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[CARENEWS JOURNAL 8] Anne-Sophie Pic : « donnons du goût à l’enfance ! »

[CARENEWS JOURNAL 8] Anne-Sophie Pic : « donnons du goût à l’enfance ! »
Conjuguer sa passion du goût et la partager avec les plus fragiles, c’est la vocation du Fonds Solidaire Pic. À 47 ans, la chef triplement étoilée prouve que s’engager pour les autres est possible, même lorsqu’on a de nombreuses responsabilités.


 

 

 

Anne-Sophie Pic nous a accordé un peu de son temps précieux pour parler de son Fonds Solidaire. Le sujet lui tient à cœur et pour cause, cette facette généreuse et engagée qu’on lui connaît peu est, pour cette star discrète de la cuisine française, ancrée dans son ADN. En devenant maman, je me suis posée comme toutes les mères, les questions de comment bien nourrir mon enfant, comment lui transmettre le goût des choses. J’ai par mes parents eu très jeune cette transmission et je voulais naturellement aussi à mon tour communiquer ce plaisir de manger aux petits. Créé en 2009 par Anne-Sophie et son mari David Sinapian, le Fonds Solidaire du Groupe Pic a pour mission principale d’accompagner les plus jeunes dans la découverte sensorielle du goût, de leur apprendre les bases d’une alimentation saine et équilibrée, en prenant l’alimentation comme un vecteur thérapeutique. Nous avons vite été sollicités par des associations (comme Kiwi, On est là !, Les petits Princes) pour aller dans les hôpitaux ou des services pédiatriques. Là, j’y ai découvert que dans la maladie, l’alimentation est souvent perçue de façon difficile, par ces enfants qui souffrent de vraies pathologies liées à l’alimentation qui perturbent leur goût (diabète, cancers, leucémies…). Nous essayons de les aider à retrouver le plaisir de manger.

 

Des actions concrètes, un projet phare

 

Très impliquée depuis huit ans maintenant, c’est par une série d’actions ciblées, notamment la mise en place d’ateliers de cuisine adaptés aux enfants malades, que la chef et ses équipes œuvrent sur le terrain, quand elle n’ouvre pas, plusieurs fois par an, les portes de son école de cuisine à Valence. Cela me touche toujours autant de voir des enfants atteints de “troubles de l’oralité” (opérés bébés, ils ont toujours été nourris artificiellement par des sondes) découvrir une alimentation classique. J’en ai suivi certains sur deux ou trois ans, et quel bonheur pour moi de voir qu’un jour, ça y est, ils ont acquis un nouveau rapport au goût et à la nourriture et se mettent à manger. Un plaisir simple, pour eux vital. C’est une grande victoire, la plus belle à mes yeux !

Humer, déguster (un dessert, du chocolat), tenter de leur redonner goût pour les saveurs, les re-sensibiliser aux textures, au toucher, à l’alimentation spontanée et savoureuse… Anne-Sophie Pic n’hésite pas à distribuer à l’hôpital des plateaux-repas, confectionnés avec soin, mais aussi à emmener avec elle et son fidèle maraîcher-fournisseur (Cyril Vignon), des enfants dans des jardins partagés pour des balades-cueillettes. Des leçons de nature, en plein air, pour que se nourrir prenne vie dans leurs esprits. Apprendre à des jeunes diabétiques à bien manger, à des enfants défavorisés à cuisiner facilement les légumes qu’ils ont cultivés, c’est aussi conjuguer son art avec la mise en œuvre d’actions d’intérêt général en faveur de l’enfance. Son cheval de bataille…

Tous ces gestes pour retrouver la saveur des produits contribuent à retrouver de l’appétit et donc à combattre plus efficacement la maladie. Le goût joue un rôle dans la guérison. Sur la liste des récompenses d’un jour qui la marquent pour toujours : un enfant anorexique de 14 mois se remettant à manger spontanément ; un ado de 16 ans, juste guéri de son cancer après une bataille acharnée et qui veut désormais être pâtissier depuis qu’il l’a rencontrée ; ou le témoignage heureux de parents qui étaient en détresse, n’hésitant plus à concocter un vrai gratin dauphinois maison pour leur fille alitée. Au quotidien, il est compliqué pour des parents de nourrir son enfant fatigué ou fragile. Se remettre à prendre du plaisir à table avec des produits de saison, des idées de recettes faciles et des gestes simples devient un soulagement et de la joie pour toute la famille. J’ai ressenti enfant cette capacité qu’à la cuisine d’émouvoir.

Aujourd’hui, le grand projet du Fonds Pic est de rassembler toutes ces initiatives solidaires en ressuscitant l’auberge familiale historique et emblématique du Pin, à Saint-Peray en Ardèche (là où a commencé son arrière grand-mère cuisinière), pour le transformer en un véritable centre d’accueil pour enfants malades. Cet endroit serait une bulle, une parenthèse dans laquelle ils pourraient en dehors du cadre médical se ressourcer grâce à des ateliers thérapeutiques, des activités de découvertes sensorielles, des cours de cuisine, une ferme, un potager afin de leur montrer combien le goût est source de plaisir et d’épanouissement ». Si cette future maison des enfants a déjà reçu l’adhésion enthousiaste et la caution d’un comité scientifique prêt à valider l’ensemble des orientations thérapeutiques (hôpitaux de Valence, Centre Louis Bérard et Hôpital Femme Mère Enfant de Lyon, Centre Robert Debré à Paris), il reste à boucler le financement. C’est le plus difficile, on a pris du retard car le temps me manque, mais je suis persuadée qu’on va y arriver, avoue la chef, confiante.

