadre du Forum Mondial Convergences.

La France, pays où s’est inventé le concept d’intérêt général, souhaite-t-elle être le pays pionnier en matière de nouveaux modèles socio-économique sociétaux ?  C’est une question pertinente à la veille de la remise de la « Feuille de route » des ODD à l’ONU le 25 septembre prochain par le Président de la République. Une chose est certaine : si elle s’en donne l’ambition, elle a tous les moyens de la réussir. Tant les réseaux nationaux, publics et privés, que les acteurs des territoires ont les clés pour réussir ce challenge. Il suffit de les articuler entre elles. La question est maintenant : en aurons-nous l’ambition collective ?

Bel été d’ici là…

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