[ENTRETIEN] Sophie Fourchy, directrice de la Fondation d’entreprise Carrefour

[ENTRETIEN] Sophie Fourchy, directrice de la Fondation d’entreprise Carrefour
Après une expérience de plusieurs années à l’international, Sophie Fourchy a rejoint la Fondation Carrefour dès sa création. Cela lui permet de diriger aujourd’hui une structure qui coordonne les bonnes volontés du groupe Carrefour, intervenant dans l’alimentation solidaire comme dans les situations d’urgence, aussi bien en France que dans les pays d’implantation du distributeur.


Quel parcours vous a conduite à la direction de la Fondation Carrefour ?

Ingénieur agronome de formation j’ai amorcé ma carrière dans le développement rural à l’international dans le cadre de la coopération en lien avec les associations locales. Il s’agissait de missions réalisées sur une période de deux à trois ans au Brésil, en Équateur ou en Afrique du Sud. 

Une expérience qui a été très riche pour moi, mais je me suis sentie assez vite plus légitime dans mon propre pays au fur et à mesure que l’intérêt général devenait un enjeu important. Je suis rentrée en France en 2000 et j’ai alors cherché où m’engager dans ce qui m’intéressait, c’est-à-dire le développement et l’intérêt général.

Carrefour venait de créer sa fondation et j’ai alors été recrutée pour la mettre en place. Il s’agissait de donner une réponse professionnelle en accompagnant des programmes répondant à des besoins alimentaires locaux dans les différents pays d’implantation. Mais aussi de répondre avec nos moyens professionnels aux personnes en situation d’urgence. Je suis devenue directrice de la Fondation en 2005.  

 

Quel est le mode d’intervention de la Fondation Carrefour ?

La Fondation Carrefour est dotée d’un budget annuel de plus de 8 millions d’euros. Elle a financé 97 programmes en 2016 dans 16 pays différents. Ce sont des programmes menés avec des associations qui s’appuient sur les équipes du groupe Carrefour et leurs compétences. Sur deux axes privilégiés d’intervention : L’alimentation solidaire et l’aide humanitaire d’urgence. 

La fondation est la structure qui coordonne les bonnes volontés de l’entreprise. Elle a sa gouvernance propre. Elle n’est pas liée à l’activité de Carrefour, mais peut s’appuyer sur ses compétences. Par exemple si une catastrophe se produit dans un pays, les implantations locales sont les premières informées et travaillent en lien avec les équipes d’urgence de la sécurité civile. Elles nous remontent les besoins, indiquent ce qu’elles peuvent donner et nous finançons à prix coûtant du matériel adéquat.

Parce qu’elle a fait de l’alimentation une voie pour faire reculer l’exclusion, la Fondation Carrefour intervient auprès de structures de soutien à l’entrepreneuriat social. Ainsi elle s’associe à Ticket for Change pour la quatrième édition de son « Programme Entrepreneur ». Un appel à projets est lancé jusqu’au 2 avril 2017 pour identifier 50 graines d’entrepreneurs autour de dix enjeux majeurs allant de l’environnement à la santé ou la mobilité. La Fondation Carrefour a choisi d’aider plus spécifiquement l’entrepreneuriat au service de l’alimentation solidaire et va donc chercher à identifier des entrepreneurs innovants sur le champ « Agriculture et Alimentation ».

 

Comment voyez-vous évoluer le mécénat ?

Même si je suis très positive par nature, je constate que l’économie sociale et solidaire progresse beaucoup, en France, mais aussi à l’international (Taïwan en est un exemple). Et c’est très constructif à notre niveau. De beaux projets très professionnels voient le jour et c’est très grisant de constater cette dynamique en réponse à de vrais besoins. L’entreprise y joue un rôle très important. 

Je constate aussi que les opérations se font de plus en plus souvent en cofinancement. Comme celle menée avec la Banque Solidaire de l’Équipement, un programme d’Emmaüs Défi destiné à aider les personnes en situation de précarité à équiper leur logement. Carrefour a ainsi permis à 2 300 familles de la région parisienne de s’équiper. Un programme du même type vient d’être lancé à Lyon et le groupe Carrefour, comme SEB et les Galeries Lafayette font partie des distributeurs et fabricants à faire don gratuitement de biens, invendus ou fin de série, à la Banque Solidaire de l’Équipement. Preuve que lorsque les programmes sont beaux, les entreprises suivent.

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