Boris Mittermüller et l'engagement de Foodora auprès des Restos du cœur

Boris Mittermüller et l'engagement de Foodora auprès des Restos du cœur
Comme Carenews vous l’a annoncé, depuis le 4 septembre, et jusqu’au 2 octobre 2016, Foodora mène une action de solidarité au profit des Restos du Cœur. Foodtech présente dans de nombreux pays (Australie, Autriche, Canada, Finlande, Allemagne, Italie, Norvège, Suède, Pays-Bas), la plateforme de livraison de repas à domicile à destination des particuliers et des entreprises est implantée en France à Paris, Lyon et Bordeaux. « En septembre, Foodora roule pour les restos du cœur » est le nom de cette opération de solidarité qui se déroule sur Paris. Pour chaque kilomètre pédalé par ses livreurs - qui porteront un brassard aux couleurs des Restos du Cœur -, un euro sera reversé aux Restos du Cœur, soit l’équivalent d’un repas offert. De plus, les clients peuvent également décider de faire don d’un euro complémentaire aux Restos du Cœur, en validant leur commande sur le site ou l’application de Foodora, grâce à l’installation d’un bouton spécifique. L’opération permet ainsi aux Restos du Cœur de faire face au ralentissement saisonnier de ses ressources pendant l’été et la rentrée.


Boris Mittermüller, directeur général de Foodora, est un habitué des projets généreux puisqu’il a déjà développé un projet avec l'Ordre de Malte en Allemagne lors de son poste précédent au sein du cabinet Mac Kinsey. Il souhaite que ce partenariat solidaire au profit des Restos du Cœur, qui se déroule pendant un mois sur Paris, se pérennise et se développe dans les autres villes de France où Foodora est présente. Boris Mittermüller a accepté de répondre à nos questions et d’exposer à Carenews les dessous de cet engagement solidaire.

Carenews : Comment vous est venue l’idée de cette action solidaire auprès des Restos du Coeur ?

Boris Mittermüller : J’adore le cyclisme. En m’entraînant l’été dernier, j’ai observé que les plus démunis sont souvent oubliés pendant la période estivale. J’ai eu l’idée qu’il y avait quelque chose à faire entre notre service de livraison et une association caritative. Et j’ai immédiatement pensé aux Restos du Cœur. C’est une institution qui colle très bien avec notre activité et ils font face à cette période creuse dans leur récolte de fonds. Nous nous adressons à des clients qui, justement, peuvent payer les repas qu’ils commandent chez nous : ce qui est beau, c’est de partager un peu de notre succès. J’ai soumis l’idée à mon équipe qui a adhéré aussitôt. »

Carenews : Comment avez-vous conçu puis mis en œuvre le projet ? Avez-vous fait appel à des prestataires externes (agences de conseil, de communication) ?

BM : Le projet a été entièrement développé en interne, à l’exception du recours à une agence de relations presse pour les communiqués de presse. C’est l'équipe de Foodora qui a travaillé sur ce projet le week-end et le soir en plus des horaires de travail : toute l’équipe a porté le projet. Tous les départements de notre start-up ont été impliqués : marketing, opérations (gestion des coursiers), sales, account management, … Les aspects techniques sur notre site ont été pris en charge par nos développeurs à Berlin. Nous avons voulu mettre en place une mécanique très simple : 1 km pédalé par nos coursiers = 1 euro = 1 repas distribué par les Restos du Cœur. Un mois nous semblait la période adéquate pour une phase de test, mais si nous rééditons l’opération, nous la proposerons certainement plus en juin ou en début d’été.

Carenews : Quel a été le process avec l’association bénéficiaire ? Les Restos du Cœur se sont-ils impliqués dans le projet ?

BM : Nous avons soumis le projet aux Restos du Cœur il y a un an. Nous sommes très fiers qu’ils l’aient accepté, car ils reçoivent et refusent beaucoup de propositions. Le projet était bien ficelé quand nous sommes allés leur présenter, avec l’idée de base du « 1km = 1 euro » et la mobilisation de nos investisseurs et de nos coursiers. Ce sont eux qui nous ont incités à élargir cette implication à l’ensemble de notre écosystème en incluant les clients puis les restaurateurs : c’était une très belle idée de leur part. Ils nous ont aussi guidés et conseillés sur les procédures en interne et les contraintes à respecter pour passer les étapes de validation de notre projet et nous avons rédigé les communiqués de presse ensemble.

