[ENTRETIEN] Isabelle Zigliara, Fédération nationale des Banques Populaires

[ENTRETIEN] Isabelle Zigliara, Fédération nationale des Banques Populaires
Arrivée à la Fédération nationale des Banques Populaires au moment de sa création Isabelle Zigliara s’est engagée dans la création d’une direction des Partenariats et du Mécénat. Pour soutenir des projets d’intérêt général cohérents avec l’ADN d’une banque coopérative.


Quel parcours vous a menée à cette responsabilité au sein de la Fédération des Banques Populaires ?

Je travaille depuis douze ans dans le monde du mécénat. Après un double cursus en droit et histoire de l’art à l’université de Paris I complété par des études de management culturel à l’ESC de Dijon j’ai commencé ma carrière à l’ADMICAL. J’y étais responsable des questions juridiques et de la formation. Au bout de six ans, j’ai été appelée par la Fédération des Banques Populaires pour une création de poste, celui de la direction des Partenariats et du Mécénat. C’était le moment où la fédération était en création après le rapprochement des Banques Populaires avec les Caisses d’Épargne. Je travaille depuis 2011 à la mise en place de cette politique de partenariats de mécénat à la Fédération.

Au sein de notre réseau, j’ai aussi un rôle de sensibilisation sur les questions de mécénat et je suis un centre de ressources internes pour les collaborateurs des Banques Populaires.

 

Comment se déploient les partenariats et le mécénat à la Fédération des Banques Populaires ?

La Fédération soutient pour le compte des Banques Populaires des projets collectifs d’intérêt général cohérents avec notre ADN de banque coopérative. Nous sommes ainsi très engagés dans la défense du modèle coopératif et avons un partenariat de recherche sur ce sujet avec l’IAE de Paris. À l’heure où les Banques Populaires fêtent leur centenaire, il nous semble important de mettre en valeur ce modèle économique. Les études menées dans le cadre de ce partenariat questionnent le modèle coopératif sur les valeurs qui font sa spécificité, révèlent leur présence, tentent de préciser la notion de performance pour une banque coopérative.

Un autre axe stratégique de nos partenariats porte sur l’entrepreneuriat pour lequel nous avons notamment comme partenaires l’ADIE depuis vingt ans. Les Banques Populaires et la Fédération animent ce partenariat, et en 2016 ce sont plus de 25 millions d’euros de lignes de crédit qui ont été mis à disposition de l’association par les Banques Populaires. Cela permet de financer et d’accompagner des micro-entrepreneurs qui n’ont pas accès au crédit classique créer leur entreprise et donc leur emploi.

Ce partenariat avec l’ADIE est porté par les banques en région, la Fédération ayant le rôle de tête de réseau. Ainsi les projets prennent vie dans chaque territoire.

 

Que pensez-vous de l’évolution du mécénat ?

En douze ans, j’ai constaté une très grande professionnalisation du mécénat. Les étudiants viennent me voir pour envisager une carrière dans ces métiers, car des filières se sont créées. 

Auparavant, les entreprises avaient tendance à recruter en externe pour mettre en place leur mécénat. Aujourd’hui, en entreprise, il y a la volonté de ne pas s’éloigner des valeurs et de la culture d’entreprise, d’où un recrutement qui se fait en interne plutôt qu’en externe. Il y a beaucoup moins de transferts que du côté des porteurs de projets. Dans les institutions culturelles la logique est bien différente et les changements beaucoup plus fréquents. 

Si l’on constate une grande professionnalisation des acteurs, c’est parfois au détriment de l’altérité.

De mon côté, il me semble important de pouvoir travailler avec les partenaires dans la durée (vingt ans avec l’ADIE, dix avec Audencia, six avec Burgundy School of Business, trois avec Entreprendre pour Apprendre ou l’IAE). De s’assurer de la mission sociale et de l’impact des projets que nous soutenons. De mon point de vue tout partenariat doit laisser une place à l’aléa comme à la co création. 

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