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La France s’engage contre le décrochage scolaire

La France s’engage contre le décrochage scolaire
La persévérance est une science qui s’apprend. Pour redonner confiance à des collégiens en situation de décrochage scolaire, Energie Jeunes les aide à trouver en eux la volonté de réussir.


Des méthodes d’entreprise au secours des collégiens

L’école enseigne les connaissances fondamentales dans toutes les matières. Mais elle ne peut le faire que lorsque les élèves ont un socle solide sur lequel bâtir ce savoir. Sans régularité de travail ni confiance en soi, les enseignements glissent sur des élèves en manque de concentration.

En fondant Energie Jeunes en 2009, Philippe Korda a décidé de développer, à partir de son expérience en entreprise et de données scientifiques éprouvées, un cycle de formation dédié aux collégiens des quartiers difficiles. L’objectif : leur inculquer l’auto-discipline.

Lauréat de La France s’engage depuis 2014, Energie Jeunes montre aux collégiens comment redevenir acteurs de leur scolarité. Dynamique, inspirant, créatif, le programme ouvre une passerelle entre l’entreprise et le monde scolaire : on y apprend à développer ses compétences, pour à la clé, se projeter dans un avenir réussi. « Tous les contenus sont étayés par des travaux scientifiques qui montrent quels sont les mécanismes de la persévérance », précise Philippe Korda.

3 sessions de 55 minutes pour agir contre le décrochage scolaire

Chaque niveau de la 6e à la 3e bénéficie de 3 sessions courtes, programmées à intervalle régulier. À chaque séance, des messages forts sont délivrés selon une pédagogie innovante. Les intervenants volontaires, tous issus du monde de l’entreprise, s’appuient sur des témoignages filmés de deux minutes : à l’écran, des adultes ayant eu un parcours de vie hors du commun (sportifs, entrepreneurs, etc.) expliquent de quelle manière le travail et la persévérance leur ont permis de surmonter les difficultés. L’enseignant de la classe est mis à contribution tout au long de la séance. « On est vraiment dans une collaboration avec le professeur, qui parle autant que nous, souligne Philippe Korda. Et il peut ensuite continuer à animer sa classe avec nos outils quand nous ne sommes plus là. »

Entre deux capsules vidéo, les élèves restent actifs en permanence : ils font des exercices, réfléchissent à des solutions et font leur auto-diagnostic. En fin de séance, ils formulent un engagement très concret pour les semaines à venir. « Par exemple, étaye Philippe Korda, ce soir à telle heure, j’éteins la télévision et je fais mes devoirs. Trois semaines après, on lui demande où il en est, s’il a réussi ou s’il a besoin d’aide. »

L’impact de protocoles d’apprentissage très courts est considérable. Leur effet est « durable et mesurable, assure le fondateur d’Energie Jeunes. En s’inspirant de trajectoires professionnelles exemplaires, on apprend avant tout à devenir exemplaire envers soi-même. Et les études démontrent qu’avec 3 sessions de 55 minutes, on a un effet significatif sur les notes là où des programmes qui coûtent deux cent fois plus cher n’ont jamais réussi à obtenir. »

Peser sur l’échec scolaire à l’échelle nationale, grâce à La France s’engage

De 34 000 élèves formés en 2014, avant la labellisation, Energie Jeunes a franchi aujourd’hui le seuil des 77 000 collégiens pris en charge sur l’année scolaire. La labellisation a également donné une nouvelle envergure au projet : Energie jeunes a continué à s’implanter en régions, porté par de nouveaux partenaires. En 2017, plus de 90 000 élèves bénéficieront de la formation.

Outre le nombre grandissant d’élèves, le soutien de La France s’engage a permis de lancer une étude d’impact de très grande ampleur, sans équivalent dans le monde. 24 000 élèves sont suivis sur 5 ans. « Pour nous c’est un véritable changement de dimension, et aussi un saut qualitatif », reconnaît Philippe Korda. Grâce au label, les pouvoirs publics supervisent les opérations. L’équipe de chercheurs indépendants dispose des autorisations nécessaires pour étudier les résultats scolaires et les données personnelles des élèves.

Mais l’ambition d’Energie Jeunes va bien au-delà. « Ce qui nous intéresse, c’est d’avoir la capacité de peser véritablement sur la question de l’échec scolaire en France, explique Philippe Korda. Il y a des gamins dont la vie a changé. Ils ont compris pendant une session Energie Jeunes qu’ils n’étaient pas voués à l’échec. Ils ont décidé de prendre un engagement, ils s’y sont tenus et leur avenir n’est plus le même. ». Energie Jeunes compte former 300 000 élèves d’ici quatre ans, soit la moitié de la population collégienne française. Si l’impact sur leurs résultats scolaires est avéré, Energie Jeunes pourrait bien réussir à changer la donne.

Et quand on lui demande s’il en est fier, Philippe Korda revient au cas d’une jeune fille, partie d’une moyenne de 4/20 en maths alors qu’elle voulait devenir pédiatre. « Elle est passée à 14/20 de moyenne. Elle dit qu’avant, on lui aurait imposé un métier, maintenant elle sait qu’elle va pouvoir le choisir. ». Redonner aux jeunes la force d’y croire ? Une histoire de persévérance…

 

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