Rencontres du mécénat Pays de Loire à Angers : une première très réussie

Rencontres du mécénat Pays de Loire à Angers : une première très réussie
Jeudi 21 mai la capitale du bon Roi René recevait au Théâtre Le Quai quelque 400 participants autour d’un sujet qui monte – en tout cas localement – le mécénat. Discuter de l’engagement sociétal des entreprises, des initiatives innovantes des porteurs de projets associations comme fondations, de l’implication des acteurs publics locaux, c’est ce que permettait le programme concocté par le Pôle Mécénat Pays de Loire, organisateur de cette demi-journée riche en sujets et rencontres. Rencontres terminées de façon originale et réjouissante par une respiration musicale chantée par l’angevin Benjamin Piat et par une réflexion philosophique de Emmanuel Jaffelin ("Être philanthrope rend-il heureux ou faut-il être heureux pour être philanthrope ?") qui précédaient le mot de conclusion du chef de la mission mécénat du ministère de la culture.


L’association Admical, carrefour du mécénat d’entreprise depuis plus de trois décennies,  montre régulièrement la voie au travers de ses colloques, matinales et tous les deux ans assises … évènements instructifs et porteurs d’échanges motivants avec divers acteurs du secteur. Le Pôle Mécénat a su imprimer sa marque, sur le fond avec le sujet du mécénat territorial notamment, mais aussi  sur la forme, tout en s’inspirant d’Admical dont le nouveau Président exécutif François Debiesse a ouvert les rencontres en compagnie de Arthur Gautier directeur exécutif de la chaire philanthropie de l’Essec et de Laurence Weber directrice générale adjointe de l’association Le Rameau (et après les incontournables représentants des institutionnels, dont Stéphane Martinez, président du Pôle mécénat et de la fondation Mécène et Loire, qui a voulu alarmer sur les risques d’autogestion du mécénat par les collectivités, critique dont on pourra reparler un autre jour).

Les sujets abordés pendant la demi-journée étaient classiques (voir le programme complet #MécénatPDL) tout en allant assez loin dans les mécanismes du mécénat, avec un parti pris très assumé : « Contreparties : des horizons plus vastes et innovants », « Le mécénat outil de diplomatie des entreprises à l’étranger » ou encore « Le mécénat, facteur d’intégration et de bien-être des salariés ». Intervenants très complémentaires et animations pertinentes, les tweets échangés avec le hashtag #MécénatPDL en sont un excellent reflet – avant la mise en ligne de la synthèse écrite.

S’il faut choisir un sujet on peut revenir sur celui du mécénat local et des TPE et PME, dont François Debiesse avait bien précisé à la table ronde d’ouverture qu’ils étaient l’enjeu du mécénat de demain, l’enjeu d’un développement massif de l’engagement sociétal de toutes les entreprises.

Stéphane Martinez, l'un des entrepreneurs à l’origine de la fondation Mécène et Loire, du Pôle Mécénat Pays de Loire et de Mécèn’élite Anjou pour les sportifs de haut niveau, explique d’ailleurs dans un entretien accordé à Angers Mag l’intérêt du mécénat collectif , une des formes d’avenir du mécénat des PME : « Ensemble, on est sur des projets beaucoup plus importants, beaucoup plus porteurs sur le territoire. » Spécificités locales, complémentarité et connaissance des acteurs locaux, proximité avec les donateurs, le mécénat territorial est une façon de rapprocher l’engagement sociétal des besoins du terrain. C’est aussi une manière de montrer les opportunités en termes de stratégie, de management, de communication et d’innovation dans des structures à taille humaine, dont les modèles de mécénats pourront être ensuite appliqués plus facilement dans des entreprises plus complexes. La présence de la fondation de la ville de Lille était un autre exemple du fonctionnement dynamique local autour du thème de l'engagement sociétal et des actions solidaires et citoyennes.

La fin de l’après-midi fut l’occasion de découvrir un jeune et talentueux chanteur, Benjamin Piat, et de réfléchir aux interrogations philosophiques de Emmanuel Jaffelin, qui, spécialiste de la gentillesse, a poussé les participants à rester concentrés sur la notion de bonheur rapportée à la philanthropie… De quoi remplir des semaines de colloques, et un bel avenir dans le secteur pour le philosophe quand on connaît l’importance en France de la théorie. Reste à trouver le moyen de passer à la pratique et donc aux comptes-rendus, aux évaluations, à la mesure de l’impact mécénal et social, bref il y a de quoi faire !

 

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