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CONGRÈS COORACE 2016 : RÉSUMÉ DES 'PITCHS' SUR L’ESS, CANDIDAT PAR CANDIDAT

CONGRÈS COORACE 2016 : RÉSUMÉ DES 'PITCHS' SUR L’ESS, CANDIDAT PAR CANDIDAT
Le 23 novembre 2016, pour son 18ème Congrès autour de « L’emploi, une responsabilité partagée », la COORACE a convié les candidats déclarés à la Présidentielle 2017 à venir présenter, en 10 minutes, leur vision de l’Économie Sociale et Solidaire. Devant plus de 400 personnes, sept candidats ou représentants de candidats ont ainsi « pitché » sur l’avenir et les enjeux de l’économie sociale et solidaire. Pour ceux qui souhaiteraient approfondir et faire le point dans la perspective des prochaines élections, Carenews vous propose un résumé, candidat par candidat, des discours qui y ont été prononcés.


Par ce défi lancé aux candidats à la Présidentielle 2017 (à l’exception du Front National qu’elle n’a pas souhaité inviter), la COORACE, fédération nationale d’économie sociale et solidaire, a voulu remettre l’Économie Sociale et Solidaire au cœur du débat politique. Elle a rédigé pour l’occasion un court référentiel contenant état des lieux, actions et attentes de la COORACE. Les candidats ont été appelés à s’exprimer sur le rôle à jouer de l’ESS dans l’emploi, la démocratie citoyenne, l’amélioration des parcours d’insertion, la revitalisation des territoires, le numérique et les enjeux environnementaux.

Pierre Danon, représentant de François FILLON (vainqueur de la primaire de la droite)

Pierre Danon a rappelé que la priorité n°1 de la campagne de François Fillon est l’emploi (devant les Jeunes, seconde priorité du programme) avec la volonté de ramener le taux de chômage de plus de 10% à 7% au minimum. Affirmant que que ce sont « les entreprises qui créent l’emploi pérenne et durable », il a décliné les réformes du programme de son candidat qui visent à améliorer la compétitivité, réformer la fiscalité du capital ou favoriser l’essor du travail indépendant (en créant notamment une protection contre la perte d’emploi dans ce secteur).  Il a insisté sur l’importance de revaloriser l’alternance et l’apprentissage et sur les différentes initiatives permettant de ramener les jeunes vers les études ou l’emploi (comme les écoles de la 2ème chance)(mettre lien vers article carenews École de la 2ème chance). N’abordant quasiment pas dans sa présentation l’aspect environnemental ou de démocratie citoyenne, il propose cependant 1 milliard d’euros/an pour l’ESS et « aider à accélérer ce qui existe dans les territoires au niveau microéconomique », citant en exemple la généralisation du programme d’accès au haut débit visant à décliver la société. En conclusion, Pierre Danon invite la COORACE à participer à leur réflexion sur le sujet.

Bastien Faudot (candidat chevènementiste à la primaire de la gauche)

Pour Bastien Faudot, « la crise vient du mirage libéral, qui a exclure facteur humain ». Affirmant que « l’ESS n’est pas condamnée à être confinée dans la la marginalité, elle doit avoir une ambition hégémonique », il déplore la « coupure artificielle entre l’économique et le social » et souhaite rebâtir l’économie de « fonds en comble ». N’abordant quasiment pas les aspects ‘Environnement’ ou ‘Numérique’, il a énoncé ses mesures phares pour lutter contre le chômage : 32 heures payées 35, retraite à 60 ans, hausse du SMIC de 10%, réduction de l’écart entre les plus bas et les plus hauts salaires de 1 à 20 SMIC, nouveau grand impôt sur les revenus, définanciarisation des banques, appui sur les entreprises d’Insertion par l’Activité Économique, …

Michel Pouzol, représentant de Benoît Hamon (candidat à la primaire socialiste)

Michel Pouzol a livré un témoignage de son expérience personnelle d’ancien RMIste : « On ne sort pas seul de la fracture sociale, il faut des mains qui se tendent, des entreprises d’insertion, des aides publiques, des associations. » Jugeant que le « système libéral et individualiste est à bout de souffle », le représentant de Benoît Hamon rappelle que l’ESS « a créé 450 000 emploi en 10 ans, même dans les phases où l’économie est au ralenti », et qu’elle est une solution « innovante, locale, coopérative et tempérante ».

