[HORS-FRONTIÈRES] La NBA à l'heure de l'engagement : sport, business et RSE

[HORS-FRONTIÈRES] La NBA à l'heure de l'engagement : sport, business et RSE
La semaine dernière s'est achevée la saison régulière de la National Basketball Association (NBA) et son cortège de 82 matchs par équipe. Mais derrière les étoiles, la NBA a mis en place une véritable politique RSE et aide la philanthropie de ses joueurs.


La ligue professionnelle la plus rémunératrice

Du point de vue financier, la NBA fonctionne très bien: selon la firme spécialisée Financial Sports, elle est la quatrième ligue professionnelle en termes de revenus avec 4,8 milliards de dollars par an. À titre de comparaison, notre Ligue 1 est 9e à la valorisation avec 1,5 milliards de revenus. De plus, la NBA est la ligue professionnelle qui rémunère le mieux ses athlètes : 6,2 millions de dollars par an en moyenne (600 000 euros par an pour un joueur de L1). Le fort ancrage de la culture du don aux USA fait que la plupart des joueurs et joueuses de la NBA et de sa ligue féminine, la WNBA, “rendent à leur communauté” comme on dit là-bas. Ainsi, une centaine de joueurs NBA ont une fondation à leur nom. Les équipes ne sont pas en reste avec près d’une fondation chacune, enfin, la ligue a mis en place son propre programme: NBA Cares.

 

NBA Cares : une initiative transversale

Depuis son lancement en 2005, NBA Cares a levé plus de 270 millions de dollars (avec l’aide des athlètes) et réalisé plus de 3,5 million d’heures de bénévolat. Les axes d’engagements recouvrent un large spectre : environnement, santé physique, mentoring... NBA Cares opère sur le territoire national et à l’international, notamment via ses partenariats avec des organisations comme l’UNICEF, les Boys and Girls Clubs of America, la Make-a-Wish Foundation, etc.

 

Une véritable politique RSE

Les efforts continus de la NBA depuis plus de 10 ans répondent à plusieurs objectifs au-delà de la philanthropie. En effet, au début des années 2000, la NBA fait face à un profond problème de perception de ses joueurs, laquelle rejaillit sur toute la ligue. Une tristement célèbre bagarre entre fans et joueurs (dont Ron Artest), surnommée Malice at the Palace, en est alors le symptôme. NBA Cares est lancé quelques mois plus tard et a eu depuis un rôle de catalyseur. Une visibilité particulière a ainsi été donnée à des actions qui restaient jusqu’alors trop peu connues du grand public et, en lien avec de nouvelles règles (code vestimentaire, nouveau code de conduite…), la perception des joueurs NBA s’est améliorée pour égaler, en 2008, celle des autres grandes ligues professionnelles américaines (baseball et football américain). À la question de savoir si les joueurs étaient “charitables et actifs dans leurs communautés”, les réponses notant les joueurs entre 9 et 10 sur 10 augmentent alors de 107 %. Parmi les anecdotes marquantes : en 2016, Ron Artest, véritable bad boy de la ligue, a vendu sa bague de champion NBA (650 000 dollars) au profit d’une association œuvrant dans le champ de la santé mentale.

 

En plus de NBA Cares, un accompagnement des joueurs

Mais le travail de la ligue ne s’arrête pas là ! La question de la philanthropie est en effet abordée dans le cadre d’un symposium d’une semaine que suivent tous les nouveaux entrants dans la ligue. Ce travail auprès des joueurs se poursuit au-delà, notamment avec le Community Assist Award remis chaque mois à un athlète particulièrement actif dans sa communauté (bénévolat…). Le nom du prix est un jeu de mot, le terme assist signifiant à la fois “aider” et “passe décisive”. Parmi les lauréats, deux Français: Joakim Noah (en février 2015) et Ronny Turiaf (en février 2010), notons qu’un prix annuel est également remis.

 

Exemples et contre-exemples

Cette politique RSE se poursuit aujourd’hui et est notamment visible lors de la grand-messe de la ligue: le All-Star weekend. Cet évènement est ainsi l’occasion pour la NBA et ses sponsors de mener plusieurs actions philanthropiques à forte visibilité. En 2013, 350 000 dollars ont été donnés aux associations choisies par les vainqueurs du match vedette entre stars de la ligue, les perdants distribuant 150 000 dollars. Des actions regroupant plus de 1 500 bénévoles, dont des joueurs, ont également été organisées. Cette politique RSE et ces efforts en direction des joueurs commencent donc à porter leurs fruits et sont désormais inscrits dans le plan de marche de la ligue. Ainsi, certains joueurs sont unanimement reconnus pour leur action, comme Chris Paul, meneur des Los Angeles Clippers, Magic Johnson ancien champion et Dikembe Mutombo dont la fondation travaille principalement en RDC, son pays d’origine. En revanche, plusieurs petites fondations de joueurs posent question : gestion erratique, levées de fonds faméliques, organisation à perte de galas…

 

Si beaucoup reste à faire pour professionnaliser la philanthropie des joueurs, force est de constater que la NBA a réalisé un travail de fond remarquable et que sa politique de RSE porte ses fruits. Enfin, on soulignera que, dans la ligue professionnelle la plus impliquée dans la philanthropie (la MLB, baseball), des chercheurs ont trouvé une corrélation positive entre effort philanthropique et nombre de matchs gagnés, le fameux “douzième homme’ peut-être...

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