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[RÉFUGIÉS] MigrENS : quand le milieu étudiant œuvre pour les réfugiés

[RÉFUGIÉS] MigrENS : quand le milieu étudiant œuvre pour les réfugiés
C’est un sentiment d’indignation qui pousse, en 2015, des étudiants de l’ENS à agir concrètement et à faire leur œuvre de colibri, qui prendra du poids au fur et à mesure des années. En effet, 2015 est une année clé : la crise migratoire touche de façon majeure la France. L’action du PEI (gérée par l'association MigrENS) s’ancre dans cette réalité historique.



 

Une mobilisation forte et symbolique d’une grande école

 

La mobilisation générale du milieu étudiant a été et continue à être très forte. Parmi les institutions qui le composent, l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm est un lieu chargé d’un puissant pouvoir symbolique : l’aide aux migrants et aux réfugiés prend donc toute sa signification et son poids lorsqu’elle émerge dans ces lieux. Le Programme Étudiant.e.s Invité.e.s (PEI) est né d’un souhait d’intégrer les personnes migrantes ayant été contraintes d’abandonner leurs études. Le potentiel de mobilisation et d’organisation logistique fort de cette école avec beaucoup de moyens permet également d’offrir une aide rapide et concrète dès 2015. Des professeurs sont également entrés dans le cercle vertueux, en devenant tuteurs. Ce désir d’agir né dans une grande école comme celle de l’ENS témoigne d’une véritable envie d’aider et d’être acteur des solutions de la part du monde universitaire. D’autant plus que cette association s’ancre ensuite, en 2016, dans un réseau plus global.

 

Un réseau inter-universitaire d’aide aux migrants

 

Un réseau inter-universitaire s’est ensuite mis en place par le biais de la création du RESOME (Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et des Exilé.e.s) en avril 2016. Il s’agit d’un collectif apartisan constitué d’étudiant.e.s, de professeur.e.s, de personnes solidaires, d’associations et de groupes informels, qui œuvrent aux côtés des réfugié.e.s et migrant.e.s pour favoriser l’accès à l’enseignement supérieur et faciliter l'orientation de tous les étudiant.e.s exilé.e.s, ainsi que l’apprentissage du français pour tous et toutes. Cette initiative louable et fédératrice témoigne d’un fort engagement de la part de la communauté des moins de 25 ans. Il faut savoir que Nanterre, Paris VIII, l’EHESS, Sciences Po accueille aussi des élèves, et que des étudiants de cette dernière grande école ont créé la branche française de Kiron permettant de reprendre des cours en ligne. L’université de Strasbourg, soutenue par l’association Alsace Syrie, était, quant à elle, pionnière : dès le mois de septembre 2015 elle accueillait 75 étudiant.e.s invité.e.s.

 

« No one is illegal »

 

MigrENS et le RESOME apportent une aide inconditionnelle aux personnes qui entrent dans le cadre de leur action. C’est-à-dire que ces associations ne reconnaissent pas, contrairement à celles qui travaillent de concert avec les services publics, les critères établis dans le droit des étrangers. Leur aide n’est pas conditionnée par le statut des personnes, étant donné que selon elles, personne n’est illégal (« no one is illegal ») et qu’il est nécessaire de venir en aide à tout humain mis en situation de précarité par des déplacements migratoires. Cette dimension humaine est essentielle et elle est placée au cœur de leur vision.

 

Les actions concrètes

 

MigrENS organise des cours de FLE (Français Langue Étrangère), met en place une aide juridique et administrative par le biais de binôme entre un étudiant de l’ENS et un étudiant invité, et un système de tutorat entre un professeur de l’ENS et un étudiant invité. L’association permet aux étudiants migrants d’accéder à tous les services de l’école, gratuitement, elle leur rembourse également le pass navigo. Mais ce que fait surtout l’association et ce qui mérite une attention toute particulière, c’est permettre de tisser des liens forts avec ces personnes exilé.e.s (dans le cadre des activités, de l’accompagnement individuel...) de manière, autant que possible, horizontale. Cela permet de les intégrer socialement, de libérer la parole, d’aborder des problèmes qui n’auraient peut-être pas été soulevés dans un autre cadre et d’ajouter un peu (beaucoup) d’humanité.

 

Une action ciblée qui s’ancre dans un paysage complexe

 

MigrENS est « un point au milieu d’une cartographie plus générale de gens, un peu partout en Europe, qui sont partis du même sentiment d’indignation en 2015, pour essayer de produire, à leur mesure, des actions de solidarité. Dès lors, le PEI ne fonctionne qu'en relation avec d'autres initiatives et d'autres luttes : il est un petit aspect spécifique dans un travail plus global, travail auquel se livre des centaines d'associations et de collectifs pour créer une dynamique politique d'accueil des exilés et de changement de la politique migratoire française et européenne. » Son action est limitée, elle n’est pas suffisante en elle-même « mais nous savons aussi que bien que limitée, cette action est productive, créatrice de forces, de projets, d’initiatives », déclare un compte-rendu de l’association.  

 

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Semaine thématique réalisée avec le soutien de la Fondation Sanofi Espoir.

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