[CHIFFRES DU VENDREDI] HANDICAP ET SPORT

 [CHIFFRES DU VENDREDI] HANDICAP ET SPORT
Les Jeux paralympique ont mis la lumière sur l’utilité sociale du sport dans notre société, notamment pour les personnes handicapées. De haut niveau à amateur, le sport est l’affaire de tous. Quelques chiffres pour comprendre.


En 2006, André Leclerc déclarait : « Le sport n’est plus seulement le sport, il est un fait social total qui doit être plus que jamais un facteur de lien social ». Le sport est donc aujourd’hui essentiel à ce que nous appelons le « vivre ensemble ». Le sport a ceci d’indispensable qu’il lutte contre l’exclusion et intègre les populations marginalisées par notre société. Pourtant en 2015, l’INSEE dénombrait 12 millions de Français touchés par le handicap, dont 80% d’un handicap invisible (troubles cognitifs, surdité, épilepsie, etc.). Une population pas si en marge, donc.

L’handisport, une pratique institutionnalisée.

Depuis la création de la Fédération des sports pour les handicapés physiques en 1964 et de la Fédération française du sport adapté en 1971, le sport est considéré comme un vecteur d’intégration pour les personnes en situation de handicap. La FFSA comptait 56 400 licenciés en 2015 contre 25 000 il y a 14 ans. L’accessibilité est aujourd’hui une question d’égalité, et le sport s’est investi d’une nouvelle mission, celle d’incarner des valeurs sociales de lutte contre l’exclusion et la discrimination.

1 personne handicapée sur 2 s’adonne à la pratique sportive au moins 1 fois pas semaine. Une proportion proche du reste de la population française. Le sport le plus pratiqué par les personnes handicapées est la marche ou la randonnée (42%), suivie de près par la natation (30%). Cependant malgré 28 sports adaptés aux personnes en situation de handicap, la pratique sportive peut décourager les personnes handicapées. Alors, malgré un désir affirmé de faire du sport, 50% des personnes interrogées par TNS Sofres pour la Fondation FDJ, reconnaissent être freinées par le manque d’argent ou de temps. Mais les questions de santé et d’accessibilité aux infrastructures (16%) expliquent également la réticence des personnes handicapées à pratiquer un sport. Sans parler des transports en commun et de l’accompagnement pour les personnes dont l’autonomie est limitée. Une pratique pas si accessible, dans les faits.

Alors qu’en est-il de notre approche sur l’accessibilité des personnes en situation de handicap au sport ? Aujourd’hui, la médiatisation croissante, quoiqu’inégale, de l’handisport est révélatrice du changement d’opinion sur cette pratique et ceux qui l’exercent. 2 millions de Français découvraient ainsi le paralympisme lors de la cérémonie d’ouverture des jeux à Rio, et supportaient l’équipe de France portée par Mickaël Jeremiasz. Cette année, les caméras de 154 pays étaient braquées sur les jeux paralympiques contre 115 à Londres en 2012. Le regard sur l’handicap serait-il vraiment en train de changer ?

Hier soir, en tout cas, la France décrochait deux nouvelles médailles d’or en tennis en double grâce à Nicolas Peiffer et Stéphane Houdet et en escrime avec Robert Citerne, Yannick Ifébé et Romain Noble. 23 médailles dont 6 en or, jusqu’à ce matin. La France s’inscrit au 14e rang des médailles.

Outre la médiatisation, c’est l’handisport dans les actions de mécénat qui semble prendre de l’importance. Valeurs de partage, d’égalité et de citoyenneté, le sport fait figure de lien social ; un message universel qui parle de plus en plus aux entreprises engagées.

 

Sources :

http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP742.pdf

http://sport24.lefigaro.fr/jeux-olympiques/rio-2016/actualites/jeux-paralympiques-deux-nouvelles-medailles-d-or-pour-la-france-824917

 

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