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[ÉCLAIRAGE] Résolis : réflexions sur le financement du secteur associatif

[ÉCLAIRAGE] Résolis : réflexions sur le financement du secteur associatif
L’association Résolis a été fondée en 2010 par Philippe Kourilsky (immunologiste et professeur émérite au Collège de France), elle est opérationnelle depuis 2013. Elle est constituée de 23 membres issus des milieux académique, scientifique, privé, public ou encore associatif. De même, elle a mené pendant trois ans des travaux pour repérer et valoriser les initiatives locales les plus exemplaires en matière de lutte contre la pauvreté en France. Nous nous intéressons ici au portrait du secteur associatif français, dans un entretien avec Viviane Tchernonog, chercheuse au Centre d’économie de la Sorbonne.


Le système économique des associations françaises

Le poids économique du secteur associatif apparaît considérable, avec 104 milliards d’euros pour son budget cumulé, selon l’INSEE. Les effectifs salariés, eux, s’élèvent à 1,8 million. Les associations représentant 3,2 % du PIB et de 5 à 6 % de l’emploi salarié public et privé du pays. Resolis relève une domination des associations sportives, culturelles et de loisirs (56 à 59 %). Même si les associations concernant l’action sociale, la santé sont moins nombreuses également (14,2 %), le poids dans le budget total est de 48,4 %. Contrairement à une idée reçue, les associations tirent la plupart de leurs ressources de leur propre activité, soient 60 %. Les subventions ne représentent qu’un quart des budgets associatifs et sont concentrés dans les associations qui remplissent des missions de service public. Nous assistons également à une privatisation croissante des ressources : 51 % des financements ont une origine privée, venant surtout des usagers au service rendu.

Des nouvelles tendances qui amènent leurs conséquences

La privatisation des ressources a contribué à subordonner le financement des associations aux capacités de financement locales, ayant pour conséquence l’accroissement des inégalités de développement des tissus associatifs locaux. Ces derniers dépendent de plus en plus des niveaux relatifs de richesse et de pauvreté des territoires. Il y a une baisse de l’accès aux financements publics, notamment en raison de la baisse massive des subventions et la généralisation des commandes publiques. Les associations de petite envergure ne peuvent pas accéder aux financements de type commandes publiques, ce qui a conduit les associations en général, à préférer la participation des usagers. Néanmoins, la nécessité de passer par les usagers oriente la sélection des publics associatifs en fonction de leur solvabilité.

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