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[DIS FLAVIE] Pourquoi faire un don renforce l’indépendance des structures ?

[DIS FLAVIE] Pourquoi faire un don renforce l’indépendance des structures ?
L’indépendance des associations et des fondations est un équilibre précaire.Les associations, comme les médias, font appel aux dons et ont des ressources complémentaires aux subventions publiques. Les ressources peuvent être des ventes de services ou d’objets (ou de la location d’espaces). Et bien sûr le mécénat d’entreprises ou de donateurs particuliers. Équivalent en mécénat de l’expression « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier », la variété et le nombre de donateurs et de mécènes renforcent l’indépendance des structures. 


L’indépendance des associations et des fondations ou encore des ONG est vitale. D’ailleurs de plus en plus de mécènes refusent d’être mécènes uniques ou majoritaires, ou limitent dans le temps le partenariat pour ne pas déséquilibrer les ressources d’un porteur de projets et le mettre en danger. Il est vrai que les gros dons et mécénats sont source d’un réel pouvoir qui peut mener à des pressions ou des abus. Multiplier les dons, c’est donc renforcer sa liberté. 

En ce moment, la Campagne de Médecins sans Frontières illustre particulièrement bien cette problématique :  "L'indépendance n'a pas de prix, mais elle a un coût". L’indépendance de Médecins sans Frontières (96% de ses ressources viennent de fonds privés) lui permet de « soigner dans un même hôpital les victimes de deux camps », entre autres arguments forts.  L'agence Wieden+Kennedy Amsterdam (W+K) a créé une campagne destiné à toucher principalement le public jeune avec un site dédié à une plateforme de crowdfunding. L’objectif de collecte est à un million, il reste une certaine marge pour parvenir à ce chiffre important : à ce jour, à peine plus de 50 000 euros et 17 jours restants. Le comédien Ahmed Dramé a joué dans un film en deux versions (site et télé) et les contreparties sont nombreuses et originales, voire exclusives ; ce qui montre que même avec l’argument de l’indépendance, il faut faire « gagner » quelque chose au donateur (« bien plus que de la gratitude », donc). Cette campagne est particulièrement parlante, et souvent plus fort est le parti-pris de l’association, plus fortement l’indépendance est revendiquée. Pour Attac, par exemple : « plus encore aujourd’hui qu’hier, vos dons sont la condition de notre action et de notre indépendance ». 

La multiplication des dons et la diversité des soutiens permettent ainsi de pouvoir refuser les dons de certains donateurs ou d’éviter les problèmes de dépendances à des entreprises. La dépendance au mécénat d’entreprise semble également parfois créer des situations de monopoles ou bien de visibilité disproportionnée. Certains cas litigieux sont parfois soulevés, on peut ainsi citer l’enquête de Bernard Hasquenoph sur Ahaé, qu’il surnomme le mécène gangster. 

Conséquence de l’envie d’indépendance : le besoin de transparence. Ainsi, des labels associatifs ont été créés. On peut citer les deux principaux que sont Ideas et Don en confiance : « Chaque donateur a le droit de savoir comment est dépensé son argent et d’être assuré que chaque fondation et association recueillant des dons fonctionne en toute transparence. »

Avec des ressources variées et des donateurs nombreux, les instituions du tiers secteur peuvent être plus forte dans leurs actions et dans leurs décisions, et donc renforcer leur identité. À l’autre bout de la chaîne, la transparence est un gage pour le donateur. Les questions à se poser sur l’indépendance des porteurs de projets sont ainsi dans les limites à mettre au pouvoir des mécènes. Il faut pour cela analyser les relations de plus en plus étroites qui lient les acteurs de ce beau secteur et en déduire (ou non) qu’il a avant tout besoin de visions, d'objectivité, de recul, d’engagement et de pouvoir dire les choses et d'en refuser certaines. D’une certaine indépendance donc. 

 

 

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