Les locaux désaffectés de la SNCF proposés comme scènes pour la culture.

Les locaux désaffectés de la SNCF proposés comme scènes pour la culture.
Le patrimoine immobilier de la SNCF est pour le moins impressionnant : 29 000 bâtiments. Elle a décidé d’en faire profiter le monde de la culture en lançant un appel à projets destinés à investir temporairement quelques lieux. Mais ce projet n'emballe finalement pas tellement le monde artistique.


En effet, la SNCF a porté son choix sur 16 bâtiments non occupés et dont la réhabilitation pourrait prendre jusqu’à 10 ans pour certains, elle mettra donc ces bâtiments à la disposition pour la réalisation de projets culturels qu’un comité qualifié jugera de qualité. C’est donc une quinzaine de lieux tels que des bagageries, un château d’eau ou encore les « Cathédrales du rail » de Saint-Denis qui pourront abriter expositions, concerts, lieux de vie ou espaces de jeu éphémères, représentation théâtrale. Le projet ne doit pas excéder une durée de 6 mois pour permettre un roulement dans les activités et les propositions.

La SNCF développe de plus en plus de liens avec le monde de la culture. Déjà certaines gares de la banlieue parisienne ont été réhabilitées et sont désormais de véritables centres culturels, le Ground Control, bar éphémère, est accueilli dans des anciens ateliers de maintenance du 18è arrondissement de Paris, le Train de l’Impressionnisme circule depuis le 27 Avril et offre une découverte des lieux berceaux de ce courant artistique. Autant d’élément divers qui montre la volonté de la SNCF de mettre son réseau et ses possessions au service de la découverte et de l’enrichissement culturel.  

C’est donc le 5 Mai que Sophie Boissard a lancé l’appel à projets qui sera clos le 27 Septembre. Le jury, composé de personnalités du monde de la culture, présentera les projets sélectionnés début décembre. Au sein de ce jury on retrouve Dominique Alba, directrice générale de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), Didier Deschamps, directeur du Théâtre national de Chaillot, Henri Jobbé-Duval, commissaire général de Révélations (salon des métiers de l’art et de la création), Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture, et Hortense Archambault, directrice de la maison de la culture de Seine-Saint-Denis.

Ce jury professionnel devra prendre en compte différents critères pour sa sélection: le projet doit être de qualité, il doit permettre de toucher un large public et doit évidemment être réalisable au point de vue technique. 

Point très important, le projet présenté doit déjà avoir un financement pour être retenu. C’est sur ce dernier point que des artistes réagissent fortement. Pour eux, la SNCF cherche en fait à donner une nouvelle jeunesse à ses bâtiments en friches aux frais des artistes.  En se réservant le droit de regard sur les oeuvres produites dans le cadre du projet retenu et en mettant en un point d’honneur à ce que que les projets proposés soient financés, la SNCF s’attire les foudres d’un nombre important d’artistes qui signent la pétition lancée visant à dénoncer le concours.

 

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