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[ENTRETIEN] Christian Thimann, directeur du Fonds AXA pour la Recherche

[ENTRETIEN] Christian Thimann, directeur du Fonds AXA pour la Recherche
Autrefois membre du Fonds Monétaire International (FMI) puis conseiller du président à la Banque Centrale Européenne (BCE), Christian Thimann est désormais Senior Advisor du Président du groupe AXA et Directeur du Fonds AXA pour la Recherche. Dans cette fonction, il continue de faire progresser les engagements d’AXA sur les questions de politiques financières, en tant que Président du groupe d'experts à haut niveau de l’Union Européenne sur la finance durable, Vice-Président de l’initiative du FSB (Financial Stability Board) sur la communication financière liée aux risques climatiques, et Co-Président du groupe de travail de l’initiative Finance des Nations-Unis pour l’Environnement (UNEP FI).


Pouvez-vous nous expliquer pourquoi AXA s’engage dans la recherche à travers ce fonds ?

Les questions sociétales sont très importantes dans l’assurance dont le rôle est à l’intersection de trois cercles : l’économie, la finance (nous fournissons des outils pour couvrir les risques), la société (dont nous assurons, la santé, l’activité, la vie). J’ai personnellement toujours travaillé dans l’économie et la finance tout en enseignant en parallèle, comme je le fais actuellement à l’École d'Économie de Paris, ce qui m’a permis d’entretenir un lien privilégié avec la recherche.

Le Fonds AXA pour la recherche a maintenant dix ans et pris une ampleur importante puisque nous avons investi à travers celui-ci près de 200 millions d’euros, à raison de 15 à 20 millions chaque année. Il est implanté dans plus de trente pays aussi divers que Singapour, la Grèce ou l’Afrique du Sud. Il a pour objectif de soutenir la recherche sur les risques qui nous concernent tous, il s’agit de mieux comprendre les risques pour mieux les traiter.

AXA est très attaché à son métier et le vit comme un défi social. Il faut améliorer notre connaissance sur les risques pour nous et pour la société. Même s’il n’y a pas de retour financier, il y a un retour éthique et moral dont nous sommes fiers.

 

Comment fonctionne le Fonds AXA pour la recherche ?

Depuis le début nous soutenons la recherche dans quatre grandes directions : la santé et la vie, l’environnement et le climat, le data et la technologie (en grand développement ces dernières années), l’économie et la régulation. De plus en plus, nous concentrons les efforts sur la gestion du risque.

Nous sommes en contact avec un réseau de mille deux cents institutions dans le monde entier et avons mis en place un processus d’évaluation avec un comité scientifique très pointu pour sélectionner les chercheurs que nous allons soutenir.

La colonne vertébrale de notre intervention sont les Chaires, que nous soutenons pour plusieurs années. Il y en a quarante quatre à ce jour. Parmi les dernières sélectionnées, nous sommes particulièrement fiers de celles sur la Cybersécurité à Singapour (risque global émergeant majeur) et sur les Risques Climatiques en Afrique du Sud. On estime qu’en Afrique, à peu près 1 % des risques climatiques sont assurés alors que le taux est de 10 % dans l’ensemble des pays émergents et 50 % en Europe. Le professeur qui occupe actuellement cette Chaire est très ouvert et échange avec de nombreux experts, ce qui lui permettra d’être utile à beaucoup.

Nous accompagnons ainsi quatre cinq nouvelles Chaires chaque année avec un soutien jusqu’à 2 millions d’euros sur une période de cinq à vingt ans.

Nous soutenons aussi entre vingt et vingt cinq projets de jeunes chercheurs post doctorants.

Nous attribuons aussi des prix (Awards) pour des chercheurs à la pointe de sujets clés qui nous intéressent à raison de quatre à huit projets par an. Cette année, nous avons porté notre soutien à la recherche sur les systèmes de santé.

Enfin, nous établissons chaque année trois à six  partenariats avec des équipes d’experts d’AXA.

 

Comment voyez-vous l’évolution du mécénat chez AXA ?

Le développement du mécénat n’est pas aisé car la politique de taux zéro ne rend pas les choses faciles pour les métiers financiers. Pour la première fois nous avons établi un partenariat avec la Croix-Rouge pour des situations d’urgence ou de crise et cela nous a permis d’unir nos capacités.

L’avenir est incertain, les progrès technologiques en phase d’accélération (multiplication par deux des données tous les deux ans) et notre métier même évolue beaucoup. Le travail avec les chercheurs aide à mieux comprendre l’environnement et préparer l’avenir. Ceux-ci sont invités à partager leur savoir et le Fonds est très actif dans la communication et les partenariats avec les media.

La question de l’argent devient moins importante aujourd’hui car nous avons un très grand réseau à faire partager et c’est le vrai bonheur de notre mécénat.

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