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[ON Y ÉTAIT] [#ESSRULES] Conseil des Ministres à Convergences

[ON Y ÉTAIT] [#ESSRULES] Conseil des Ministres à Convergences
Nous vous avions annoncé, sur carenews.com, la venue des ministres du Gouvernement idéal et virtuel de l’ESS 2018, élus par les lecteurs de Carenews, au forum mondial organisé par Convergences. Le 4 septembre dernier, à l’espace 3Zéro du Palais Brongniart, se sont réunis Sylvain Reymond (Pro Bono Lab), porte-parole du gouvernement, Ericka Cogne (Institut Télémaque), ministre de l’Éducation, Guillaume Capelle (Singa), ministre des Affaires Étrangères, Émilie Poisson (Convergences), ministre du Développement International, Stéphanie Goujon (ADN), ministre de la Solidarité, Charlotte Debray (La Fonda), ministre de la Vie associative, Anne-Cécile Mailfert (Fondation des femmes), ministre des Droits des femmes, et Rose Boursier-Wyler, représentant Lucie Basch (TooGoodToGo), ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.


 

 

“L’économie sociale et solidaire doit devenir une norme”. C’est sur ces mots de Flavie Deprez qu’a démarré le conseil des ministres du gouvernement #ESSRULES 2018 au forum mondial Convergences. Ce conseil des Ministres a été l’occasion d’annoncer la sortie prochaine du livre blanc, qui paraîtra à l’automne ; pour le porte-parole du gouvernement, Sylvain Reymond, l’enjeu sera de porter toutes les propositions du livre blanc le plus haut possible. Les ministres présents ont pu, chacun à leur tour, exposer une de leurs mesures ou un thème de leur programme.

 

Emilie Poisson, ministre du Développement international, rappelle en guise d’introduction que la France est engagée depuis un demi-siècle dans l’aide publique au développement ; or, le montant de cette aide n’atteignait en 2017 que 0,38 % de son PIB. L’objectif serait donc de monter à 0,70 % du PIB, un taux optimal selon les calculs de l’économiste néerlandais Jan Tinbergen, prix Nobel d’économie en 1969. Pour doter le fonds de financement de l’aide publique au développement, la ministre propose d’instaurer une taxe sur les transactions financières, à l’image de ce qu’avait expérimenté le Crédit Coopératif, ainsi que de récupérer le montant des amendes imposées aux GAFAM par l’Union Européenne au titre de leurs évasions fiscales.

 

Rose Boursier-Wyler, pour Lucie Basch, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a insisté sur la notion de transparence : “L’alimentation a un coût environnemental, un coût social et un coût sur notre santé”. Il s’agit donc d’informer au mieux le consommateur sur ce qu’il achète, afin de l’autonomiser, par exemple en affichant l’impact carbone d’un produit. Cet affichage permettrait également, à la fin de la chaîne, de responsabiliser davantage les industriels. Idéalement, les externalités environnementales et sociales négatives seraient intégrées dans le prix du produit, pour inciter à la consommation de produits sains et responsables.

 

Ericka Cogne, ministre de l’Éducation, tire la sonnette d’alarme sur le sujet des jeunes : “On crée une jeunesse qui manque de confiance en elle, qui se connaît mal”, dans un contexte sociétal toujours plus anxiogène. La ministre de l’Éducation propose donc d’instaurer et de généraliser, “de la maternelle jusqu’au bac+12”, des cours de confiance en soi et de gestion des émotions.

 

“43 % des Français pratiquent le bénévolat, de manière régulière ou irrégulière”, rappelle Charlotte Debray, ministre de la Vie Associative. L’engagement en France est non seulement fort, mais il progresse. Pour la ministre, organiser cette mobilisation doit désormais se faire autour de la matrice des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). Mais les associations ne sont pas les seules responsables de la mobilisation citoyenne, les entreprises ont également un rôle à jouer. En ce sens, les partenariats entre ces deux mondes doivent se développer et se systématiser : ce sera la mesure phare du ministère de la Vie Associative.

 

D’emblée, Anne-Cécile Mailfert, ministre du Droit des Femmes, rappelle des chiffres parlants sur la situation des femmes en France, qui malgré une certaine prise de conscience, ne semble toujours pas s’améliorer sensiblement. La ministre propose donc de développer et de généraliser des solutions de proximité, à l’image de la Maison des femmes de Saint-Denis, qui regroupe un ensemble de professionnels (conseillers conjugaux, sages-femmes, psychologues) au service des femmes ; ou encore, un chat créé et géré par un groupe de femmes qui permet d’échanger en direct ou de lancer des alertes. Par ailleurs, le congé paternité doit être amélioré et augmenté.

 

Gwénaëlle Thomas-Maire, ministre de la Justice, souhaite avant tout renforcer et prioriser la question de l’accès au droit : “Nous naissons sujets de droit, notre vie est constituée de droit”, d’où l’importance de permettre et de faciliter un accès à la justice et au droit pour tous, en intervenant plus en amont dans le système juridique. Des partenariats doivent être développés entre les différents organismes et les différents acteurs du droit.

 

Une démission au ministère des Affaires Étrangères ? Guillaume Capelle, ministre actuel, a suggéré que le poste pourrait être repris, pour plus de diversité au sein du gouvernement, par une personne étrangère. En attendant, il propose de développer la notion de “commun” par la modélisation de toutes les innovations sociales et environnementales que porte la France, en les rendant accessibles, en les traduisant pour les rendre compréhensibles par tous les pays pour qu’ils puissent, s’ils le veulent, s’en inspirer.

 

Enfin, Stéphanie Goujon, ministre de la Solidarité, rappelle qu’actuellement en France, 9 millions de personnes, dont 3 millions d’enfants, vivent sous le seuil de pauvreté ; parallèlement, la France a un système de minima sociaux très complexe qui impact finalement peu le niveau de pauvreté. Elle propose donc une mesure très pragmatique :  instaurer un revenu social minimum garanti, individualisé, et qui soit aussi prédictible, pour permettre d’aborder avec plus de sérénité les changements de vie.

 

Un conseil des ministres qui, sur un format très court, a été très riche en propositions, en échanges et en projets. Le gouvernement en ressort grandi, donnant un nouvel élan au livre blanc. Restez à l’affût pour sa sortie ! Vous pouvez nous envoyer vos coordonnées mail pour le recevoir dès sa parution.

 

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