Après la loi de juillet 2014 sur l’ESS, il estime qu’il y a besoin aujourd’hui d’« un acte 2 » qui permettrait de réinventer le service public, de moderniser l’action publique (incitation à la création des SCIC, diagnostic des territoires,...), de simplifier les actions des acteurs de l’ESS (guichet unique, redéfinition des critères de dons et legs, définition européenne de la non-lucrativité) ou de réduire les délais de versements des subventions publiques. Parmi les propositions avancées : accompagner les employeurs dans la gestion des compétences et la transition du tertiaire, accroitre le soutien de l’État à l’IAE (insertion par l’activité économique), lutter contre le faux travail indépendant, développer des filières agricoles de commerce équitable. Mais aussi certifier l’engagement associatif des jeunes et promouvoir crédit d’innovation social et fonds sectoriels dédiés.

Antoinette Guhl, représentant Yannick Jadot (vainqueur de la primaire d’EELV)

« Il faut faire valoir la solidarité plutôt qu’une économie de la prédation et de la concurrence » affirme Antoinette Guhl qui pointe les écarts qui se creusent entre citoyens. Elle insiste sur la nécessité de « sauver la biodiversité », de « construire une planète durable, vivable et conviviale » tout en redonnant « du sens au travail ». Sur ce dernier point, la représentante de Yannick Jadot propose notamment d’intégrer l’ESS dans les programmes scolaires des Troisièmes « pour montrer dès l’adolescence que le travail a un sens ».

Pour atteindre les objectifs visés, plusieurs axes d’action sont avancés : faire de la commande publique un « levier puissant » dont pourraient bénéficier les structures d’insertion par l’activité économique, permettre aux monnaies locales de « jouer tout leur rôle », promouvoir la consommation de proximité, développer les coopératives d’activité et les SCOP, distribuer des budgets participatifs pour démultiplier les initiatives, créer un « fonds pour la transition » pour financer la reconversion dans le tertiaire et favoriser la création d’emploi, …

Gérard Filoche (candidat à la primaire de la gauche)

Pour Gérard Filoche qui a été inspecteur du travail pendant plus de 30 ans, c’est le droit du travail qui fait l’emploi. Selon lui, « il faut avoir l’obsession de s’en prendre à ceux d’en haut. Il faut un contrôle public et s’en prendre aux multinationales, aux 1000 plus grandes entreprises, si l’on veut un monde social et solidaire ».  Arguant qu’il faut « mettre des taquets de protection et des règles à la concurrence », il préconise que les lois de la république l’emportent sur celles des marchés et des contrats, que la réglementation sur les comités d’entreprises soit respectée, que les entreprises soient responsables pénalement de ce qui se passe sous leur ordre et que les sous-traitants s’alignent sur la convention collective du donneur d’ordre.

François de Rugy (candidat à la primaire de la gauche)

François de Rugy défend une vision de l ‘économie « plurielle, loin des clivages gauche/droite », il estime qu’« il y a la place pour une économie privée,  une économie publique et que l’ESS ne doit pas avoir une place marginale ». Lui aussi souhaite utiliser le levier de la commande publique (avec plus de clarté des règles des marchés publics) et développer l’emploi à travers la transition écologique, dans laquelle il estime que « les citoyens actifs doivent avoir leur place ».

Mme Billard, représentante de Jean-Luc Mélenchon, (candidat du Parti de Gauche)

« Il faut inscrire une règle verte dans la Constitution, ne pas prélever dans la nature plus qu’elle ne peut renouveler » proclame Mme Billard, représentante de Jean-Luc Mélenchon, qui appelle de ses vœux une « 6ème république, écrite par une constituante et non par des experts ». Elle ouvre son discours sur la place de l’environnement au cœur de l’évolution de l’économie, l’entrée de l’humanité dans la « 6ème extinction massive », la volonté de promouvoir les énergies « propres », l’éco-conception des produits et de sortir de l’agro-industrie pour aller vers une agriculture paysanne « au maximum bio ». Ce qui nécessitera un « grand plan de formation ». Elle prône un « protectionnisme solidaire » (relocalisation des productions, circuits courts, clauses sociales de proximité opposables aux marchés publics) et une « planification écologique » dans laquelle « le niveau le plus pertinent entre national et local » devra être défini pour chaque objectif. Pour réaliser ce programme : « travailler moins pour travailler tous et mieux », remettre à plat les aides publiques, exonérer les activités sociales et écologiques, lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, créer un pôle bancaire public pour financer les entreprises sur critères sociaux et écologiques, réaffecter le financement du « Pacte social » en fonds pour une démocratie citoyenne.

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