Mal-logement en France : la Fondation Abbé Pierre et les candidats se mobilisent

Mal-logement en France : la Fondation Abbé Pierre et les candidats se mobilisent
La Fondation Abbé Pierre a publié la 22e édition de son rapport sur le mal-logement. Pour l’occasion, elle a convié les candidats aux présidentielles le 31 janvier à la Défense pour aborder les solutions possibles et les programmes des candidats à ce propos. Jean Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Yannick Jadot, Emmanuel Macron et Isabelle Le Callennec, députée LR avaient fait le déplacement pour parler de leurs objectifs, s’ils étaient élus pour résoudre le problème du mal-logement français.


Aujourd’hui, plus de 4 millions de personnes sont sans-abri, mal logées ou sans logement personnel en France ; 12,1 millions de personnes sont touchées par la crise du logement. En cause : efforts financiers excessifs, précarité énergétique, risque d’expulsion locative, copropriétés en difficulté, surpeuplement, etc.

Entre 2001 et 2012, le nombre de personnes à la rue a augmenté de 50 % malgré les promesses politiques et les messages d’alerte des associations et des personnes précaires. De plus en plus de personnes sont contraintes de retourner vivre chez des proches faute de moyens financiers (+ 19 % depuis 2001). Le coût du chauffage est une vraie problématique pour beaucoup et ils sont 44 % de plus à s’en priver depuis 2006, vivant dans des habitations sous-chauffées et bien souvent mal-isolées. Car l’insalubrité des logements est un réel problème et beaucoup de foyers vivent dans des conditions non conformes aux normes réglementaires énergétiques, d’isolation, d’hygiène et de sécurité.

En 2015, le nombre d’expulsions locatives par les forces publiques a atteint le chiffre le plus élevé jamais enregistré avec 14 363 expulsions.

 

Des candidats acteurs du débat sur le mal-logement

Étaient présents Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Emmanuel Macron et Benoît Hamon ainsi que Isabelle Le Callennec, députée LR et représentante de François Fillon qui n’a pas tenu à se déplacer. La fondation n’a pas souhaité convier Marine Le Pen car trop différente de ses idéaux, mais précise rester ouverte au débat et sans apriori avec ses électeurs.

« Nous voulons montrer que des solutions existent face au problème du mal-logement en cette période électorale et à une époque où certains tendent à baisser les bras » a déclaré Raymond Etienne, président de la fondation.

Les candidats ont tous abordé différentes propositions dans l’axe de celles proposées par la Fondation Abbé Pierre sauf François Fillon (ou sa représentante) qui lui souhaite faciliter les procédures d’expulsions.

 

Différentes propositions pour lutter contre le mal-logement

Chaque candidat a eu le droit à 30 minutes de temps de parole, interviewé par Audrey Pulvard et Christophe Robert, délégué général de la fondation.

Jean-Luc Mélenchon a annoncé vouloir construire 200 000 logements par an et en réhabiliter 700 000 pour un coût d’environ 18 milliards d’euros selon ses estimations.

Yannick Jadot veut passer de 500 000 (rarement atteints) à 750 000 rénovations par an pour répondre à la loi sur la transition énergétique grâce à un plan européen de 600 milliards d’euros.

Benoît Hamon souhaite construire 150 000 logements par an et Emmanuel Macron parle de cibler les efforts en fonction des besoins et donc de construire 30 000 logements par an en Île-de-France et 30 000 en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Pas d’objectif défini pour Les Républicains, sauf de modifier la loi SRU obligeant les grandes communes à disposer d’au moins 25 % de logement social. Sous les huées, la députée a déclaré que ces chiffres n’étaient pas atteignables et devaient être revus à la baisse.

Les APL (Aides pour le Logement) ont également été abordées par certains. Macron souhaite les réformer à long terme estimant qu’on ne pouvait pas répondre au mal-logement par des subventions publiques mais par un choc de l’offre tandis que Mélenchon et Hamon ont garanti vouloir les conserver, Hamon précisant qu’elles seraient cumulables au revenu universel. Il souhaite également lancer un objectif Zéro bidonville : « Si la cinquième puissance mondiale n’est pas capable de trouver une solution, c’est que nous sommes un petit pays !»

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