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[ENTRETIEN] Bernard Nebout, directeur RSE ManpowerGroup et Fondations

[ENTRETIEN] Bernard Nebout, directeur RSE ManpowerGroup et Fondations
Le service aux entreprises est depuis le début de sa carrière le moteur de Bernard Nebout. Le groupe Manpower lui a permis d’explorer le marché de l’emploi et de découvrir qu’il y avait beaucoup à faire avec le réseau de consultants. Pour mettre en harmonie la politique RSE du groupe et l’engagement en faveur de l’emploi des salariés et des fondations dont la direction lui a été confiée.


Comment en êtes-vous arrivé à prendre ces responsabilités au sein du groupe Manpower ?

J’ai d’abord assumé des fonctions commerciales puis monté ma propre entreprise de services aux entreprises et suis entré chez Manpower comme directeur des opérations en charge des régions de France. Puis le président m’a appelé en 2006 à créer de nouvelles activités au sein du groupe. Il s’agissait de mettre en place avec un réseau de consultants, un service de recrutement permanent et non plus temporaire. Une activité qui nous a permis de placer 12 000 à 14 000 personnes par an en CDI. Puis nous avons expérimenté le métier d’accompagnant sur les marchés publics en créant une filiale pour l’égalité des chances. Entre 2009 et 2012, nous avons accompagné 50 000 personnes en travaillant avec les conseils généraux et en agissant comme sous-traitants pour Pôle-Emploi dans 8 régions et 91 villes. Nous y laissions un peu notre chemise, mais cela nous a permis d’avoir une meilleure connaissance des institutions de l’Emploi. 

En 2009 Françoise Gri, alors présidente de Manpower France, m’a demandé de créer une fondation. J’étais alors au siège du groupe, mais j’avais aussi une très bonne connaissance du réseau qui m’a permis de mettre en avant l’engagement spontané de nos collaborateurs auprès d’associations pendant et après le travail. Parce que travailler en agence d’interim c’est aussi rencontrer des chercheurs d’emploi qui viennent proposer leur CV même si leur profil ne correspond pas du tout à ceux recherchés. Ceci développait chez nos agents une empathie que l’entreprise devait partager avec ses employés.

C’est la raison pour laquelle nous avons créé la Fondation ManpowerGroup devenue ManpowerGroup S’accomplir.

 

Quelle est la finalité de la Fondation ManpowerGroup S’accomplir ?

Le premier axe est le soutien aux associations aidant les jeunes éloignés de l’emploi à s’en rapprocher. Un deuxième axe, celui de la lutte contre l’échec scolaire, s’est vite imposé. Et nous venons d’ajouter un troisième objectif à notre Fondation, le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes femmes. Pour faire disparaître ce paradoxe du faible nombre de femmes entrepreneures par rapport au nombre de jeunes filles brillantes dans leurs études. 

La Fondation initialement créée pour cinq ans vient d’être renouvelée et élargie à toutes les entités du groupe Manpower France. 

La Fondation dispose d’un peu moins de 400 000 euros par an et un montant équivalent est consacré par le groupe en mécénat de compétence. Les associations soutenues reçoivent entre 5 000 et 30 000 euros sur une année.

Avec un objectif interne, mais pas pour se donner une belle image extérieure. Un peu à l’insu des RH le mécénat de compétence a pris de l’ampleur et a permis de faire comprendre que l’engagement extérieur a des effets positifs sur l’entreprise. Aujourd’hui il est proposé aux salariés à moins de trois ans de la retraite de choisir des missions d’intérêt général au sein d’associations. Et au sein du groupe tout salarié peut s’engager pour cinq jours par an en mécénat de compétence. 140 personnes sont concernées chaque année et le chiffre augmente à grande vitesse.

Cette année nous inaugurons l’appel à projets pour mieux circonscrire les demandes très nombreuses qui arrivaient auparavant par centaines et de tous horizons.

La Fondation ManpowerGroup a également créé en mars 2014 la Fondation Agissons pour l’Emploi. Cette fondation abritée thématique, sous égide de FACE, a pour objet non seulement d’agir contre l’exclusion, de pallier les problématiques de pénuries de profils, sur des métiers en tension, comme le numérique, mais également de permettre une meilleure insertion de personnes en difficulté de recherche d’emploi. En s’appuyant sur les partenaires institutionnels de l’emploi.

Autant de projets rendus possibles grâce à l’engagement de Christian Boghos, président de la Fondation ManpowerGroup et directeur général communication et marketing de ManpowerGroup. 

 

Quelle est votre vision de l’évolution du mécénat ?

C’est la boule de cristal, car il est toujours à la merci de remises en cause politiques (allègements fiscaux). Aujourd’hui, les  actions de mécénat vont de pair avec la politique RSE de l’entreprise. On est passé d’un moment où la RSE était une couche cosmétique à quelque chose qui doit appartenir à la stratégie de l’entreprise. Ce qui veut dire faire son métier autrement.

Cela pose aussi la question de l’entreprise dans la société et au-delà comment son métier s’inscrit dans la société, quel est le sens du métier pour les collaborateurs au-delà de la création de valeurs. 

L’intérêt général est entré aux forceps, mais bien entré dans la vie de l’entreprise. Maintenant dans les appels d’offres on nous demande de montrer et de prouver nos actions en matière d’intérêt général. On peut penser qu’il compte jusqu’à 15% de la note qui permet de choisir l’entreprise. Le mécénat devient stratégique.

De plus les générations arrivant sur le marché du travail ont une tout autre vision de leur place. Ils  viennent monnayer leur travail, ont une relation plus distante avec l’entreprise , ils privilégient beaucoup la qualité de vie et le sens qu’ils donnent à leur engagement. Il est donc impossible de ne pas leur proposer autre chose qu’un profil de poste. Le sens à donner à un lieu où l’on passe plus de temps que chez soi est devenu primordial.

Enfin la barrière existant entre l’économie et l’économie sociale et solidaire est en train d’éclater. Les associations se professionnalisent et s’imprègnent du mode de fonctionnement des entreprises et réciproquement. Chacun  apporte aux autres et le mécénat est la passerelle reliant les deux mondes.

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