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[PATRIMOINE] Le crowdfunding au secours du patrimoine français

[PATRIMOINE] Le crowdfunding au secours du patrimoine français
KissKissBankBank, Ulule, HelloAsso, Commeon, Dartagnans, Tudigo… Le financement participatif, ou crowdfunding, a la cote auprès des Français, qui se montrent chaque année plus généreux : entre 2016 et 2017, les fonds collectés ont bondi de 44 %, atteignant le montant record de 336 millions d’euros (Baromètre du crowdfunding 2017 KPMG/Financement Participatif France). Le patrimoine n’échappe pas à ce succès fulgurant. En 2017, 45 millions d’euros ont été collectés pour des projets de sauvegarde ou de restauration du patrimoine, matériel et immatériel. La diversité des plateformes de financement participatif, généralistes ou spécialisées, témoigne également de la popularité croissante du dispositif pour la sauvegarde du patrimoine. Un sursaut citoyen bienvenu, alors que les financements publics pour la culture et le patrimoine sont toujours plus rabotés.


 

 

Démocratiser l’investissement grâce à l’outil numérique

 

Après un démarrage timide au tout début des années 2010, le crowdfunding a su, en quelques années, séduire les Français. Les fonds récoltés ont été quasiment multipliés par dix en quatre ans, passant de 36 millions d’euros en 2013 à 336 millions d’euros en 2017. Désormais parfaitement intégré dans les pratiques, très populaire auprès des jeunes, le crowdfunding est un mode de financement de plus en plus sollicité, dans des domaines variés : solidarité, arts, culture, mode, mais aussi environnement, sport, éducation... Les modes de financement participatif se diversifient également, de sorte que chacun y trouve son compte, du don pur et simple au “don contre don”, en passant par les titres participatifs sous forme d’actions ou d’obligations. Le crowdfunding a ainsi réussi le pari de démocratiser l’investissement des particuliers dans des projets jusque-là “réservés” aux grands investisseurs et aux financeurs institutionnels.

Le crowdfunding apparaît particulièrement adapté pour le financement des projets de sauvegarde ou de restauration du patrimoine : projets de proximité qui touchent directement les habitants dans leur environnement, grands oubliés des politiques culturelles, ils requièrent souvent des moyens conséquents que ne savent combler les financements publics. Les porteurs de projet, qui sont souvent de petites associations locales ou même des particuliers, trouvent dans le financement participatif une source de financement peu coûteuse et peu contraignante, et bénéficient souvent d’un accompagnement personnalisé par la plateforme pour leur campagne de financement. Les collectivités locales, qui souffrent des coupes budgétaires dans le secteur de la culture et du patrimoine, peuvent aussi (depuis 2015 seulement) recourir partiellement au financement participatif pour mener à bien leurs projets.

Quant aux contributeurs, ils sont séduits par la possibilité de devenir, à petit budget, acteur de la sauvegarde du patrimoine local. Ils peuvent également, en fonction de leur mode de contribution, en retirer des avantages matériels (visites, dégustations…). L’outil numérique rencontre néanmoins certaines limites auprès des utilisateurs, notamment les seniors : plus sensibles à la thématique du patrimoine, figurant parmi les plus importants contributeurs, ils sont cependant moins à l’aise avec l’utilisation des plateformes de financement participatif. “On a des personnes qui veulent participer à une campagne de crowdfunding, et qui nous envoient leur participation par chèque”, raconte Tudigo. Un fossé générationnel que s’efforcent de réduire les plateformes de crowdfunding, en améliorant leurs outils pour les rendre plus intuitifs.

 

Un large panel de plateformes pour le financement du patrimoine

 

Les contributeurs ont l’embarras du choix et peuvent choisir entre plusieurs plateformes généralistes ou multi-spécialisées, comme KissKissBankBank, Commeon, Ulule, Tudigo, Kickstarter, MyMajorCompany ou HelloAsso qui sont pourvues d’un pôle dédié, ou encore des plateformes spécialisées dans le patrimoine comme Dartagnans, dont la création est plus récente. Elles ont cependant des fonctionnements différents ; le “tout ou rien” pratiqué par la plupart des plateformes de crowdfunding généralistes invite à fixer des objectifs de financement modérés au départ, relevés progressivement en fonction du succès de la campagne. Les plateformes spécialisées n’utilisent généralement pas ce système, ce qui permet de reverser les fonds récoltés au projet à la fin de la campagne, quel qu’ait été l’objectif de financement initial.

De manière générale, les campagnes de crowdfunding des projets de patrimoine affichent néanmoins un taux de réussite plus que satisfaisant, qui varie de 50 à 80 % en fonction de la popularité et de l’ampleur des projets, et de la communication qui en est faite. Pour dynamiser leur action, les plateformes de crowdfunding n’hésitent pas à s’appuyer sur des partenariats, formalisés ou non, pour élargir leur réseau et donc leur domaine d’action : KissKissBankBank avec l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat (APCMA) et la Fondation pour le patrimoine, Tudigo avec l’Adie, les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) ou encore France Active, Commeon avec l’INRAP, Dartagnans avec Patrimoine-Environnement...

Si elles peuvent compter sur leur large communauté pour se placer comme des acteurs de référence dans le financement participatif des projets patrimoine, les plateformes de crowdfunding sont aujourd’hui concurrencées par les plateformes de financement lancées par les institutions “officielles” de sauvegarde du patrimoine, comme la Fondation pour le patrimoine et le Centre des monuments nationaux, qui bénéficient d’une notoriété nationale et d’un important réseau privé et institutionnel. Une concurrence grandissante qui témoigne du succès du financement participatif, sur lequel la cause du patrimoine semble désormais pouvoir compter : “La mission Stéphane Bern pour le patrimoine a favorisé le contexte en sensibilisant le public non seulement à la problématique de la sauvegarde du patrimoine français, mais aussi à la pratique du financement participatif”, estime Olivier Sanche, responsable des projets patrimoine de KissKissBankBank. “Le financement participatif du patrimoine a de beaux jours devant lui !” conclut Lucile Tauvel, responsable patrimoine chez Ulule.

 

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