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[CHIFFRE] Un tiers des populations d’oiseaux a disparu des campagnes en 17 ans

[CHIFFRE] Un tiers des populations d’oiseaux a disparu des campagnes en 17 ans
L’annonce des résultats de deux études de comptabilisation des oiseaux, l’une nationale, l’autre locale (ie : du programme du Muséum national d’Histoire Naturelle “Suivi Temporel des Oiseaux Communs” (STOC) et d’un programme lancé en 1993 dans les Deux-Sèvres), agite la toile depuis quelques jours. Et pour cause : ils mettent l’accent sur une triste réalité pour notre écosystème : les oiseaux disparaissent à une vitesse vertigineuse dans les campagnes. En moyenne, les populations ont été réduites d’un tiers en quinze ans. Un constat effarant, qui appelle les responsables politiques à prendre des mesures rapidement.  


 

 

Les populations d’oiseaux en chute libre depuis vingt-cinq ans

 

Le STOC est formel : le déclin des oiseaux en zone agricole est bien en marche, et pour le moins préoccupant. En cause, l’intensification de l’agriculture au cours des 25 dernières années. Les années 2008 et 2009, coïncidant notamment avec la hausse des cours de blé et la généralisation des néonicotinoïdes (i.e. : une famille de pesticides particulièrement agressive) ont sans surprise provoqué un pic de disparition. Malheureusement, la situation ne s’améliore pas, puisque le STOC a observé un nouvel accroissement du rythme de disparition en 2016 et 2017. “Nous n’avons pas d’explication rationnelle, déplore Benoît Fontaine, biologiste au Centre d’Ecologie et de Sciences de la Conservation (CESCO) du Muséum. Il est très compliqué en milieu naturel d’isoler un seul facteur responsable d’un phénomène, car ils peuvent être de nature globale comme le réchauffement climatique, locale comme la prolifération de pesticides sur une zone, ou sociale lorsqu’ils sont liés aux habitudes de consommation.”

 

Agir ensemble pour alerter l’opinion et préserver l’environnement


 

Un constat “alarmant” et “catastrophique”, des campagnes en passe de devenir “de véritables déserts”... Le discours des spécialistes et des chercheurs en dit long sur la gravité de la situation. “Les populations d’oiseaux s’effondrent littéralement dans les plaines céréalières, et cela concerne toutes les espèces”, indique Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologiques de Chizé et directeur de la Zone Atelier Plaine et Val de Sèvre, au CNRS. Certaines espèces ont perdu les deux tiers de leur population en quinze ans, l’alouette, un quart. Or, chaque espèce occupe un rôle bien précis, et leur disparition obligerait les agriculteurs à remplacer leur action naturelle par des services payants… et pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’activité économique du secteur. Face à l’urgence, le STOC et la zone atelier “Plaine & Val de Sèvre” ont décidé d’unir leurs voix. “Si les deux études sortent en même temps, ce n’est pas du tout un hasard, confirme Benoît Fontaine. Nous étions effarés en comparant nos données. Romain Julliard, le directeur du CESCO et Vincent Bretagnolle ont donc décidé de faire un communiqué de presse commun afin d'alerter l’opinion du grand public et les décideurs politiques.” Si la situation n’est pas irréversible, le biologiste reste formel : seul un changement de comportement de l’ensemble des parties prenantes - décideurs politiques français et européens, agriculteurs, distributeurs et consommateurs - pourra faire basculer la situation.


 

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