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[LU] Start-up recherche cadre qualifié : une nouvelle forme de mécénat ?

[LU] Start-up recherche cadre qualifié : une nouvelle forme de mécénat ?
Le gouvernement français envisage de réguler le prêt de salariés issus de grandes entreprises à des start-up. Une forme de mécénat de compétences qui pourrait bénéficier à tous et qui interroge le secteur de l’intérêt général. Un article du Point datant de début août circule beaucoup sur les réseaux sociaux...


Le prêt de main-d’œuvre, une formule aux nombreux avantages

 

Prêter des salariés qualifiés à une petite entreprise qui pourrait en tirer profit, l’idée semble alléchante et suscite beaucoup de réactions positives sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, le concept existe déjà et est proposé par plusieurs plateformes, telles que Mobiliwork, Crafty, Apitalent et Oscarh. À l’heure de la transition numérique, la demande de main-d’œuvre qualifiée pour réaliser certaines tâches grandit de jour en jour. La signature d’une telle convention permet par exemple à une entreprise de prêter des salariés dont elle n’a pas besoin pendant une période donnée sans pour autant s’en défaire. Elle offre également la possibilité aux grandes sociétés de déplacer plus facilement leurs éléments au sein de leurs filiales ou de leur offrir une formation spécifique en les plaçant dans une petite entreprise dans laquelle ils s’épanouiront davantage et acquerront de nouvelles compétences.

 

Un vide juridique à combler

 

Afin de faciliter ce type d’échange, les règles doivent être clairement établies. Pour cette raison, l’Assemblée nationale vient d’examiner un projet de loi d’habilitation à réformer le Code du travail par ordonnances. Le texte vise notamment à clarifier la question de la facturation. « Aujourd'hui, la loi nous indiquant que je dois facturer salaire, charges sociales et frais professionnels, cela veut dire qu'en théorie, si je refacture moins que ça, je peux tomber dans le cas d'un prêt illicite de main-d’œuvre », indique un des avocats qui a travaillé sur ce projet, Florian Carriere. La CGT n’est pas convaincue par cette pratique, car elle craint que les grandes entreprises, en prêtant leurs salariés aux plus petites, finissent par en prendre le contrôle.

 

Le secteur de l'intérêt général connaît des réactions variées à cette nouvelle forme de mécénat

 

Si certains réseaux et acteurs du secteur ont relayé l'article avec enthousiasme, d'autres s'interrogent sur la pertinence de ce sytème et surtout sur son assimilation à du mécénat. L'interrogation porte surtout sur la clarification d'un système existant déjà complexe... Sylvain Reymond, responsable de l’expertise « mécénat et investissements citoyens » au sein du réseau Les entreprises pour la Cité, interrogé par carenews.com explique : « Les TPE, PME ou start-up sont des acteurs pour lesquels les entreprises responsables s’engagent de plus en plus. Il faut encourager et libérer ces nouveaux modèles d’investissements citoyens qui permettent aux plus petites entreprises de bénéficier de l’expertise et/ou des ressources des plus grandes et vice versa. Je crois par contre que tout ne peut pas être assimilé à du mécénat d’entreprise à proprement parlé. Le dispositif du mécénat – y compris le mécénat de compétences – est une forme d’engagement à part entière. Il est réglementé et destiné exclusivement aux acteurs de l’intérêt général. Il y a donc confusion dans cet article du Point. Le dispositif présenté s’inscrit davantage dans une logique d’open-innovation sociale classique ou d’une nouvelle forme d’engagement pro bono qu’il conviendra en effet de mieux encadrer ».

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