[L’INSTANT ESS] Économie sociale et solidaire et culture

[L’INSTANT ESS] Économie sociale et solidaire et culture
L'ESS (économie sociale et solidaire) tend à dépasser l'enrichissement personnel pour mettre les activités économiques au service de la société et du citoyen. C'est un secteur porteur, qui se construit en lien avec l'intérêt général. Tous les mois, l'association Le Labo de l'ESS livre pour carenews.com un focus. Ce mois-ci, le Labo se penche sur la culture. La culture participe de la démocratie ; l'ONU garantit d'ailleurs le "droit de participer à la vie culturelle". Cette participation peut prendre le visage de comités de coconstruction ou de cocréation. Ce sujet fondamental doit être pensé et porté par le secteur, surtout dans un contexte de transition culturelle.


Droits culturels

Être acteur de la vie culturelle et sociale de la cité. Voir ses connaissances et ses capacités de création culturelle reconnues. Avoir accès aux patrimoines et pouvoir construire son identité culturelle grâce à eux. Mais aussi participer à la construction de programmes artistiques, collaborer en tant que citoyen à des expositions, spectacles, ateliers… Ces enjeux et les pratiques qu’ils créent favorisent la démocratie, à travers la gouvernance partagée et la co-construction, valeurs fondamentales de l’économie sociale et solidaire. Ils s’articulent autour de la notion de droits culturels.

Les droits culturels sont des droits fondamentaux au même titre que l’ensemble des droits de l’homme : ils garantissent le « droit de chacun de participer à la vie culturelle », selon un texte de l’ONU. Ils sont inscrits dans la législation française depuis la loi NOTRe, qui se réfère à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO.

 

Culture et participation

Il faut ici comprendre le mot « culture » au sens large : il s’agit de l’ensemble des manifestations d’un groupe d’individus, depuis sa façon de cuisiner ou de faire du sport jusqu’à sa littérature ou ses arts plastiques. Cet ensemble est en perpétuelle mutation : créations, adaptations, innovations… C’est une culture vivante et que les citoyens font vivre.

Car participer à la vie culturelle, c’est par exemple construire l’offre d’un centre culturel, dans un comité qui comprend citoyens, élus et techniciens, comme chez Grain de Sel. C’est aussi co-créer une œuvre, chaque citoyen étant invité à prendre des photos de son quotidien pour les faire vivre dans une mise en espace projetée sur des bâtiments, comme au château de Goutelas.

 

Inclusion et respect

Les droits culturels construisent une société inclusive. La dimension de respect et de défense des droits des personnes dans ce processus démocratique est ce qui peut garantir la volonté farouche de la culture d’être un rempart contre le repli sur soi. « À la montée des extrêmes, aux risques de radicalisation, répondons par la culture qui invite à la compréhension de l’autre, à une rencontre tolérante avec d’autres imaginaires », selon les mots de Hugues Sibille dans son texte « Et la culture, bordel ! »

Les enjeux des droits culturels et pratiques qu’ils contribuent à changer sont fondamentaux pour les structures culturelles, dans un contexte de transition profonde du monde de la culture, en termes de techniques, de modes d’accès et de moyens de financement, comme l’explique Bernard Latarjet dans sa tribune « L’économie sociale et solidaire doit soutenir la transition culturelle ».

 

Le Focus du Labo : http://lelabo-ess.org/+culture-et-ess-les-droits-culturels+.html

Le Saviez-vous ? http://lelabo-ess.org/culture-et-ess-participer-a-la-vie-culturelle-un.html

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