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Journée mondiale de prévention du suicide : ce qu'il est possible de faire

Journée mondiale de prévention du suicide : ce qu'il est possible de faire
Le lundi 10 septembre 2018 est la Journée mondiale pour la prévention du suicide. Chaque année dans le monde, 800 000 personnes se donnent la mort : cela représente un suicide toutes les quarante secondes. La France présente un taux de suicide parmi les plus élevés des pays européens. Une situation de plus en plus préoccupante, en témoigne l'Observatoire des Souffrances Psychiques de l'association S.O.S Amitié, qui dénombre une hausse de 20 % des appels de pensées suicidaires chaque année depuis 2015. La prévention du suicide demeure un challenge général, et nous pouvons tous agir à notre niveau.



 

15e cause de mortalité dans le monde


 

D'après l'Association internationale pour la prévention du suicide (IASP), l'acte de se donner la mort est la 15e cause de mortalité dans le monde. Pour de nombreux pays européens, il s'agit de la première cause de décès chez les 15-24 ans, tandis que 76 % des suicides dans le monde surviennent dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

 

Si la dépression est le le trouble psychique le plus souvent retrouvé chez les personnes mortes par suicide, il reste la résultante d'une convergence de facteurs de risques qui incluent notamment des facteurs génétiques, psychosociaux, et culturels pouvant se combiner ou se chevaucher à des traumatismes ou la perte d'un proche. Un groupe hétérogène qui constitue un véritable défi pour les experts de la prévention.


 

Une responsabilité collective qui se heurte au tabou


 

La prévention du suicide est une responsabilité citoyenne qui concerne chacun d'entre nous. Il existe de nombreux moyens de prévenir les comportements suicidaires. Les acteurs les plus proches sont bien-sûr la famille ou les amis, les collègues de travail, les voisins ou même les passants peuvent eux aussi agir à leur niveau. Sensibilisés aux causes et aux signes d'alerte du passage à l'acte, il est important de faire preuve de vigilance, de compassion et d'attention pour ceux de notre entourage qui sont en détresse.

 

D'après l'OMS, la prévention du suicide requiert des actions situées à des niveaux multiples : communautés, systèmes de proximité et individuel. Le simple fait de demander à quelqu'un de ses nouvelles fait déjà la différence, rappelle l'IASP, qui relate les difficultés rencontrées par les personnes voulant intervenir, souvent gênées par le sentiment de ne pas être à la hauteur. "Les personnes en situation de souffrance ne recherchent pas spécifiquement des conseils, mais de l'écoute et de l'empathie."

 

Une autre façon de combattre le suicide est de lutter contre son tabou. Si la santé mentale est souvent objet de gêne, vouloir ou avoir voulu se suicider marginalise et impose le carcan de la honte. L'expérience de ces personnes est pourtant cruciale pour prévenir et agir.  Aujourd'hui encore et dans 45 pays dans le monde, vouloir attenter à ses jours peut être puni par la loi.


 

S.O.S Amitié : des besoins croissants auxquels l'association peine à faire face


 

Depuis sa création en 1960, l'association S.O.S Amitié veut prévenir le suicide avec une ligne d'écoute ouverte 24h/24. À partir de ses statistiques, elle édite les résultats de l'Observatoire des Souffrances Psychiques. Depuis 2015, les appels de pensées suicidaires sont en nette augmentation, surtout chez les moins de 25 ans.

 

Pour rester proche de ces publics, l'association a ouvert deux nouveaux canaux de chat et de messagerie, accessibles depuis son site internet. Une évolution qui optimise le nombre d'écoutes possible, mais qui ne permet pourtant pas de faire face à des besoins de plus en plus croissants : seulement 45 % des appels adressés à l'association aboutissent à une réponse. Un manque crucial d'écoutants, particulièrement dramatique durant les temps nocturnes, où les appels sont les plus nombreux et la souffrance la plus sourde.

 

Pour ces raisons, S.O.S Amitié lance un appel à bénévoles. Accompagné tout au long de son parcours et formé, l'écoutant·e est une personne qui veut aider et qui dispose de temps pour le faire, car les missions de bénévolat l'engagent sur un planning annuel qu'il est important de respecter. Un engagement extrêmement riche, comme le témoigne Nadège Moreira, responsable de l'association : "on ressort complètement différent de S.O.S Amitié."


 





 

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