Peste a Madagascar: Un fantome d'aujourd'hui

Peste a Madagascar: Un fantome d'aujourd'hui
17 Décembre 2012 - Les plus grands dangers sont ceux que l'on considère comme disparus. Malgré les efforts des organisations humanitaires pour éradiquer les maladies dont on sait aujourd'hui que l'on peut guérir, la peste continue de frapper durement l'île de Madagascar, deuxième pays le plus touché au monde après la République Démocratique du Congo. Plusieurs foyers viennent d’être découverts autour de la capitale, Antananarivo. Au total, depuis le début de l’année, la peste a déjà touché 250 personnes ; 90 depuis début octobre. Et près d’un malade sur cinq est décédé.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a constaté une hausse du nombre de décès par rapport à 2012, bien que la contagion ne progresse que lentement. Un problème structurel d'accueil des malades et de ressources humaines explique que la peste soit mal diagnostiquée et traitée tardivement. Mais certains malgaches hésitent également à avouer leur maladie.

"Si je dis que je suis malade, je perds mon travail. Alors je me cache et je fais semblant d'aller bien" Nous confie Hubert, habitant d'Antananarivo.

Les malades consultent trop rarement, et depuis le début de la crise il y a quatre ans, cela s’est aggravé. «La vulnérabilité des populations s’est accrue, explique le docteur Seignon, spécialiste de la peste dans l'île. «Avec la situation socio-économique. L’accessibilité aussi parfois aux centres de soin est difficile. Donc c’est une prise en charge tardive qui peut expliquer l’augmentation du nombre de décès.»

Malgré les campagnes d'information et de traitement de l'OMS et d'ONG locales telles qu'EFA, les habitants de la capitale malgache tels que le Dr Seigon restent pessimistes: "Il y a trop de problèmes d'hygiène, et pas assez d'argent investi dans l'éradication de la peste. Cela fait des décennies que la maladie est présente dans l'île, et nous ne croyons pas qu'il sera possible de l'éradiquer dans les prochaines années".
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