Carenews : Quels sont les objectifs que Foodora a fixés pour cette action ?

BM : Nous avons deux objectifs. D’abord, l’enjeu principal est de parvenir à lever des fonds pour les Restos du Cœur à un moment creux de l’année.  Notre objectif est de pouvoir distribuer 30 000 repas, mais nous espérons le dépasser. Ensuite, l’objectif pour Foodora était de parvenir à mobiliser tout notre écosystème : les investisseurs (avec le 1km = 1 euro), les coursiers (qui portent les brassards de l’opération et qui pédalent), les clients (avec le bouton de don direct) et les restaurateurs, que nous impliquerons encore davantage sur une prochaine édition.

Carenews : Est-ce que ce type d’opération est courant dans votre secteur ?

BM : On peut dire que c’est assez novateur pour une start-up de mettre en place ce type d’opération solidaire. On voit davantage cela pour les entreprises du CAC 40 ou plus tard dans la vie des entreprises. Nous avons beaucoup de chance : Foodora cartonne, l’équipe est dynamique et nous avions vraiment envie de partager un peu de notre chance auprès de ceux qui en ont moins. Nous sommes aussi précurseurs parmi les autres structures européennes de Foodora qui suivent cette action avec beaucoup d’intérêt.

Carenews : Comment avez-vous communiqué en interne auprès de vos équipes ?

BM : Nous sommes une start-up ultra dynamique, tout doit aller très vite. Tous les matins, j’ai un check in, un meeting avec les cinq directeurs de département. Lorsque je les ai informés de l’idée du projet, tout le monde était très motivé et trouvait ça vraiment « cool ». Puis ils ont à leur tour informé et impliqué de vive voix leurs équipes. Cela s’est fait de manière assez informelle. Le projet est un fort facteur de motivation interne, les équipes ont été partantes tout de suite et l’ont montré en se mobilisant aussi pour les collectes nationales au profit des Restos du Cœur.

Carenews : Quelle stratégie de communication externe avez-vous adoptée ?

BM : Nous communiquons sur l’action sur notre site internet et nos réseaux sociaux, notamment notre page Facebook, et nous en avons parlé dans notre newsletter à destination de nos partenaires. Nous avons diffusé un communiqué de presse et j’accorde des entretiens aux médias. Les retombées presse sont bonnes avec des parutions dans Le Figaro, Elle… et une interview sur BFM dans l’émission À But non lucratif.                           

Carenews : Quels sont les indicateurs de mesure-projet que vous suivez ?

BM : Le premier indicateur que nous suivons est celui des fonds levés pour les Restos du Cœur. Ensuite, nous suivons également les retombées presse pour vérifier que l’information sur l’action est bien diffusée et impliquer le plus de personnes possible. Nous cherchons également à savoir si l’action plaît, nous suivons ce qui se dit sur les réseaux sociaux : est-ce que les gens sont aussi enthousiastes que nous sur ce projet, est-ce qu’il y a des axes d’amélioration ? Nous vérifions le feedback de nos clients qui peuvent s’exprimer sur nos actions dans un espace libre à cet effet sur le questionnaire que nous leur envoyons toutes les deux ou trois semaines de manière aléatoire. Enfin, nous nous attachons à ce que les Restos du Cœur soient contents et qu’ils aient envie que ce cela devienne un rendez-vous annuel.

Carenews : Qu’est-ce qui ferait de cette opération une réussite ?

BM : Premièrement, que nous atteignions notre objectif de levée de fonds « 30 000 euros = 30 000 repas distribués ». Deuxièmement, rendre tous ceux qui ont été impliqués dans le projet suffisamment heureux et suffisamment impliqués pour qu’ils aient envie de recommencer l’année prochaine !

Crédit photo : Foodora

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