[CARENEWS JOURNAL 6] [DOSSIER] MÉCÉNAT DE COMPÉTENCES ET PRO BONO

[CARENEWS JOURNAL 6] [DOSSIER] MÉCÉNAT DE COMPÉTENCES ET PRO BONO
La typologie française répartit le mécénat en trois types : financier, en nature ou de compétences. Ils sont soumis tous les trois au même régime fiscal mais se mettent en œuvre de façon très différente.


Le mécénat de compétences, c’est avant tout utiliser les compétences de l’entreprise comme une richesse à partager avec des associations ou des institutions. Depuis quelques années, il tend à se confondre avec deux autres formes d’engagement des entreprises : la mise à disposition des salariés (du temps offert sur le temps de travail pour un engagement associatif) et le bénévolat de compétences, du bénévolat en rapport avec son métier qui est encouragé, voire soutenu. Toutes ces formes de mobilisation des collaborateurs se multiplient et se diversifient, avec pour point commun d’être novatrices, fédératrices et créatives.

11% des entreprises mécènes pratiquent le mécénat de compétences représente 12% du budget mécénat des entreprises.

28 % des mécènes qui le pratiquent sont des ETI/GE, 10% sont des TPE/PME.

(source : Baromètre ADMICAL 2016 / CSA)

Un mécénat porteur de sens

Si l’on revient sur ce qui est à placer sous le terme de mécénat (qui peut donc, si l’association est éligible, répondre du régime fiscal de la loi Aillagon), on distinguera donc deux mécénats de compétences : celui qui offre des prestations réalisées par des salariés dans le cadre de leur compétences d’entreprises (aussi connu comme du pro bono, exemple le plus courant : les prestations de conseil) et celui qui offre le temps des salariés (typiquement les partenariats de parrainage de jeunes). Le mécénat de compétences permet aux salariés d’une entreprise de découvrir de nouveaux horizons et de vivre des expériences enrichissantes tant sur le plan personnel que professionnel. Les bénéficiaires et les collaborateurs du mécène se rencontrent lors de ces partenariats, ce sont souvent des milieux et des compétences qui sont étrangers les uns aux autres. Les porteurs de projets bénéficient de l’expertise de professionnels, de ressources sur le long terme ou au contraire d’une puissante force de frappe plus ponctuelle. Du côté des entreprises mécènes sont soulignés très souvent les succès en terme de consolidation d’équipe et de bien être au travail. Les collaborateurs découvrent un horizon différent et trouvent du sens dans des projets d’intérêt général. Dans les limites de ce mécénat, on trouve les différences de fonctionnement et d’échelle entre le monde associatif et celui de l’entreprise. Du côté de l’entreprise, le mécénat de compétences est souvent chronophage et complexe en termes de gestion humaine et administrative. Concernant les collaborateurs, il est important de respecter les envies des salariés et de ne pas transformer le mécénat de compétences en une obligation, voire de tendre vers un certain paternalisme moderne.

Un outil de communication efficace

La Fondation EY pour les métiers manuels « soutient des projets innovants faisant appel à des savoir-faire d’excellence ». Créée en 2008, elle a comme joli credo de « permettre à tous les talents de s’exprimer ». Selon Jean-Pierre Letartre, Président d’EY en France et Président de la fondation : « Son fonctionnement est simple: les collaborateurs d’EY sont invités à donner de leur temps et à partager leurs expertises avec les porteurs de projets soutenus dans une logique de transfert de compétences. » Et mettre le talent et l’humain au centre d’une communication harmonieuse. Audelà de la valeur des prestations des collaborateurs, bénéficiaires et mécènes valorisent le mécénat de compétences comme une carte à jouer en communication, offrant à leur structure une visibilité croisée et mettant en valeur l’impact mutuel de partenariats prestigieux ou inédits. Le mécénat de compétences apparaît donc comme le moyen de faire s’exprimer tous les talents, et les révélations n’apparaissent pas forcément là où on les attendait de prime abord...

Le mécénat de compétences coeur de métier

Un des exemples les plus marquants de ces dernières années est celui de la société Ernett. Ce qui marque dans ce projet, c’est l'association de deux mondes différents : une entreprise de nettoyage professionnel dont les salariés sont, pour la plupart, sans aucune qualification, et la culture, réputée élitiste et inaccessible. Leur partenariat phare ? Effectuer le nettoyage de l’Opéra de Rouen. Ce mécénat met en valeur les exigences mutuelles des métiers de la propreté et de la musique et il a surtout permis aux salariés de découvrir gratuitement les spectacles de l’Opéra.

 

 

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