La saga Admical : la nouvelle gouvernance du carrefour du mécénat

La saga Admical : la nouvelle gouvernance du carrefour du mécénat
Ce midi, breaking news, l'Admical a annoncé un changement de gouvernance. Bénédicte Menanteau quitte ses fonctions de déléguée générale d'Admical, l'association qui a pour vocation de développer le mécénat des entreprises et des entrepreneurs en France. Aux commandes dorénavant, François Debiesse, secondé par Charlotte Dekoker et Sylvaine Parriaux.


Depuis quelques mois l'Admical a connu des changements perturbant le paysage du mécénat qui a ses petites habitudes avec le vaisseau amiral du mécénat d'entreprise.

L'Admical, créée en 1979 sous l'impulsion de Jacques Rigaud a effectué pendant plus d'une décennie un important travail de lobbying pour favoriser le mécénat des entreprises et aboutir à la constitution d'un dispositif fiscal incitatif. La consécration de ce travail de longue haleine a eu lieu l'été 2003, avec le vote de la loi Aillagon.

L'association a alors mené un important travail de sensibilisation, et a animé la vie mécénale française autour d'évènements d'envergure comme les Oscars du mécénat ou les Assises tous les deux ans.

En 2013, la présidence de l'Admical passe entre les mains de Henri Loyrette, ancien président-directeur du Louvre, dont on connaît les succès en termes d'augmentations de ressources propres du plus célèbre musée français.

En novembre dernier, rebondissement. Henri Loyrette qui doit passer beaucoup de temps à l'étranger délègue ses pouvoirs à François Debiesse, jusqu’alors vice-président d’Admical. François Debiesse, ancien CEO de BNP Paribas Wealth management et président de la fondation de l’Orangerie pour la philanthropie individuelle, était déjà un membre actif du conseil d'administration de l’association.

En décembre, à l'occasion de la parution de sa nouvelle charte, l'Admical a franchi un cap en ôtant de sa baseline le terme « entreprises ». L'association entreprend alors une diversification de ses publics et de ses cibles en se revendiquant référence pour les entreprises, les particuliers et les associations. C'est donc tout le mécénat que souhaitait désormais englober l'Admical.

S'il est souhaitable d'intégrer tous les acteurs dans une réflexion globale, ce parti pris en avait déstabilisé plus d'un. Un flou certain régnait, laissant cours à des suppositions dont on ne peut dire si elles étaient réalistes ou non : l'Admical allait-elle faire concurrence aux acteurs du crowdfunding et du fundraising ? Des questions restaient également en suspens, dont la place des PME, des TPE et des mécénats régionaux dans une dynamique encore, dans les faits plus que dans le discours, polarisée autour d'un mécénat de fondations de grandes entreprises, et concentrée à Paris – et dans quelques grandes villes.

 

La nouvelle équipe dirigeante devrait stabiliser l'association puisqu'elle sera dirigée, sans surprise, par François Debiesse, épaulé par deux déléguées générales adjointes, qui travaillent au sein de l'association depuis des années.

Charlotte Dekoker, pur-produit de l'Admical, a fait presque toute sa carrière au sein de l'association jusqu'à en devenir directrice de la communication, des relations extérieures et des affaires publiques l'année dernière. Biberonnée au mécénat d'entreprise et repérée par Jacques Rigaud qu'elle a rencontré lorsqu'elle faisait son mémoire, Charlotte est une figure bien connue du milieu.

Sylvaine Parriaux, professionnelle de la communication, est entrée à l'Admical en 2010 après un master en RSE et des missions chez Greenpeace et Optimus. Elle était directrice du développement des adhésions.

 

Il ne reste qu'à attendre de voir ce que la nouvelle équipe développera ou réduira, et quel chemin prendra cette institution phare de la philanthropie française, qui, en plein développement, a justement besoin de repères solides, et plus que jamais de réflexions profondes. 

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