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La France s’engage pour former des chômeurs aux métiers du web

La France s’engage pour former des chômeurs aux métiers du web
Et si on repensait le parcours professionnel des chômeurs en leur proposant une formation aux professions numériques pour trouver un emploi ? Lauréat du dispositif la France s’engage depuis 2014, Simplon.co est un réseau de « fabriques » (écoles) qui propose des formations gratuites pour devenir développeur de sites web et d’applications mobiles, intégrateur, référent numérique, datartisan, e-commerçant… Ces formations, qualifiantes ou certifiantes, s’adressent prioritairement aux personnes éloignées de l’emploi (jeunes de moins de 25 ans, peu ou pas diplômées, issues des quartiers populaires et des milieux ruraux, demandeurs d’emplois de longue durée, seniors, personnes en situation de handicap, personnes réfugiées), et sont ouvertes sur critères sociaux et avec un objectif de parité hommes-femmes mais sans aucun pré-requis technique (débutants acceptés).


Le numérique : un secteur en plein recrutement

Le projet Simplon est né d’un paradoxe. Sur le marché de l’emploi, les entreprises numériques ou en phase de numérisation peinent à pourvoir leurs postes, faute de profils adaptés. Et pourtant, de l’autre côté de la chaîne, bon nombre de personnes au chômage ont des capacités et des compétences laissées en jachère. Passionné de numérique, Frédéric Bardeau est un spécialiste de la communication digitale des ONG. Avec un groupe d’étudiants de ses conférences au CELSA, il a décidé de créer des formations innovantes, proposant aux chômeurs de se réorienter et de devenir développeur web. « Le numérique ne doit pas servir uniquement à faire des selfies, explique-t-il. Ça doit amener de la force chez les gens et du progrès social. ». Et apprendre à construire un site web complet ou une application mobile, c’est l’assurance de répondre à une demande croissante des entreprises.

Renouer avec le travail en allant là où sont les opportunités

Frédéric Bardeau prend l’exemple des très sélectifs « boot camps » aux Etats-Unis et les adapte à l’économie sociale. Mais contrairement au modèle outre-Atlantique, les formations Simplon sont gratuites, exclusivement réservées aux personnes éloignées de l’emploi. « On veut faire retrouver aux demandeurs d’emploi leur pouvoir d’agir. ». Pour susciter des vocations, l’association s’appuie sur les équipes de Pôle Emploi et des missions locales. Elle organise aussi des réunions dans les quartiers. Le message est clair : il y a du travail dans le numérique et tout le monde peut y prétendre grâce à une formation Simplon. Peu importe les profils ou le niveau de connaissance du numérique.

La méthode pédagogique est, quant à elle, très spécifique. Pendant six mois, les participants travaillent au minimum 35 heures par semaine dans un lieu dédié, avec des formateurs en permanence à leurs côtés. « C’est six mois intenses où ils font du numérique matin, midi et soir », détaille Frédéric Bardeau. Au fil du temps, les cursus se sont adaptés au marché. Ils couvrent aujourd’hui un spectre de métiers plus large : référent numérique, data, e-commerce, cyber-sécurité… « Dès qu’on trouve un métier en tension, souligne le créateur de Simplon, on prend ça comme un levier pour aller chercher des gens et les mettre à l’emploi. ».

Au bout du cycle, tout le monde repart avec un document, soit une certification de niveau 3 ou 4 pour ceux qui ont le bac, soit une attestation de formation qualifiante pour ceux qui n’ont pas le bac. Pendant six mois, chacun a repris confiance en soi et en ses capacités professionnelles. En renouant avec un rythme actif à plein temps, des gens qui au départ sont en situation difficile (réinsertion, chômage de longue durée…) se sentent de nouveau capables de se mobiliser.

Déjà 30 centres Simplon en action grâce à La France s’engage… et bien plus encore

Quand on lui demande ce qui a changé depuis la labellisation La France s’engage en juin 2014, la réponse de Frédéric Bardeau est simple : « Tout a changé ! ». Alors qu’un seul centre expérimental de formation existait à Montreuil, 30 centres Simplon sont aujourd’hui actifs. Le label a totalement changé la donne. D’abord, parce qu’il représente un gage de crédibilité auprès des élus locaux. Ensuite, parce que le soutien financier a permis de déployer Simplon dans toutes les régions, en couvrant le recrutement de trois coordinateurs à plein-temps. « C’est quelque chose qu’on ne peut jamais se permettre en temps normal ! », reconnaît Frédéric Bardeau qui rappelle aussi combien il est important de différencier un projet qui a déjà fait ses preuves d’un projet au stade expérimental. « Souvent, les candidats à La France s’engage présentent un projet en expérimentation qu’ils veulent tout de suite déployer… ». Un conseil avisé pour de futurs postulants.

Simplon va continuer son essaimage géographique. Chaque entité sera ancrée dans son territoire, avec des acteurs locaux. L’association imagine aussi de nouveaux schémas d’action. Par exemple, proposer directement un emploi à un chômeur puis l’y former, sur le modèle de l’entreprise d’insertion. Ou bien encore accompagner des candidats dans un projet d’entrepreneuriat. Simplon.co et Centrale Marseille se sont également associés pour développer SIMPLonMARS : une formation innovante orientée vers les métiers du numérique et ouverte aux jeunes issus des quartiers prioritaires de Marseille.

Co-construire la solidarité avec d’autres associations labellisées La France s’engage

La France s’engage est une communauté unique d’entrepreneurs sociaux et de dirigeants d’ONG, où se conjuguent les affinités entre projets. Simplon en a fait l’expérience. Devant la montée de la crise syrienne et des réfugiés, l’association s’est rapprochée d’un autre lauréat engagé sur le sujet, SINGA, pour concevoir un programme de formation spécifique. « Et maintenant, il y a des réfugiés dans toutes les promotions Simplon », sourit, non sans fierté, Frédéric Bardeau. Une belle démonstration de synergie solidaire.

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