[ENTRETIEN] T. de Saint Simon, communication & développement durable Aviva

 [ENTRETIEN] T. de Saint Simon, communication & développement durable Aviva
À 34 ans Thibault de Saint Simon est déjà un spécialiste de la stratégie de développement durable des entreprises. En une dizaine d’années,  il a su engager le groupe Aviva en France comme en Europe dans une vraie démarche de responsabilité sociale désormais intégrée à la communication globale de l’entreprise.


Comment êtes-vous arrivé à la fonction que vous occupez aujourd’hui ?

La fondation Aviva m’a offert en 2007 mon premier job exercé en alternance dans le cadre d’un Master II à Dauphine. Il s’agissait d’un travail opérationnel de responsable du développement durable en lien avec le comité exécutif du groupe. J’assurais les relations avec les associations et j’apportais mon aide aux opérations « Coup de pouce » alors montées par la fondation pour venir en aide aux personnes les plus fragilisées, enfants et personnes âgées. Puis la responsabilité sociale des entreprises (RSE ou CSA en anglais) devenant un sujet de plus en plus important, la maison mère de Londres m’a demandé de structurer toutes les initiatives de la fondation, mais aussi de l’entreprise dans le domaine du développement durable permettant au groupe de devenir un assureur responsable. Et ce dans tous les métiers du groupe amenant par exemple à proposer une tarification allégée aux détenteurs de voitures hybrides ou aux détenteurs de cartes de transport en commun. Mon rôle consistait surtout à structurer le sujet pour embarquer l’entreprise dans la démarche, mais aussi sensibiliser le top management. Nous avons vite progressé si bien  qu’il m’a été demandé en 2009 de développer en Europe ce qui avait été fait en France. J’ai alors intégré les équipes de communication du Groupe Aviva plc pour définir et mettre en oeuvre la stratégie de développement durable d’Aviva en Europe. Il s’agissait de trouver un équilibre entre les objectifs de développement durable et les enjeux locaux. Je travaillais un peu comme un consultant interne avec un rôle proche d’un directeur de la communication y compris auprès des dirigeants. Car le rôle d’un responsable du développement durable est d’influencer en interne. Le challenge de ces trois dernières années se situait aussi au niveau des relations presse et de la communication externe qui constitue une porte d’entrée plus légitime auprès des dirigeants. Je suis donc particulièrement heureux d’avoir été nommé directeur de la communication et du développement durable d’Aviva France en juillet dernier. En lien direct avec le directeur général Nicolas Schimel.

 

Comment se matérialise l’engagement sociétal d’Aviva France

Un des positionnements importants dans la démarche citoyenne d’Aviva est qu’une politique de développement durable est pertinente seulement si elle nourrit le business de l’entreprise. Notre groupe est un assureur généraliste qui exerce son activité aussi bien dans le domaine de l’assurance-dommage, que celui de l’assurance-vie ou encore de l’assurance santé. Mais en créant la Fabrique Aviva, nous avons souhaité choisir un axe prioritaire, celui des entrepreneurs, en particulier ceux ayant une capacité à innover dans la sphère citoyenne. Elle offre une aide de 1 million d’euros aux bonnes idées entrepreneuriales répondant à l’un des quatre enjeux de société: soutenir l’emploi, renforcer le lien social, protéger l’environnement, agir pour une santé durable. Plus de 1 000 entreprises ont posé leur candidature afin de recevoir une aide allant de 5000 à 50 000 euros. À l’issue d’un vote des internautes, 200 projets sont arrivés en finale et 64 ont été retenus par un jury d’experts. L’opération est menée en partenariat avec le Mouvement des entrepreneurs sociaux.

Nous avons aussi été le premier assureur à développer un fonds d’investissement AIIF (Aviva Impact Investing France) ayant pour but le financement d’entrepreneurs dont l’activité a un impact économique et social. Il a été doté de 10 millions d’euros en 2014 et de 30 millions aujourd’hui destinés à une vingtaine d’entreprises. En bénéficient des entreprises d’insertion comme La Varappe, mais aussi Phenix qui donne une deuxième vie aux produits invendus alimentaires ou non, ou encore l’ ALYL spécialisée dans la sécurité incendie qui emploie 14 salariés tous au chômage auparavant.

 

Quel regard portez-vous sur l’ évolution de l’engagement sociétal des entreprises ?

Le développement durable est devenu un enjeu incontournable en partie grâce à la société civile et les consommateurs devenus « consommacteurs ». Pour eux les produits et services porteurs de sens sont devenus un vrai critère de choix.

Le développement durable est aussi devenu une vraie source d’inspiration pour l’innovation, car il est à la croisée des enjeux numériques, des enjeux de société et des enjeux d’un business pertinent. L’entreprise qui veut avoir de la visibilité à long terme doit penser à long terme.

L’engagement sociétal concerne aussi l’engagement interne. Il est un sujet d’attractivité, mais aussi de rétention des talents. Ce sont de vrais sujets aujourd’hui. Les élèves sortant des grandes écoles à la génération précédente visaient les grandes entreprises où se faisaient les belles carrières. Aujourd’hui, ils se lancent bien plus souvent dans l’entrepreneuriat, car ils ne sont plus à la recherche d’une « étiquette », mais d’un véritable épanouissement professionnel.

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