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[ENTRETIEN] Pascale Humbert, responsable Mécénat de la Fondation VISIO

[ENTRETIEN] Pascale Humbert, responsable Mécénat de la Fondation VISIO
Pascale Humbert est une communicante engagée dans une aventure qui la passionne : aider par les moyens les plus larges possibles -recherche, innovations, diffusion- les personnes aveugles et malvoyantes à gagner en autonomie. C'est auprès des entreprises privées et grands mécènes qu'elle trouve les moyens de financement de la recherche comme de la production d'outils innovants.


Comment êtes-vous arrivée à la Fondation VISIO ?

A l'origine j'étais directrice associée puis gérante d'une agence de communication qui avait pris le parti d’intervenir, quand elle le pouvait, en mécénat de compétences auprès d’associations à dimension caritative. Nous sommes aussi intervenus comme prestataire pour l' association les Chiens Guides d'Aveugles de l'Ouest sur une opération d'urgence et cela m'a passionnée. La Fondation VISIO a été créée en 2011, je suis intervenue sur une mission en 2012 et je l’ai  rejointe l'année suivante pour mon plus grand bonheur, pour mettre en place le pôle mécénat et grands donateurs. Je suis aujourd'hui passionnée par ce que je fais, tout étant à créer. Et suis bien convaincue d'avoir beaucoup de chance.

Quels sont les axes d'intervention de la Fondation ?

La Fondation VISIO est la seule à intervenir dans trois domaines de recherche de pointe au bénéfice des personnes aveugles ou malvoyantes. D'abord la lutte contre les maladies cécitantes. Le nombre de personnes souffrant de malvoyance est en très forte croissance dans une société vieillissante mais qui passe  aussi de plus en plus de temps sur des écrans, notamment les enfants. Elle développe des nouvelles technologies pour renforcer la mobilité et donc l'autonomie des personnes aveugles  ou malvoyantes, indispensable pour faciliter leur intégration sociale et professionnelle.
Nous intervenons en recherche ophtalmologique (un appel d'offre par an), en recherche technologique (avec un programme phare : la canne blanche électronique, que nous fabriquons par le biais d’une entreprise – Visioptronic – que nous avons créée en 2013, et nous avons lancé un pôle de recherche vétérinaire unique en France autour du  chien guide d’aveugle (une nouveauté 2016). L’objectif est de favoriser la naissance de chiots en parfaite santé et disposant des aptitudes adéquates pour devenir un futur chien guide. Nous travaillons sur des pathologies oculaires, neuro musculaires,comportementales.
La Fondation est totalement privée, toutes les ressources venant des mécènes et de grands donateurs sans aucune subvention publique. Le premier des mécènes est l'Association des Chiens Guides d'Aveugles de l'Ouest, notre membre fondateur, et nous faisons appel aux dons des entreprises  et à ceux des particuliers assujettis à l’ISF.
La Fondation a un champ d'action national pour la recherche ophtalmologique (une dizaine de projets sont en cours). Pour la canne blanche électronique, notre objectif est aujourd’hui de la déployer à l’international pour pouvoir aider le plus grand nombre de personnes déficientes visuelles. Elle est mise gratuitement à disposition des bénéficiaires, comme le chien guide. C'est un extraordinaire détecteur d'obstacles. Pour la France, nous avons mis en place un réseau de diffusion composé notamment d’écoles de chiens guides.

Quelle est votre vision de l'évolution du mécénat ?

Le mécénat se développe de mieux en mieux et n'est plus l'apanage des grands groupes, même de toutes petites entreprises s'impliquent aujourd'hui. Le contexte économique a certes généré un serrage de vis pour les plus modestes mais parallèlement le mécénat de compétences s'est développé.
Je suis confiante car cette implication financière ou en mécénat de compétences correspond à une évolution de la société. Elle est stimulante pour l'entreprise et motivante en interne. Le siège de notre Fondation est à côté d'Angers et nous constatons l'action  de la fondation Mécène et Loire qui mobilise les chefs d'entreprise de petites et moyennes structures. Je suis parfois un peu surprise que la défiscalisation générée par le mécénat soit assez peu connue mais ce n’est certainement pas la cause première de l'engagement.
Le social et l'économique sont de plus en plus liés et ont besoin l'un de l'autre.

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