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[BILAN DU MÉCÈNES FORUM DE L’ADMICAL] LE MÉCÉNAT REDÉFINIT L’INTÉRÊT GÉNÉRAL

[BILAN DU MÉCÈNES FORUM DE L’ADMICAL] LE MÉCÉNAT REDÉFINIT L’INTÉRÊT GÉNÉRAL
Plus de 600 personnes et 50 intervenants ont participé à la 1è édition du Mécènes Forum de l’Admical, qui s’est tenue le 3 octobre dernier dans les locaux du Collège de France. La journée a consacré le rôle central du Mécénat pour répondre aux défis auxquels notre société est confrontée. S’en est également dégagée, comme un leitmotiv, la nécessité de «co-constructions » et de « coopérations » entre les acteurs du mécénat. Les réseaux sociaux ont fortement relayé les différents échanges, classant le Mécènes Forum en ‘Trending Topic’ sur Twitter tout au long de la journée.


Le mécénat : une « Force optimiste » (Charlotte Dekoker – Admical)

Précédées des discours d’ouverture de François Debiesse (Président de l’Admical) et de Marc Fontecave (Professeur au Collège de France), les plénières de la matinée, sur le mécénat en tant que vecteur d’innovation et sur le mécénat en tant que facteur d’inclusion dans la société, ont fait salle comble. Quatre tables rondes et deux conférences-débat se sont ensuite succédées, dans le cadre du « Forum Pro », autour de thématiques stratégiques telles que les liens entre RSE, éthique et mécénat, l’implication des collaborateurs, l’entrepreneuriat des femmes ou l’impact investing, … Puis le Forum « Mécénat et société » a réuni de grands noms du Collège de France et de nombreux mécènes et chefs d’entreprise pour échanger sur le soutien que le Mécénat apporte à la Culture et à la Recherche, et sur l’impact du mécénat sur l’économie et la société. Chacune de ses prises de paroles a contribué à souligner le levier formidable que constitue le mécénat pour inventer de nouvelles formes de partenariats, faire avancer la société et favoriser l’émergence de nouveaux modèles au service de l’intérêt général.

 

Repenser l’intérêt général

François Debiesse a clos le Mécènes Forum en livrant son crédo sur le « nouveau mécénat en marche, en construction ». Dressant le constat d’une société « plus cloisonnée que jamais », où « les grands lieux traditionnels de structuration des personnes sont en crise ou en perte de crédibilité » et dans laquelle « l’État Providence s’affaiblit, faute de moyens », il a appelé à « repenser l’intérêt général dans ses objectifs comme dans ses approches ». Il a affirmé sa conviction que « l’écoute, la concertation », comme « les alliances, le collectif » et « les petits pas » peuvent construire cet intérêt général. Et insisté sur le rôle majeur qu’auront à y jouer le monde associatif, « les ressources privées, qu’elles soient financières ou humaines », « en tant que facteurs d’innovation », la philanthropie familiale qui « explore de nouvelles voies » et « les entreprises qui affirment de plus en plus leur rôle sociétal ».

 

Les trois fonctions sociales du mécénat

Le discours de clôture de Pierre Rosenvallon, professeur d’histoire moderne et contemporaine du Politique au Collège de France, a également été très apprécié pour son érudition et la clarté de sa synthèse sur la place du mécénat dans la société. Après avoir rappelé en préambule les origines du terme « Mécène » -nom d’un ministre de l’empereur romain Auguste, qui a consacré sa fortune et son influence à soutenir, avec munificence, les arts et les lettres-  et la distinction entre la vision française du mécénat, héritée de cette notion de « munificence » et la vision anglo-saxonne, plus technique, il a souligné que « le mécénat n’a pas qu’une fonction matérielle » et « n’est pas que la béquille d’un état défaillant ». Le mécénat a, selon lui, trois fonctions sociales propres et essentielles : d’abord le Mécénat joue un rôle de « construction d’une citoyenneté concrète », à travers un mécénat de proximité, d’attention à autrui, qui rapproche les individus dans une société d’éloignement. Ensuite, le Mécénat « favorise l’innovation » et « est naturellement l’instrument de développement des expérimentations ». Enfin, il « enrichit la définition de l’intérêt général ». « Personne n’est propriétaire de l’intérêt général » affirme-t-il pour illustrer que l’intérêt général n’est plus seulement du ressort de l’État. Et même si, de la Monarchie, à l’Encyclopédie de Diderot, à la République, les Fondations ont été souvent perçues comme opposées à la notion d’intérêt général, elles ont, selon lui, un rôle croissant à jouer pour combler l’écart entre un intérêt général idéalisé et des moyens de mise en œuvre de plus en plus déficients. La transparence, l’éthique et l’instauration d’un débat public sur l’action des Fondations seront alors nécessaires pour parer l’écueil de la privatisation de la définition de l’intérêt général. Prônant que « le Monde du Mécénat doit trouver une place plus grande dans le débat public », Pierre Rosenvallon conclut : Plus qu’un instrument financier, plus qu’un moyen de contribuer à une société où le vivre ensemble devient davantage une réalité, « le mécénat construit un autre rapport de la société au Bien Commun ».

 

 

carenews.com est partenaire média du Mécènes Forum.

 

Photo : admical

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