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La générosité, source de bien-être au travail

La générosité, source de bien-être au travail
« Concernant l’engagement de ses salariés, l’entreprise doit se borner à multiplier les propositions et à bien informer sur les solutions disponibles, sans jamais contraindre ni inciter trop fortement » selon Mickaël Mangot, économiste du bonheur, enseignant à l’Essec et AgroParisTech et auteur de l’ouvrage "Heureux comme Crésus ?". Mickaël Mangot est intervenu, le 30 juin 2016, lors du colloque organisé par SOLAAL à l’occasion de ses trois ans.


Qui sont les économistes du bonheur ?

L’économie du bonheur est une branche récente de l’économie qui se trouve être en plein essor depuis les années 1990-2000. Véritable discipline académique, elle s’évertue à observer et analyser les déterminants économiques du bien-être subjectif des individus tel qu’il est déclaré dans les enquêtes. Les économistes du bonheur multiplient donc les tests statistiques pour voir si l’argent fait le bonheur, si la consommation fait le bonheur, si le travail fait le bonheur, etc. Et obtiennent des résultats qui vont parfois contre l’intuition.

La générosité contribue au bien-être en général mais qu’en est-il dans l’entreprise ?

Effectivement, la générosité est un levier important pour le bonheur. C’est ce que montrent les études sur le bonheur des donateurs ou des bénévoles. En choisissant d’être généreux, on fait la démonstration qu’on est autonome dans ses décisions, on trouve un sens à son existence, on se prouve à soi-même (et aux autres) qu’on est une bonne personne et on se relie à une cause ou à un collectif. Autant de facteurs qui favorisent le bonheur.

En entreprise aussi, la générosité est possible et contribue fortement à la satisfaction au travail. Il peut s’agir pour les salariés de générosité vis-à-vis de leurs collègues : aider un collègue surmené, participer aux cagnottes pour les gens qui quittent l’entreprise, faire un don de RTT à un parent d’enfant malade, ou même seulement partager des informations.

Il peut aussi s’agir de la générosité vis-à-vis de l’entreprise, en ayant un comportement citoyen au sein de l’organisation, en se refusant de la dénigrer, en se montrant positif, en faisant des mini-tâches qui améliorent la vie en collectivité (changer les gobelets de la fontaine à eau ou de la machine à café !).

Enfin, cela peut aussi être de la générosité à l’égard de la société civile, via le mécénat de compétence ou l’intrapreneuriat social.

En plus d’augmenter la satisfaction au travail des salariés qui la pratiquent, la générosité a un impact positif sur leur productivité et se reflète dans la performance collective de l’entreprise.

Comment l’entreprise peut-elle favoriser l’engagement de ses salariés tout en respectant leur autonomie ?

L’entreprise doit faire attention à ne pas aliéner la sensation d’autonomie des salariés qui se montrent généreux. Sinon tous les bénéfices en termes de satisfaction au travail et de productivité disparaîtraient. Il faut donc, pour l’entreprise, se borner à multiplier les propositions et à bien informer sur les solutions disponibles, sans jamais contraindre ni inciter trop fortement.

A ce sujet, des chercheurs s’intéressent à un nouveau type d’incitation financière. Il s’agit d’incitations qui sont à mi-chemin entre des primes d’objectifs personnelles (bonus) et des primes collectives (participation, intéressement…). Ces primes d’un nouveau-type sont appelés bonus pro-sociaux et doivent être dépensés, cela dépend, par les salariés pour récompenser des collègues ou pour financer des associations caritatives de leur choix. A chaque fois, le récipiendaire est à la discrétion du salarié, donc l’autonomie du salarié est respectée.

Les chercheurs sont en train d’évaluer l’impact sur la motivation au travail de ce genre d’incitations altruistes. Les premiers résultats sont encourageants, avec un effet identique voire supérieur à des primes pour soi.

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