[NUMÉRIQUE] L’illectronisme, l’analphabétisme de notre ère numérique ?

[NUMÉRIQUE] L’illectronisme, l’analphabétisme de notre ère numérique ?
De grandes similitudes existent entre le fléau et celui que l’on désigne par un néologisme. Il fait référence aux lacunes que tout un chacun peut accumuler dans le domaine du numérique, pouvant avoir pour conséquence une difficulté d’adaptation à la société. L’illectronisme est cependant pris à la racine, et ceux qui se sont penchés sur son cas sont plutôt optimistes concernant sa prolifération, qui apparaît limitée et contrôlable.


Un phénomène créateur de nombreuses inégalités

Comme évoqué, l’illectronisme peut se définir par le phénomène de perte ou simplement de lacunes concernant les connaissances fondamentales concernant la sphère numérique (utilisation d’internet, traitement de texte etc.). Il semble étonnant, dans notre société hyperconnectée, qu’une personne, qui plus est jeune et ayant vécu les révolutions technologiques, ne sache se servir correctement d’un ordinateur ou d’un téléphone. L’illectronisme est combiné ou combinable avec l’analphabétisme, ou l’illettrisme, plutôt qu’il n’en est une nouvelle forme. Et comme ces deux derniers, il est une grande source d’inégalités sociales, économiques (car professionnelles). Du fait que la plupart des contenus numériques sont sous forme écrite, leur assimilation est compliquée pour ceux qui ne maîtrisent pas le socle de base de la lecture, de l’écriture ou du calcul. D’où la combinaison de ces deux handicaps, dont le premier, plus connu, peut engendrer une réticence face à la culture écrite, et mener à l’illectronisme. Les plus touchés sont ceux qui sont déjà en précarité sociale, soit 40 % de cette partie de la population : on parle aussi d’e-exclusion.

La nécessité d’un apprentissage du numérique

Ce phénomène, qui concernerait 15 % de la population, relève d’une réelle préoccupation. Dans un monde qui ne jure que par l’avancée des technologies, une lacune ou un retard dans leur apprentissage peut s’avérer fatal pour l’individu, professionnellement et socialement. À l’heure où certains pensent que l’école doit concentrer ses efforts sur l’apprentissage des fondamentaux, au risque d’ignorer les mutations numériques de notre société, d’autres conseillent de laisser plus de place à l’alternative technologique. Un paradoxe se dessine en creux, dans la mesure où la lutte contre l’illectronisme ne consiste pas moins en l’apprentissage de fondamentaux. Ils sont juste différents, et aujourd’hui, plus nombreux. Cet apprentissage est également nécessaire pour quiconque veut trouver un emploi, ou tout simplement réaliser les tâches administratives quotidiennes. On peut prendre l’exemple de la CAF, qui est désormais une plateforme numérique et symbolise la nécessité de ces connaissances dont les publics en précarité sociale ont besoin. Certains acteurs sociaux comme Emmaüs Connect proposent des programmes de « rattrapage numérique ».

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