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[ON Y ÉTAIT] FNAF 2018 : finance, engagement et modèles économiques

[ON Y ÉTAIT] FNAF 2018 : finance, engagement et modèles économiques
Les Échos Solutions organisait le 17 octobre dernier la 13e édition du Forum National des Associations et Fondations (FNAF) au Palais des Congrès de Paris. L'événement a attiré près de 5 000 personnes et réuni 350 experts. Au cours d’une peu moins d’une centaine de tables rondes et plénières, ils ont partagé leur vision de l’engagement et leurs pistes d’actions pour le développement de l’ESS (économie sociale et solidaire). Carenews, présent durant la journée, décrypte trois cas particuliers : celui de l’impact investing, qui connaît un succès croissant auprès des acteurs privés comme institutionnels, de la stratégie des entreprises engagées, et enfin celui de leur transition vers de nouveaux modèles économiques.


 

 

“L’impact investing : une nouvelle tendance d’investissement”

 

 

Comment concilier rentabilité financière et impact social et environnemental ? C’est la problématique essentielle de l’impact investing, un mode d’investissement qui prend une place croissante dans le monde de la finance. Au coeur de cette question se trouve l’épargnant ou l’investisseur solidaire, dont les motivations profondes et les besoins doivent être identifiés. Pour Frédéric Tiberghien, président de Finansol, leur comportement est “atypique” : investisseurs “patients”, ils n’attendent pas de rendement financier immédiat et sont peu exigeants sur le montant de ce rendement, ce qui peut le rapprocher de la logique du don. Investisseurs souvent “occasionnels”, ils s’engagent de plus en plus par le biais de l’épargne salariale. Leur motivation première est la création d’un impact : c’est donc cet impact qui est l’élément déterminant du placement, d’où l’importance de donner des outils pour mesurer ou quantifier cet impact. Quoi qu’il en soit, la forte croissance de l’épargne solidaire (10 à 15% par an) démontre, pour Frédéric Tiberghien, “que cette épargne correspond à des aspirations croissantes de la population”. Henri Rémond, directeur de l’ISR de Swiss Life REIM rappelle que l’investissement d’impact “restait du domaine du rêve” il y a dix ans. Pour lui, le vrai “choc” s’est produit lorsque le gouvernement a rendu obligatoire la publication pour les investisseurs institutionnels d’un rapport de leur action sur le plan environnemental et social. Progressivement, les investisseurs deviennent de plus en plus exigeants en matière d’impact social et environnemental. Jean Moreau, co-fondateur et président de Phenix, témoigne de son expérience entrepreneuriale, accompagnée par l’impact investing : pour lui, les investisseurs à impact se caractérisent par leur bienveillance, leur “appétit” limité pour les rendements financiers, leur patience, rejoignant l’analyse faite par François Tiberghien de Finansol. “Plus qu’une mode, l’impact investing devient une vague de fond”, assure-t-il.

 

 

“Engagement de l’entreprise : comprendre les stratégies de vos mécènes”

 

 

L’entreprise s’arroge un rôle social croissant dans notre société, par le biais de sa politique RSE et de ses actions de mécénat, qui se regroupent de plus en plus au sein de “pôles d’engagement”, à l’image du pôle créé récemment chez BNP Paribas. Ces deux leviers s’articulent de manière différente selon la stratégie de l’entreprise, qui doit se coordonner avec la vision portée par les bénéficiaires pour mener à bien le projet : si les entreprises privilégient de plus en plus une articulation entre l’objet de leur activité et les structures bénéficiaires de leurs actions de mécénat, ce n’est pas nécessairement toujours le cas. Laurence de Nervaux, responsable de l’Observatoire de la Philanthropie à la Fondation de France, attire l’attention du public sur un nouvel outil prometteur développé au Danemark, en Suisse et en Allemagne, dont on ne trouve quelques exemples aujourd’hui en France : les “fondations actionnaires”, des fondations propriétaires d’entreprises qui mobilisent une importante partie des dividendes pour des actions de mécénat.

 

 

“Structures de l’ESS, quels modèles économiques pour demain ?”

 


Alors que le contexte économique et social évolue en permanence, les structures de l’ESS doivent s’adapter et revoir leur modèle. Fanny Gerome, directrice générale déléguée de France Active Investissement, rappelle que “le modèle économique d’une entreprise ou d’une association se pense d’abord en fonction de sa stratégie” : son modèle économique doit se construire en fonction de son positionnement, des problématiques auxquelles elle souhaite répondre et de la manière dont elle compte y répondre. Globalement, le secteur de l’ESS doit faire face à de nombreux enjeux, tout d’abord face à un désengagement croissante de la puissance publique qui bascule de plus en plus d’une logique de subvention vers une logique de marchés publics. Or, cette logique de marchandisation est, d’une part, difficile à tenir pour les jeunes structures de l’ESS qui ne sont pas encore en mesure de se placer sur ces marchés, et place, d’autre part, les publics et les causes non “solvables” ou non “rentables” dans une situation de plus en plus critique. Les structures de l’ESS subissent également les effets de la décentralisation qui est à l’oeuvre en France et se répercute sur les politiques menées par les collectivités territoriales – plus particulièrement par les métropoles – parallèlement à un désengagement très fort de l’État central. Les associations et les entreprises de l’ESS doivent donc repenser leur modèle pour continuer d’accomplir leur mission sociale. Ces problématiques sont particulièrement prégnantes pour le domaine culturel, qui n’a pas réellement intégré la logique du marché public, restant en étroite collaboration avec les collectivités territoriales, plus adaptées aux activités culturelles, ainsi que l’explique Luc de Larminat, directeur de l’Opale pour le CRDLA Culture. Les modèles économiques et les contextes sont donc difficiles à systématiser, étant propres à chaque secteur. Kamera Vesic, directrice générale de l’entreprise Pik Pik Environnement, témoigne : “tout le monde doit se serrer la ceinture”. Elle considère que de plus en plus de structures de l’ESS se tournent vers de la prestation, pour assurer la pérennité de leur modèle. Et pour elle, l’union fait la force : “La solution est de travailler ensemble”, entre structures de l’ESS, pour répondre à des marchés publics.

 

 

 

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