[ENTRETIEN] Dorothée Corbier, déléguée générale de la Fondation Bouygues Telecom

[ENTRETIEN] Dorothée Corbier, déléguée générale de la Fondation Bouygues Telecom
Dorothée Corbier assume une carrière totalement tournée vers la défense de l’intérêt général. Cette volonté d’ engagement citoyen revendiqué  par de nombreux cadres de sa génération permet aux entreprises de s’appuyer sur les collaborateurs pour mener leur politique sociétale. Mais aussi sur les clients comme chez Bouygues Telecom.




Quel parcours vous a menée à la responsabilité que vous occupez aujourd’hui?

J’ai toujours eu envie de travailler dans le domaine de l’intérêt général et y consacre ma vie professionnelle depuis dix ans. Déjà mon mémoire de fin d’études à Science Po Lille portait sur le développement durable. J’ai complété cette formation initiale par un master en Communication des Entreprises, des Organisations et Institutions au Celsa.

J’ai démarré ma carrière professionnelle dans une ONG chez WWF où j’étais chargée de développer des outils de sensibilisation des entreprises partenaires à la protection de l’environnement.

J’ai commencé à travailler chez Bouygues Telecom au service du mécénat en 2006 avant la création de la fondation. Puis je suis devenue Déléguée générale de la fondation en janvier 2015.

 

Comment fonctionne la Fondation Bouygues Telecom ?

Nous avons construit la fondation Bouygues Telecom depuis une dizaine d’années en étoffant les premiers partenariats noués avec des associations grâce à l’implication des collaborateurs. Et la fondation intervient aujourd’hui dans trois domaines: le médico-social, l’environnement, la culture.

Le domaine médico-social fédérait les préoccupations d’un grand nombre de collaborateurs, aussi nous nous sommes engagés dès le début dans cette direction. En développant des partenariats majeurs, d’abord auprès de l’Association Petits Princes, puis cette année, Sourire à la Vie. Tout en maintenant les soutiens auprès de petites associations que les collaborateurs et les clients parrainent et qui permettent un mécénat de proximité partout en France.

Même construction pour le domaine de l’environnement avec deux partenariats majeurs, la Fondation Nicolas Hulot et Surfrider Foundation Europe. Nous essayons de sensibiliser aux enjeux environnementaux et de donner à tous les moyens d’agir, en particulier avec des contenus et outils numériques. Nos collaborateurs participent aussi à des chantiers nature (collectes de déchets, restauration ou entretien de milieu naturel,..) de même qu’ils peuvent parrainer des associations dans ce domaine.

L’intervention de la Fondation dans le domaine culturel est, lui, en plein changement. Jusqu’ici nous apportions un soutien important à la création littéraire. Mais c’était devenu moins cohérent avec le positionnement et l’image de marque de l’entreprise, et donc moins bien compris. Aussi, nous avons voulu dépasser le cadre de la littérature en nous engageant à soutenir à partir de cette année, des projets favorisant l’accès et facilitant la diffusion au plus grand nombre de contenus culturels écrits, grâce au numérique.

Au-delà les collaborateurs peuvent participer aux actions de mécénat de l’entreprise à raison de quatre demi-journées par an prises sur leur temps de travail. Il s’agit de mécénat de compétence permettant aux salariés de donner de leur temps ou de partager leur expertise dans de nombreux domaines (juridique, marketing, communication, web,…). Nous faisons ainsi le lien avec les spécificités technologiques de Bouygues Telecom. Notre savoir-faire autour du numérique et du digital nous permet d’accompagner des associations, par exemple pour la collecte des fonds.

 

Comment voyez-vous évoluer le mécénat ?

Mon constat est qu’il y a autant de façons de faire du mécénat qu’il y a d’entreprises car les actions menées sont très liées à l’activité de l’entreprise et à sa population. Le véhicule juridique choisi importe peu mais il faut qu’il y ait une vraie cohérence interne et externe sur le pourquoi et le comment. L’implication des collaborateurs dans l’action des fondations est une tendance de fond parce qu’il y a une attente forte d’engagement citoyen. Si la loi Aillagon de 2003 a favorisé le développement du mécénat d’entreprise, notamment grâce à un dispositif fiscal avantageux, les entreprises ont pris conscience qu’il pouvait être un véritable enjeu stratégique à plusieurs niveaux : affirmer leur responsabilité sociétale, fédérer et fidéliser autour de réelles valeurs, renforcer leur rayonnement et leur ancrage territorial, ou encore attirer de nouveaux talents.

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