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[LU] Le marché de l’investissement responsable se transforme

[LU]  Le marché de l’investissement responsable se transforme
À l’heure où les préoccupations sociales et environnementales gagnent de l’importance, les investissements « responsables » se multiplient. Au-delà d’une simple quête de rendement financier, il s’agit désormais de générer des impacts positifs, mesurables à l’aide de nouveaux indicateurs. Une étude Novethic parue cet été nous éclaire.


 

 

 

 

De l’investissement responsable à l’impact investing

 

Le marché de l’investissement responsable a vu le jour avec la volonté de conjuguer finance et développement durable. Structuré dans un premier temps autour de la prise en compte des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les décisions de financement, il s’ordonne progressivement vers la recherche active d’impacts positifs. L’impact investing se caractérise alors par « un accent plus fort sur les indicateurs de résultats, qui visent à mesurer les impacts concrets des entreprises et des projets financés sur le terrain », selon la récente étude menée par Novethic en juillet dernier. Cette nouvelle pratique, si elle est reste minoritaire au sein du secteur, tend à se généraliser très rapidement. Preuve en est, la Gobal sustainable Investment Alliance (GSIA) mesure une progression de 146 % des investissement à « impact » entre 2014 et 2016. Par ailleurs, les fonds de pensions d’Europe du Nord et de nombreux acteurs institutionnels s’attachent à valoriser ces démarches, soucieux de « rendre compte à leurs bénéficiaires de leur contribution à une économie durable ».

 

La mesure d’impact : nouveau défi du secteur

 

Si les intentions des investisseurs sont louables, demeure en suspens de nombreuses questions. Comment mesurer « l’impact positif » ? Quels indicateurs se révèlent fiables ? Comment assurer une cohérence d’ensemble au marché de l’investissement responsable ? Autant de défis auxquels des réponses multiples sont apportées. Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), adoptés en 2015 à l’ONU, constituent aujourd'hui un référentiel clé pour les investisseurs, qui souhaitent témoigner des conséquences positives qu’ils génèrent. En janvier 2017, les « Principes pour la Finance à Impact Positif » ont également été adoptés, à la suite d’une collaboration entre l’ONU et un groupe de banque et d’investisseurs représentant près de 6 600 milliards de dollars, parmi lesquels Société Générale, BNP Paribas, NedBanx ou encore YES Bank. Tatiana Bosteels, Directrice de la responsabilité et de l’investissement immobilier responsable chez Hermes Investment Managment, affirmait notamment : « Nous avons besoin de fournir des rendements financiers mais nous ne pouvons pas non plus isoler un investissement de son environnement. Et nous devons donc étudier comment nous pouvons aussi fournir des impacts positifs dans le monde réel pour nos clients et bénéficiaires. »

 

Vers de nouvelles stratégies d’impact ?

 

Le marché des green et social bonds, des obligations finançant des projets à valeur ajoutée environnementale et sociale et affirmant la nécessité des process d’évaluations et de reportings, ne cesse de se développer depuis les dernières années. Bloomberg News Energy Finance estimait ce dernier en 2017 à environ 123 milliards d’euros. De nombreuses alternatives sont donc disponibles pour les acteurs qui souhaitent s’impliquer dans une finance plus solidaire. Toutefois, l’étude Novethic ne manque pas de souligner les dérives potentielles liées à ces mutations : « Les investisseurs disposent d’un nombre croissant de fonds, d’indices et de méthodologies autour des thématiques de l’impact et des ODD. Ce foisonnement est source d’innovations, mais aussi de risques pour leur crédibilité (…) définir et mesurer des impacts positifs requiert des méthodologies solides. » Face aux dangers d’« impact washing » ou d’« ODD washing », l’enjeu est donc grand d’harmoniser progressivement les pratiques.

 

 

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