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[ENTRETIEN] Rodolphe Gouin, directeur général, Fondation Bordeaux Université

[ENTRETIEN] Rodolphe Gouin, directeur général, Fondation Bordeaux Université
Rodolphe Gouin a fait ses études à Bordeaux (sciences politiques et philosophie). Il a depuis effectué un sacré parcours pour un novice du secteur qui n'avait « jamais entendu le mot fundraising » d'être chargé du projet de création de la Fondation Bordeaux Université. A l’origine, la fondation regroupe tout le site universitaire (les 4 universités et les écoles), il s'agit de « jouer collectif ». À sa création, la fondation voulait recruter quelqu'un pour faire une analyse et un état des lieux de ce qui « existait ailleurs ». Rodolphe Gouin a été chargé d'études de ce projet. Dès avril 2009, sa proximité physique et professionnelle avec le président de l'université de Bordeaux II (une université parmi les quatre qui se penchaient sur la question) lui permet de faire avancer le sujet. « Les gens se trouvent » : le président de Vivendi de l'époque, Jean-René Fourtou, devient président d'honneur de la fondation et y joue un rôle très actif. Rodolphe Gouin surfe sur internet et s'inspire principalement de l'étranger car à l'époque il n'y avait pas de fundraising universitaire, à l'exception de quelques FRUP. Il intègre l'AFF [Association Française des Fundraisers] dès 2010 pour se former.


Aujourd'hui la fondation regroupe deux universités (il y a eu une fusion de 3 universités bordelaises) , trois écoles (Bordeaux INP, Sciences Po Bordeaux et Bordeaux Science Agro) ai,nsi que le CHU de Bordeaux : « tout le monde a voulu jouer ensemble », insiste Rodolphe Gouin qui souligne le caractère unique de cette union. La fondation compte 10 salariés : le directeur général, un pôle développement (4 personnes), le pôle Opérations qui est le pôle de départ (il est au cœur de la fondation et gère les projets de partenariats et de co-construction) (3 personnes) et le pôle administratif et financier (2 personnes).

La cible de cette fondation, ce ne sont clairement pas les anciens. La fondation a levé 12 millions d'euros en 5 ans, un très beau score. A 95%, les fonds proviennent d'entreprises. C'est rare. Rodolphe Gouin pense le travail de mobilisation des anciens (alumni), « ce n'est pas aux fondations mais aux écoles de le faire ».

Au quotidien, Rodolphe Gouin manage son équipe. Il élabore la stratégie de développement avec le conseil d'administration et le comité stratégique. Il « conçoit des projets » ; il illustre ce volet de son travail avec un exemple concret : une entreprise « manquait de visibilité pour recruter des étudiants », elle a été aiguillée vers la création d'une bourse sur des critères académiques, sociaux et de projets professionnels, et a proposé un stage en son sein (si l'étudiant le souhaitait). Pour lui, c'est clairement sur la « formation qu'il faut lever de l'argent », et surtout sur « l'internationalisation de la formation ».

Il a le discours franc. Les chaires, les fonds, les observatoires sont « purement du marketing ». Quel que soit leur nom, ces projets sont « hyper vendeurs » car ils « valorisent les entreprises ». Donc Rodolphe Gouin œuvre à rencontrer des entreprises et à leur proposer les projets : « On ne va pas chercher des chèques, on va chercher des partenaires. » Il a une philosophie du développement pour le fundraising : « On perd notre temps si on ne fait que chercher des dons, il faut une vision holistique de la relation entreprise. » Rodolphe Gouin est persévérant, il ne « s'arrête pas au non » : « il faut imaginer tout et n'importe quoi pour trouver [l'] intérêt [des entreprises] ». L'avenir ? Les fondations qui ne font que du fundraising sans personnel dédié à temps plein à cette mission vont « mourir ». Pour lui, seule une dizaine de fondations d’université « vaut le coup », et de citer Strasbourg, UPMC, Bordeaux, Poitiers, Cergy Pontoise (qui « fait un travail en profondeur ») ou encore Dauphine. L'un des derniers points évoqués, et non le moindre : « Il faut que les équipes politiques des universités se saisissent du sujet. » Le fundraising est un outil, pas une finalité.

On « est sorti du modèle philanthropique » mais les universités ont « des choses à vendre », les autres questions évoquées (défiscalisation, question de la proportion des contreparties) sont « anecdotiques ». Tout est dit.

 

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