Vision du Monde et son engagement dans la lutte contre les mariages précoces

Vision du Monde et son engagement dans la lutte contre les mariages précoces
À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme (8 mars), Vision du Monde a rappelé son combat contre les mariages précoces qui touchent chaque jour 39 000 filles de moins de 18 ans. Condamnés par de nombreuses conventions internationales, les mariages précoces restent fréquents dans de nombreuses régions du monde.


Dans les pays en développement, c’est plus d’un tiers des filles qui est marié avant leur majorité. 720 millions de femmes dans le monde ont été mariées avant leur 18 ans. 700 000 filles décèdent chaque année des complications liées à une grossesse précoce. Les filles mariées avant leurs 15 ans sont trois fois plus exposées aux violences de leurs conjoints.

Ce sont ces informations « chocs » que Vision du Monde a voulu rappeler au grand public pour sensibiliser et faire réagir à l’occasion de la journée des droits de la femme.

 

Les conséquences des mariages forcés

Ces mariages forcés ont de lourdes conséquences sur les enfants et adolescents concernés. Leur santé, leur éducation et leur avenir demeurent très fragiles. Chez les adolescentes, les grossesses précoces sont la première cause de mortalité. Les jeunes filles (plus souvent concernées que les garçons) sont exposées à de forts risques de violences physiques, sexuelles et psychologiques. Elles se retrouvent isolées et contraintes d’abandonner l’école afin de s’occuper du foyer et des enfants.

Les mariages précoces renforcent également le cercle de la pauvreté en empêchant les femmes de s’instruire, de s’émanciper et d’entrevoir des perspectives économiques permettant l’éducation de ses enfants par exemple.

 

Les nombreuses causes des mariages forcés

La précarité des familles, les faibles niveaux d’instructions, le poids des traditions et les inégalités de genre… Autant de causes probables pour un mariage précoce.

Dans des contextes où, être une fille relève plus d’un poids financier que d’une chance, le seul moyen « d’émancipation » pour quitter le domicile familial est le mariage. Dans les familles vulnérables, les parents souhaitent assurer avenir et protection à leurs filles (ou gagner de l’argent) en les confiants à un époux qu’elles n’ont parfois jamais vu.

L’Afrique subsaharienne est la zone la plus touchée. Au Niger, 78 % des filles sont mariées avant leurs 18 ans, et 68 % au Tchad. Pour l’Asie, c’est le Bangladesh (52 %) et l’Inde (47 %) qui sont les plus touchés. En Amérique latine, le Nicaragua atteint les 41 % et le Brésil 36 %. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l’Iraq compte 24 % de filles mariées avant l’âge légal, 32 % pour le Yémen, 17 % pour l’Égypte et 16 % pour le Maroc.

Les crises humanitaires renforcent ce phénomène. Les familles pensent que marier leur fille sera une meilleure solution pour elle et pour eux. Le mariage précoce est supposé les éloigner de la faim et de la violence. Depuis le début du conflit syrien, le nombre de jeunes filles syriennes mariées avant leur majorité a doublé.

 

L’approche globale de Vision du Monde pour lutter contre les mariages précoces

L’association souhaite instaurer un dialogue intergénérationnel en impliquant des personnes âgées, notamment les grands-mères pour qu’elles parlent de leurs expériences. Elle veut sensibiliser les leaders politiques et religieux aux causes et conséquences des mariages précoces pour qu’ils mettent en place des actions pour lutter contre ce fléau et sensibiliser les enfants, adolescents et leurs familles au moyen de prévention sur l’importance de la scolarisation. Vision du Monde souhaite également intervenir auprès des décideurs politiques et religieux à l'échelle locale et nationale pour renforcer les lois de protection de l'enfance et interdire les mariages précoces.

 

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