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[ENTRETIEN] Jean Saslawsky, directeur général de la fondation La France s'engage

[ENTRETIEN] Jean Saslawsky, directeur général de la fondation La France s'engage
Jean Saslawsky, 48 ans, a été nommé directeur général de la Fondation La France s'engage en juillet 2017 à l'issue d'un processus de recrutement ouvert. Nous l'avons rencontré cet été dans les locaux de la fondation, dans la Station F. Il nous explique son parcours dans les ONG et son recrutement. Il nous livre également le visage de la nouvelle fondation, les défis qui l'attendent et les changements par rapport au programme présidentiel. Enfin, il détaille le rôle de François Hollande.


Quel est votre parcours ?

Après mes études, j'ai pris une année sabbatique pour effectuer une mission humanitaire ; cela me tenait à cœur. Je pensais rester en mission un an puis rentrer travailler dans le secteur de la gestion et du marketing. Je suis parti en Bosnie avec une ONG, Équilibre, qui a disparu depuis. J'ai enchaîné avec une deuxième année en Géorgie puis avec quelques mois en Bosnie dans le cadre des programmes de reconstruction. À mon retour en France, je savais que je voulais désormais travailler pour une ONG. Je suis devenu gestionnaire pour Action Contre la Faim ; j’ai évolué ensuite au poste de responsable des relations bailleurs où j’ai développé la partie « subventions ». En 2000, j'ai rejoint Médecins du Monde à un poste de gestion des financements publics. J'y ai diversifié les sources de financement au niveau international, cela a permis le développement de nombreux projets. En 2011, je suis devenu secrétaire général pour le réseau international : il s’agissait par exemple de soutenir les associations du réseau qui subissaient la crise économique, puis d’ouvrir la branche Doctors of the World aux Etats-Unis.  J'ai également été membre du conseil d’administration de VOICE à Bruxelles pendant 6 ans. 

 

Comment s’est passé votre recrutement comme directeur général de la Fondation la France s’engage (FFE) ?

Le choix a été fait de recruter quelqu'un du monde associatif, et qui ne possédait pas forcément d'expérience politique. Il fallait aussi je crois un niveau de directeur dans une ONG avec un aspect fundraiser (recherche de financements) important. Or j'ai fait du fundraising sur les fonds publics et institutionnels aussi bien que sur des fonds privés (fondations et groupes), en France ou à l'international comme par exemple au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. 

La personne choisie devait pouvoir travailler avec un conseil d’administration composé de représentants d'entreprises et de personnalités du monde politique et de la société civile ; c’est en effet une combinaison très diverse et riche : des présidents et des directeurs de très grandes entreprises, associés à des personnalités qualifiées. Lors de mon dernier poste, j’ai beaucoup travaillé avec des conseils d’administration, je vais m’appuyer sur cette expérience pour travailler avec ce très beau conseil d‘administration dans lequel j’espère qu’il y aura des débats ! 

 

Quel est le visage de la FFE aujourd’hui ?

C’est une fondation récente, déclarée en mars. La reconnaissance d’utilité publique a été obtenue rapidement. La fondation prend la suite de trois ans du chantier présidentiel éponyme. 

Les quatre mécènes principaux sont Artemis [la holding de François Pinault ], Total, BNP Paribas et Andros. Ils siègent au conseil d’administration ainsi que trois organismes publics (La Poste, La Caisse des dépôts, AFD).

Au niveau du budget, actuellement, 30 millions ont été rassemblés pour le mandat de 5 ans : 16,5 millions des mécènes privés, 8,5 millions de fonds public, 5 millions en expertise et mécénat de compétences. Il y a des objectifs de levée de fonds, notamment pour immédiatement abonder les sommes qui sortent. L’équipe est en recrutement, nous serons sept permanents à la rentrée. 

Dans les grandes lignes, le projet reste le même. L’une des différences c'est qu'avant il y avait les lauréats et les finalistes [qui gagnaient l’appellation LFSE, mais pas de subventions]. Nous ne faisons plus de distinguo. Cette année, qui est une année de transition, nous allons primer dix lauréats. 1044 dossiers d'assos et d'entreprises ESS [économie sociale et solidaire] ont été reçus sur le dernier appel. Cet été il y a eu deux sessions de notation réunissant 60 personnes sur un format hackhaton.  Elles devaient noter les dossiers selon quatre critères : impact social, innovation, capacité d'essaimage et efficience démontrée. Il y a eu une double note, puis on a fait la moyenne. 155 dossiers finalistes ont sélectionné la semaine dernière (le règlement prévoit 150 dossiers, mais il y a eu des ex aequo). À réception des 155 dossiers complets en septembre, des jurés vont sélectionner les dossiers pour arriver à 40. Ces 40 pitchent en novembre, et nous aurons dix finalistes en décembre.

Il y a quelques autres changements en vue, comme réorganiser le forum pour créer plus d'échanges entre les lauréats. Aussi, La France s'engage au Sud va être devenir un programme international de la fondation en 2018, avec pour objectif de s’inspirer d'idées développée à l'international pour les appliquer en France, dans une optique de coopération mutuelle.

 

Quel va être le rôle de François Hollande ?

François Hollande est très investi sur ce projet, et sur toute sa mise en œuvre. Il y tient personnellement et y met beaucoup d’enthousiasme. Il a été impliqué dans le choix des bureaux [Station F] avec la volonté de placer la fondation dans un écosystème d'innovation. Nous apportons à cet environnement une dimension sociale. Et puis il s'est impliqué dans le recrutement, je l'ai vu au cours de deux entretiens. Il porte les objectifs de la fondation afin de promouvoir l'engagement de la société civile. 

Le président de la Fondation est actuellement Martin Hirsch. François Hollande prendra la présidence début septembre et il sera donc encore plus investi. 

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