 

« Faire du bien aux autres me procure une énergie folle ! »

 

Quand on lui demande quel est le moteur de son engagement, la réponse fuse : En recevant ma troisième étoile en 2007, j’ai pris un chemin tellement en adéquation avec ce que je suis personnellement, mes convictions, mon éducation, mes valeurs familiales (le respect, la générosité…), que cela est naturel pour moi. J’ai vu petite mes parents distribuer tous les jours des sandwichs, aux portes de la cuisine du restaurant, à ceux qui avaient faim. Ça marque… Je ne suis pas une chef sur son piédestal, je ne suis que cuisinière et je ne l’oublie pas. À une époque où il est facile d’être égoïste et de se plaindre, j’ai aussi envie de rappeler qu’on a autant de plaisir à donner qu’à recevoir ! Autodidacte, j’ai toujours aimé transmettre, partager et donner envie aux gens. Oui, j’évolue aussi dans un monde de luxe, et de privilèges, mais cela n’empêche pas la générosité du cœur. Il faut savoir donner. La cuisine est vectrice de bonheur, de partage en famille, d’émotions : créer une école de cuisine pour rendre celle-ci accessible à tous, solliciter le goût à l’hôpital, tout cela a du sens dans mon métier et fait sens pour moi. Un état d’esprit devenu contagieux et partagé par ses équipes : la création de la fondation (devenue ensuite le Fonds Solidaire) n’a eu que des effets positifs au sein de l’entreprise. En donnant spontanément et volontairement de leur temps et de leur énergie, mes collaborateurs ont aussi tissé des liens très forts entre eux, une vraie solidarité qui n’est pas un vain mot, mais aujourd’hui une fierté. Se rendre utile donne une énergie folle, une envie d’avancer. Vous savez, c’est aussi ça le sens du mot “ s’engager”. 

 

Anne-Sophie Pic, c’est… à Valence : Restaurant Anne-Sophie Pic ***, Maison PIC, l’Hôtel *****, le bistrot André, Daily PIC, l’Épicerie d’Anne-Sophie Pic, l’École de cuisine SCOOK. À Paris, La Dame de Pic *. À Lausanne : Anne-Sophie Pic au Beau-Rivage Palace **. À Londres : La Dame de Pic. www.anne-sophie-pic.com

 

Le Fonds Solidaire du Groupe Pic, ce sont :
• Des "Balades Gustatives " pour les enfants atteints de troubles de l’oralité.
• "Les rêves de Petits Princes" comme ceux, exaucés, de participer à un cours de cuisine à la Maison Pic.
• Le MAT : à partir de cueillettes de légumes dans les jardins partagés de quartiers sensibles de Valence, le fonds met en œuvre des ateliers culinaires pour les enfants afin de les relier à une alimentation saine, équilibrée et produite localement.
> En 2015, le Trophée Gosset Celebris, qui récompense chaque année une initiative humaine, culinaire et thérapeutique, a décerné son prix au Fonds Solidaire Pic.
> Pour faire un don : www.anne-sophie-pic.com/fonds-de-dotation


Bio express
1969 : naissance d’Anne-Sophie Pic
1992 : diplômée de l’ISG Paris (Institut Supérieur de Gestion), elle rejoint la Maison familiale de Valence
1998 : Anne-Sophie et David, son mari, reprennent la direction de la Maison Pic
2006 : ouverture du bistrot “7 par Anne-Sophie Pic”
2007 : 3e étoile au Guide Michelin et Chef de l’année
2008 : ouverture de Scook, son école de cuisine, à Valence
2009 : ouverture du restaurant Anne-Sophie Pic au Beau-Rivage Palace, 2* à Lausanne
2011 : élue Meilleure femme chef du monde. Ouverture de “L’Épicerie” à Valence.
2012 : ouverture de la Dame de Pic*, à Paris
2014 : lancement du “Daily Pic”, Valence
Janvier 2017 : ouverture de La Dame de Pic, à Londres, au Four Seasons Ten Trinity Square.


La cuisine, signée Pic…
« Le plat est une matière vivante. Chaque bouchée doit procurer une émotion gustative différente, tantôt puissante, tantôt délicate, tantôt suave, tantôt amère… ». Associations inédites, complexes, elle recherche les goûts comme l’amer, l’iodé, le torréfié, le fumé. Elle aime entre autres travailler les infusions, les épices, le thé, le café, les agrumes, les fleurs et plantes aromatiques… Parmi ses plats signatures : les Berlingots, la Tomate plurielle, la Carotte et Fleur d’oranger, le Millefeuille blanc, la Langoustine au casier, la Bière blonde et Caramel… (infos sur www.anne-sophie-pic.com)

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