[Entretien] Yoann Kassi-Vivier, co-fondateur de Pro Bono Lab

[Entretien] Yoann Kassi-Vivier, co-fondateur de Pro Bono Lab
L'association Pro Bono Lab (du latin pro bono, pour le bien public) mobilise des professionnels


D’où est venue l’idée de lancer Pro Bono Lab ?

A l’origine un engagement étudiant permettant de mettre à la disposition d’associations d’utilité sociale des ressources auxquelles elles n’avaient pas accès. Etudiants à HEC nous avions avec Antoine Colonna d’Istria et Emilie Vuillequez l’ambition de bâtir une société dans laquelle les citoyens, les associations et les entreprises mutualisent leurs compétences pour faire progresser l’intérêt général. Le choix du nom de notre association, car le mode de gouvernance de Pro Bono Lab est celui d’une association, n’est pas le fruit du hasard puisqu’en latin « pro bono » signifie « pour le bien public ». Pour ma part j’ai été initié au mécénat et au bénévolat de compétences chez The Taproot Foundation à San Francisco et à la fondation d’entreprise l’Oréal à Paris. De quoi découvrir non seulement les besoins d’accompagnement des associations mais aussi les enjeux RH des entreprises de mobilisation de leurs salariés. Pro Bono Lab a ainsi vu le jour en janvier 2011 et propose aux professionnels et étudiants volontaires de participer à des missions de conseil en équipe pour accompagner gratuitement les associations. Ces missions que nous appelons « Projets Probono » concernent aussi bien le marketing que la gestion des ressources humaines, la communication ou la stratégie.

 

Quels sont les bénéficiaires de vos missions ?

Nous réalisons uniquement du Probono pour des associations ayant une finalité sociale et de petite taille, c’est-à-dire employant entre 2 équivalents temps plein bénévoles ou salariés et 20 temps plein salariés. Au-delà nous considérons qu’elles ont les moyens d’accéder aux compétences nécessaires. Notre structure s’appuie sur deux piliers: un laboratoire de recherche et d’expérimentation avec lequel nous menons des campagnes de sensibilisation auprès de professionnels (avocats, cabinets de conseil, chirurgiens...), un laboratoire d’actions auprès des associations à qui nous proposons des solutions concrètes d’engagement de salariés ou d’étudiants. Nous sélectionnons les associations qui posent leur candidature via notre site internet. Quand elles entrent dans nos critères nous cherchons quel partenariat en terme de compétence et de financement nous pouvons mettre en place. Car pour financer ces actions nous nous appuyons sur des partenaires prêts à s’engager dans une mission à nos côtés. Nous en avons actuellement une trentaine comme les fondations de la Société Générale, d’ Accenture, Bouygues Construction ou le Barreau de Paris. Même si l’offre est attractive pour les entreprises, le plus difficile, après deux ans de fonctionnement, reste encore de trouver le financement.

 

Au regard des résultats quelle est aujourd’hui l’ambition de votre association ?

Nous sommes actuellement douze salariés chez Pro Bono Lab avec deux implantations, l’une en Ile de France et l’autre en région Rhône Alpes et travaillons avec une cinquantaine de consultants bénévoles. Depuis 2012 nous avons réalisé plus de 200 diagnostics d’associations et 180 missions d’accompagnement. 20 000 heures de conseils gratuits ont été dispensés par les 1 600 volontaires engagés dans des projets auprès de 140 associations. Notre objectif est surtout de permettre à chaque association sélectionnée d’obtenir deux missions car la plupart du temps il n’est pas possible de provoquer le changement en une seule fois au cours d’un marathon qui dure une à deux journées. Notre souhait est d’accompagner des acteurs existant depuis longtemps, qui marchent et qui ont besoin d’avancer. 

 

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